Enseignants : c'est la rentrée...et la grève dès le lundi 06

Publié le par dan29000

enseignants.jpgSous la rentrée, la grève


C'est suffisamment rare pour être mentionné: les enseignants du secondaire sont appelés à faire grève dès la rentrée le 6 septembre, le lundi où les cours commencent vraiment. Comme le 7 est la journée d'action intersyndicale contre la réforme des retraites, cela fera deux jours de grève d'affilée. Du jamais vu lors d'une rentrée, qui illustre le malaise d'une profession après trois ans de réformes sarkozystes.

C'est le Snes-FSU qui a lancé le mot d'ordre du 6. Pour ce syndicat, majoritaire dans le secondaire, la rentrée 2010 dépasse les limites du supportable. "Elle est exceptionnelle car elle cumule tous les défauts, tous les problèmes," a expliqué Frédérique Rolet, co-secrétaire générale lors d'une conférence de presse le 26 août à Paris, "à situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle: la grève".


Cette grève est "un appel adressé au ministre et à l'opinion, a-t-elle poursuivi, ça suffit: nous ne sommes plus en mesure d'assurer un enseignement de qualité".

Pour les Snes, les réformes, ajoutées aux suppressions de postes à répétition (40 000 en trois ans), ont abouti au grand bazar d'aujourd'hui, à une déstabilisation et un appauvrissement du service public d'éducation

Voici les grands motifs de mécontentement soulevés par le Snes:

- la réforme de la formation des enseignants. Sa mise en oeuvre est une catastrophe, estime le syndicat - rejoignant en cela, une fois n'est pas coutume, le syndicat SE-Unsa qui faisait la veille sa conférence de presse.

Les jeunes profs qui viennent de réussir leurs concours sont affectés dans des classes sans avoir souvent jamais fait de stage ou reçu de formation pédagogique. Avant la réforme, ils suivaient pendant un an une formation en alternance, avec des périodes devant les élèves et des périodes de cours. Aujourd'hui ils vont directement assurer, selon les Académies, entre 15 heures de cours et 18 heures de cours par semaine - soit un temps complet pour un prof certifié. Ils auront bien des plages de formation dans le courant de l'année, mais c'est trop peu et trop tard, souligne le Snes.

En plus beaucoup n'auront pas les tuteurs promis - des profs expérimentés de leur établissement qui devaient les rencontrer et les conseiller. Le Snes a donné la consigne à ses adhérents de refuser cette charge. Du coup, les Rectorats n'arrivent pas trouver de tuteurs .

Pour les syndicats comme le SE-Unsa ou le Sgen-CFDT qui ont combattu la réforme dès le début, la position du Snes ne manque pas de sel. A l'origine, le Snes en effet soutenait la réforme, qui demande désormais aux profs d'avoir un master et non plus une licence. Pour le syndicat, cela devait notamment ouvrir la voie à la revalorisation tant attendue.

- la réforme du lycée. D'après le Snes, on est en plein bricolage. Personne ne sait exactement comment vont s'organiser les deux heures d'accompagnement personnalisé hebdomadaires - une des nouveautés de la réforme - ni les nouveaux "enseignements d'exploration".

- les 16 000 suppressions de postes de 2010. Quoiqu'en dise le ministre, elles vont se faire sentir, prévoit le Snes, avec des gonflements d'effectifs dans les classes. Et 16 000 nouvelles suppressions sont prévues en 2011 alors que l'on attend une augmentation du nombre d'élèves au collège en raison du babyboum.

- des menaces sur l'éducation prioritaire. Selon le Snes, on enlève leur label à certains collèges et l'on prépare là aussi une réforme dans la plus totale opacité. 105 établissements particulièrement sensibles ont été choisis pour tester des mesures très libérales (le programme Clair).

- la revalorisation. "La montagne a accouché d'une souris". Selon le Snes, les hausses de salaires des débutants annoncées à grand renfort de publicité par Luc Chatel équivalent à une augmentation de 50 euros mensuels sur toute la carrière.

La rentrée est un moment très particulier pour les profs comme pour les élèves. Seront-il nombreux à faire grève ? Le Snes en fait le pari: "la lassitude et l'abattement ont fait place à la colère". Réponse le 6 septembre.

Crédit photo: manifestation le 12 mars 2010 à Paris (de l'auteure)
Véronique Soulé : C'est classe !

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