Et nous serions paresseux ? Un livre de résistance de Marcel Sévigny

Publié le par dan29000

paresseux.jpgNotre site est particulièrement attaché à deux pratiques, l'autogestion, et la démocratie participative. Ce livre de Marcel Sévigny ne pouvait donc pas nous laisser insensible. L'auteur est un militant anarchiste et écologiste, impliqué dans de nombreuses luttes populaires depuis les années 70. Conseiller municipal de Pointe-Saint-Charles de 1986 à 2001, lors de la fusion municipale de Montréal. Il a publié aussi "Trente ans de politique municipale".

 

Il s'agit donc de l'histoire du militantisme québécois, mais aussi d'une réflexion fort utile sur des pratiques nous concernant tous.

 

Comment transformer le monde, ici et maintenant, sans attendre que ceux d'en haut nous en donnent la permission, et sans attendre aussi le fameux "grand soir" cher aux marxistes des temps passés. C'est dire si la question est d'importance.

 

Il s'agit ici d'un retour sur une lutte exemplaire, celle du quartier Pointe-Saint-Charles, à Montréal. Un quartier ayant une longue tradition de résistance populaire. C'est par une vaste et durable mobilisation collective que la population a réussi à s'opposer à l'installation  du casino dans ce quartier en 2006.

 

Clairement divisé en cinq parties, ce livre plutôt euphorisant, nous explique dans un premier temps le contexte de ce quartier en péril et comment par la suite s'est créée une résistance défensive, en luttant contre la venue du casino de Montréal qui devait déménager. Venant aussi se greffer sur ce mouvement de résistance citoyenne, le projet alternatif du "Café La petite gaule". Deux moments forts de la vie militante de ce quartier. Tout cela étant envisagé d'un point de vue libertaire, basé sur l'autogestion.

 

Si la lutte contre la venue du casino était défensive, le projet du Café autogéré était une résistance offensive comme nous l'explique Sévigny. Enfin le dernier chapitre est consacré au projet politique libertaire sur ce quartier, dans la perspective d'un vrai quartier autogéré.

 

 Un livre issu de ces deux combats, un livre qui fait plaisir, un livre qui permet de rompre avec une apathie partagée de Montréal à Paris...Le capitalisme mortifère peut être combattu et vaincu quand les populations du monde prennent en main leurs vies, du Chiapas au Larzac, en passant par l'Argentine et ses usines autogérées...

Si un "autre monde est possible" comme nous le pensons dans le mouvement altermondialiste, au-delà des slogans, un tel livre apporte l'expérience que cela est possible.

Sans nul doute LE grand apport de ces aventures... 

 

 Après la victoire contre le déménagement du casino en 2006, l’ancien premier ministre Lucien Bouchard a dénoncé les citoyens et les groupes communautaires du quartier en résistance,  en disant qu'ils n'étaient que des « chialeux », déclarant par la suite que les québécois étaient paresseux.

Une belle occasion de se taire de perdue pour ce notable. 


L'auteur dit s'être "inspiré de cette opinion, qui est en fait un préjugé et une forme de mépris, pour le titre du livre. Il écrit à cet égard que "Lorsque des gens se regroupent, luttent et veulent mettre en action des alternatives sans la présence hyper médiatisée d'un sauveur charismatique, alors là ils sont traités d'utopistes, de pelleteux de nuages et autres qualificatifs qui laissent transparaître au fond cette crainte de la puissance citoyenne."


 

Le livre est dédié à toutes celles et ceux qui refusent d'abandonner le combat.

Difficile de mieux synthétiser le contenu.

 

Dan29000

 

Et nous serions paresseux ?

Résistance populaire et autogestion libertaire

Marcel Sévigny 

Préface de Normand Baillargeon

Editions Ecosociété/ Montréal

2009 / 216 p /  13 euros

 

Publié dans environnement

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