ETA accuse la police française d'avoir tiré la première

Publié le par dan29000

L’organisation séparatiste basque ETA a accusé la police française d’être à l’origine de l’échange de tirs au cours duquel un policier français est mort, le 16 mars en région parisienne, dans un communiqué publié dimanche dans le quotidien basque Gara.

Dans son texte, rédigé en langue basque, l’organisation armée assure que la fusillade a eu lieu «contre la volonté de l’ETA».

Elle affirme qu’après avoir «neutralisé» et «séquestré» ce soir-là quatre militants de l’ETA, la police française «a tiré deux fois en direction d’un militant au sol et sans arme».

Après avoir entendu les coups de feu, trois autres membres de l’ETA se sont approchés et ont ordonné aux policiers français de «jeter leurs armes et de s’en aller», explique le texte, selon lequel deux policiers ont commencé à se retirer pendant que d’autres ont pointé leurs armes et commencé à tirer.

«C’est ainsi qu’ont débuté les tirs», assure le texte, qui affirme que les «militants d’ETA ont tiré neuf coups de feu, les policiers français, beaucoup plus».

Selon une source judiciaire française, la police procédait ce soir-là à l’arrestation de quatre personnes qui tentaient de voler des voitures, quand deux véhicules sont arrivés, dont un des occupants a ouvert le feu.

Un policier français, Jean-Serge Nérin, 52 ans, a été tué dans la fusillade qui a suivi. Un militant basque de 27 ans, qui a affirmé appartenir à l’ETA, a été arrêté.

Madrid et Paris avaient rapidement rendu l’ETA responsable de la mort du policier, premier membre des forces de l’ordre françaises à être tué par l’organisation séparatiste basque. Ce décès avait suscité une vive émotion dans les milieux policiers français.

«La fusillade trouve son origine dans l’action de la police française contre nos militants, et en aucun cas l’inverse. Ce sont eux (les policiers français) qui ont approché les gudaris ["soldats" en basque, ndlr] d’ETA pour les séquestrer et qui ont été les premiers à tirer», insiste le communiqué.

L’ETA, considérée comme organisation terroriste par l’UE et tenue pour responsable de la mort de 828 personnes en plus de 40 ans de violences pour l’indépendance du Pays Basque, appelle le gouvernement et les citoyens français «à une profonde réflexion sur où veut les entraîner l’ivresse répressive du gouvernement espagnol».

Ce dernier, assure l’organisation basque, se réjouit de ce meurtre en pensant que cela va entraîner une action majeure de Paris contre l’ETA.

Le texte de l’ETA appelle aussi Madrid et Paris à «abandonner le chemin stérile de la répression et, à travers le dialogue et la négociation, à se positionner en faveur d’une solution démocratique basée sur le respect de la volonté du peuple basque».

Lors des obsèques du policier français, en présence du chef du gouvernement espagnol José Luis Zapatero, le président français Nicolas Sarkozy avait promis d’«éradiquer une à une toutes les bases» de l’ETA en France.

La police française est à l’origine depuis cinq ans de plus d’un tiers des interpellations de membres d’ETA, dont cinq «chefs» ont été arrêtés depuis 2008 sur son territoire.

L’ETA a repris ses attentats à la mi-2007 après une trêve de 15 mois et des négociations avortées avec le gouvernement Zapatero, qui a depuis adopté une ligne très ferme à son encontre.


Source : Libération 

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