Etats-Unis : Proclamation d'émancipation des esclaves américains, il y a 150 ans

Publié le par dan29000

Il y a 150 ans, la proclamation d'émancipation des esclaves américains

 


En septembre 1862, au cœur de la guerre de sécession, le président américain Abraham Lincoln avait lancé un ultimatum, qui ressemblait plus, aux yeux de ses adversaires politiques,  à un coup de bluff qu’à une conviction profonde, à l’attention des troupes confédérées, à savoir que, si elles ne déposaient pas les armes avant le 1er janvier 1863, il déclarerait les esclaves libres pour toujours. Cette menace ne fut, de prime abord, pas prise véritablement au sérieux, parce qu’il s’agissait, avant tout, d’un stratagème pour renforcer la cohésion de l’Union qui était menacée. Cependant Abraham Lincoln, candidat républicain parfaitement en adéquation avec les vues de son parti sur le sujet, s’était fait élire, en 1860, sur un programme clairement anti-esclavagiste, ce qui posa les germes de la sécession.

 

 

Donc, assez logiquement et naturellement, Lincoln, dans son message annuel au Congrès le 1er décembre 1862, consacra un très long passage à la colonisation et à une abolition progressive, en précisant qu’une nouvelle approche était impérative. Il écrivit notamment : The dogmas of the quiet past are inadequate to the stormy present. We must disenthrall ourselves, and the we shall save our country. Littéralement : Les dogmes d’un passé calme sont inadaptés à un présent tumultueux. Nous devons nous affranchir nous-mêmes et nous sauverons notre pays. De fait, le 1er janvier 1863, le président Abraham Lincoln proclama l’affranchissement de la vaste majorité des esclaves de la nation, étape historique qui, il n’est pas inutile de le rappeler, intervenait 15 ans après que Victor Schœlcher eût fait adopter le décret d’abolition de l’esclavage par le gouvernement provisoire de la 2ème République, le 27 avril 1848.

 

 

Cette étape décisive tout à la gloire et à l’honneur de Lincoln ne débarrassa pas pour autant d’un coup de baguette magique, comme chacun le sait, les Etats-Unis du fléau de la ségrégation, qui a continué de sévir et qui coûta la vie à ce même Lincoln deux ans plus tard. Alexis de Tocqueville, dans la deuxième partie du Livre I intitulé "Le Monde politique" de son ouvrage De la démocratie en Amérique, écrivait, à propos des Problèmes raciaux et de la Situation des noirs (p-189, édition de 1963) : « …Il est un mal qui pénètre dans le monde furtivement : d’abord on l’aperçoit à peine au milieu des abus ordinaires du pouvoir ; il commence avec un individu dont l’histoire ne conserve pas le nom ; on le dépose comme un germe maudit sur quelque point du sol ; il se nourrit ensuite lui-même, s’étend sans effort, et croît naturellement avec la société qui l’a reçu : ce mal est l’esclavage. »

 

 

A consulter, par les liens suivants, les articles et éditoriaux que le NYT a consacré au sujet :

 

http://opinionator.blogs.nytimes.com/2012/09/21/freedom-and-restraint/

 

http://topics.nytimes.com/top/reference/timestopics/subjects/c/civil_war_us_/emancipation_proclamation/index.html?8qa

 

 SOURCE / MEDIAPART, Besançon blog-notes

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