Exception de conservation, bibliothèques et partage des richesses

Publié le par dan29000



Le site web Actualitté s’est récemment attiré les foudres d’un affidé d’Hadopi (Christophe Alleaume, pour ne pas le nommer). En cause : un article ayant osé critiquer la tentative de ce dernier de s’en prendre à l’exception de conservation et au statut des bibliothèques. Voici notre contribution à ce vrai-faux débat qui, sous de grands mots propagandistes, ne favorise que quelques intérêts privés au détriment de l’intérêt général de la population.

 

 



Le Parti Pirate s’est constitué pour défendre le partage des richesses immatérielles, du savoir et de la culture ; partage que la technologie rend de fait accessibles à tous aujourd’hui, mais que quelques égoïsmes et intérêts privés persistent à monopoliser.

 

Prétendre défendre ces monopoles « au nom des auteurs » est une rhétorique vieille comme le monde, mais ne doit en aucun cas laisser détourner l’attention du débat de fond : de quelle société voulons-nous pour nous et pour nos enfants ? Une société où le législateur travaille au bien-être de tous et à la justice sociale... ou bien une société où, comme c’est le cas aujourd’hui, un quarteron d’industriels se fait passer pour "la culture" et dicte ses lois iniques à toute la population ?

 

« C’est le même disque rayé qui tourne en boucle : à l’écouter, il faudrait supprimer des droits qui profitent au public et rajouter un nouveau prélèvement en faveur de tous les intermédiaires qui s’enrichissent sur le dos et au nom des auteurs. » déplore Maxime Rouquet, co-président du Parti Pirate. « Interdire aux musées et bibliothèques de distribuer des copies pour protéger les oeuvres originales qui risquent d’être endommagées va peut-être les forcer à acheter un nouvel exemplaire du dernier Harry Potter ; mais ce serait au détriment des éditions originales de Voltaire ou Victor Hugo, et surtout de tous les auteurs plus confidentiels en rupture de stock. Et on prétend nous expliquer que c’est pour le bien des auteurs ? »

Nous suivons depuis plusieurs années avec intérêt les travaux et combats de Nicolas Gary et du site ActuaLitté, qui s’est engagé avec courage dans une démarche de diversification du champ éditorial, et refuse de se contenter de l’inféodation habituelle aux grands éditeurs. Pas étonnant, dans de telles conditions, que son travail d’exceptionnelle qualité soit critiqué ou combattu par un pouvoir aux ordres, comme l’illustre encore l’affaire d’aujourd’hui.

 

« Cette proposition arrive peu après la loi sur les oeuvres indisponibles qui a dépouillé le public comme les auteurs de leurs droits au profit de certains éditeurs pour les mettre à l’abri de la future directive européenne sur les oeuvres orphelines (qui aurait favorisé davantage le public et les auteurs). » rappelle Valentin Villenave, porte-parole du Parti Pirate, « Avec cette nouvelle proposition législative, les bibliothèques seraient tout simplement obligées de racheter régulièrement leurs propres ouvrages à des éditeurs qui s’enrichiront sans avoir rien produit de leur côté. »

 

Le Parti Pirate s’associe et soutient pleinement la démarche et la réflexion de Nicolas Gary en matière d’intérêt public et de défense des bibliothèques, dont l’intérêt public ne doit cesser d’être rappelé et qui ne sauraient devoir subir les assauts de l’égoïsme et de l’intérêt commercial à court terme.

 

« Au point où en sont les choses, le législateur doit cesser de prétendre aider les artistes ou les libraires, et assumer le cynisme qu'il y a à mettre en place une rente injustifiée au profit de quelques éditeurs », résume Maxime Rouquet.

 

 

Source : Parti pirate

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