Exposition Larry Clark, interdite au moins de 18 ans, une autocensure nommée Delanoë

Publié le par dan29000

 

 

 

Ken-Park.jpgTriple actualité pour le talentueux réalisateur-photographe américain, Larry Clark. D'abord un hommage en sa présence à la Cinémathèque française durant trois jours (lire ci-dessous) où la totalité de son oeuvre sera projetée.

 

Ensuite une longue exposition de ses photographies, soit une rétropective de 50 années d'un travail exceptionnel sur les errances et le vécu des adolescents américains. Un formidable travail artistique encore assez peu connu dans l'hexagone. Des photos à  ses films, toujours la même justesse de ton et la même liberté extrême pour témoigner sur la vie souvent décalée de ces ados des deux sexes, durant plusieurs décennies.

 

Mais il y a aussi une troisième actualité, moins artistique. L'interdiction de l'accès à cette exposition pour...justement les ados !

Si si, heureusement le ridicule ne tue plus. Une restriction d'accès donc à une partie du Musée d'Art Moderne de la ville de Paris où il faudra montrer sa carte d'identité pour entrer voir l'expo, si vous êtes jeune (mais plus ado) ou si vous faites jeune !

N'oubliez pas vos papiers ce jour-là...

Il est consternant qu'en ce début de XXIe siècle de telles pratiques existent encore, même si l'on ne peut que constater qu'elles sont très "tendance" sous la pression manipulatrice des petits groupuscules d'extrême-droite pour qui l'ordre est "troublé" dès que le conformisme ambiant l'est (lire notre article sur l'offensive obscurantiste contre l'exposition Murakami à Versailles).

Larry Clark est un cinéaste original, un artiste important. Sa thématique depuis bien des années est celle de la vie, souvent en marge et difficile, des adolescents. Larry Clark est fou de rage, normal, car son travail s'adresse bien évidemment aux adolescents en priorité...

Peut-être l'avez vous regardé en direct mardi soir sur France 3 à "Ce soir ou jamais". Larry Clark est choqué, surpris, de se trouver face à une telle censure en France. D'autant que l'affiche de son exposition, avec une de ses photos, qui devait fleurir les murs de la capitale, est aussi censurée. Enfin pas vraiment censurée, mais disons, absente. L'artiste avait prévu un travail de prises de vues sur ce sujet, cela tombe donc à l'eau... 

C'est aux USA, dans les années 70, qu'il avait été censuré, plus maintenant. Aujourd'hui c'est le tour de la ville de Paris, avec son maire pourtant à gauche, parait-il... 

A noter, que seuls les Verts protestent en parlant d'intériorisation de la répression et de la censure. Et c'est exactement de cela dont il s'agit.

Céder d'avance aux éventuelles pressions des groupuscules souvent d'origine chrétienne, mais dans tous les cas obscurantistes, est faire preuve de peu de courage. Delanoë a plié avant même les pressions, de manière préventive, et cela est encore pire et peu courageux.

 

Pouvoir accéder à une exposition artistique en fonction de son état civil est juste indigne.

 

Dan29000

 

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MUSEE D'ART MODERNE DE LA VILLE DE PARIS

 

 

Première rétrospective en France du photographe et réalisateur Larry Clark, né en 1943 à Tulsa aux Etats-Unis. L’exposition, conçue en étroite collaboration avec l’artiste, revient sur 50 années de création à travers plus de 200 tirages d’origine, pour la plupart inédits.
Untitled, 1963 - Courtesy of the artist, Luhring Augustine, New York and Simon Lee Gallery, London



De ses clichés noir et blanc du début des années 1960 aux longs métrages qu’il réalise depuis 1995 tels que Kids (1995), Bully (2001) ou Ken Park (2002), Larry Clark, internationalement reconnu pour son travail, traduit sans concession la perte de repères et les dérives de l’adolescence.

À côté des portraits de nouveaux-nés et d’animaux réalisés par sa mère photographe dont il était l’assistant, l’exposition présente les images mythiques de Tulsa (1971) et Teenage lust (1983), ainsi que des œuvres inédites de ces périodes. Un film 16 mm sur la vie des toxicomanes de Tulsa, tourné en 1968 et récemment retrouvé, est également projeté pour la première fois.

Des skateboarders de New York au ghetto latino de Los Angeles, Larry Clark révèle, dans ses séries photographiques des années 1990 et 2000, le quotidien d’adolescents en quête d’eux-mêmes, expérimentant drogues, sexe et armes à feu. Les séries 1992, The Perfect Childhood (1993) et punk Picasso (2003), toujours issues de la culture de la rue et du rock, affirment son regard acéré sur la marginalité, telle que l’Amérique refuse de la voir.

Enfin, les grands formats en couleur de la série Los Angeles 2003-2010 ainsi qu’un long-métrage inédit accompagnent le passage de l’enfance à l’âge adulte de Jonathan Velasquez, jeune skater vénézuélien, personnage principal du film Wassup Rockers (2006).

Depuis la parution en 1971 de Tulsa, ouvrage fondateur sur le désarroi et la violence d’une génération, le travail de Larry Clark hante la culture américaine. La force de ses images, au-delà de leur dureté et de leur noire séduction, réside dans la quête d’une vérité nue, d’un réalisme sans fard.

Exposition interdite aux moins de 18 ans.

Commissaire général : Fabrice Hergott

Commissaire de l'exposition : Sébastien Gokalp

Autour de l’exposition
Rencontre avec Larry Clark le 8 octobre au Musée d’Art moderne de la Ville de Paris.
En partenariat avec le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris :
Rétrospective des films de Larry Clark, en sa présence, à la Cinémathèque française, du 8 au 11 octobre. Leçon de cinéma le 9 octobre.
Visites-conférences

Exposition organisée avec le soutien des galeries Simon Lee, Londres et Luhring Augustine, New York ainsi que le Fond franco-américain pour l'art contemporain étant données.


 Visites-conférences dans les expositions Didier Marcel et Larry Clark

/ A partir du 12 octobre 2010 /

Durée : 1h30 - Sans réservation
Gratuit sur présentation du billet d'entrée



Mardi : accueil permanent par un conférencier du musée dans les salles d’exposition de 14h à 18h

Présentation successive des deux expositions :
Samedi à 14h30
Dimanche à 12h30

 

 INFOS PRATIQUES /


11 avenue du Président Wilson
75116 Paris
Standard : 01 53 67 40 00
Service culturel: 01 53 67 40 80

Ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le jeudi jusqu'à 22h

Métro Alma-Marceau ou Iéna
RER C Pont de l'Alma
Bus 32, 42, 63, 72, 80, 92
Station Vélib' 2 rue Marceau

 

Source : Musée d'Art Moderne de la ville de Paris 

 

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CINEMATHEQUE FRANCAISE / HOMMAGE A LARRY CLARK 

 

La Cinémathèque française
51, rue de Bercy
75012 Paris Informations : 01 71 19 33 33

PROJECTIONS, CONFERENCES
Du lundi au dimanche.
Fermeture le mardi.

MUSEE DE LA CINEMATHEQUE
Du lundi au samedi de 12h à 19h.
Le dimanche de 10h à 20h.
Fermeture le mardi.

Le Musée fermera exceptionellement à 17h30 au lieu de 19h lundi 4 et mercredi 6 octobre 2010.
 


LARRY CLARK
Du 8 au 10 octobre 2010
A l’occasion de l’exposition de ses œuvres photographiques organisée par le Musée d’Art Moderne de Paris, la Cinémathèque accueillera Larry Clark et remontrera l’intégralité des films réalisés par lui, de Kids à Wassup Rockers en passant par Bully ou Ken Park. Son œuvre cinématographique témoigne d’un regard chaleureux, sensuel, âpre parfois, sur l’univers des adolescents américains.
Attention : les films de cette rétrospective ne sont pas destinés à tous les publics. Veuillez vérifier les restrictions d'âge sur la page de chaque film.

 

Vendredi 8 Octobre 2010 - 20h00
KIDS - LARRY CLARK
Etats-Unis - 1995 - 91' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm



Samedi 9 Octobre 2010 - 14h30
KEN PARK - LARRY CLARK
Etats-Unis - 2002 - 96' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm



Samedi 9 Octobre 2010 - 17h00
CLARK PAR CLARK
SALLE HENRI LANGLOIS



Samedi 9 Octobre 2010 - 19h30
ANOTHER DAY IN PARADISE - LARRY CLARK
Etats-Unis - 1998 - 101' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm



Samedi 9 Octobre 2010 - 21h30
BULLY - LARRY CLARK
Etats-Unis - 2001 - 113' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm



Dimanche 10 Octobre 2010 - 17h15
TEENAGE CAVEMAN - LARRY CLARK
Etats-Unis - 2002 - 90' - SALLE GEORGES FRANJU - VOSTF - Vidéo



Dimanche 10 Octobre 2010 - 19h00
WASSUP ROCKERS - LARRY CLARK
Etats-Unis - 2006 - 111' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm



Dimanche 10 Octobre 2010 - 21h15
DESTRICTED - GASPAR NOE, LARRY CLARK, MARCO BRAMBILLA, MARINA ABRAMOVIC, MATTHEW BARNEY, RICHARD PRINCE, SAM TAYLOR-WOOD
Etats-Unis - 2006 - 116' - SALLE HENRI LANGLOIS - VOSTF - 35mm

 

 

De Kids à Wassup Rockers, son œuvre cinématographique témoigne d’un regard chaleureux, sensuel, âpre parfois, sur l’univers des adolescents américains.

Le photographe Larry Clark (son livre culte, Tulsa, publié en 1971) n’est pas devenu cinéaste au sens d’une métamorphose. Il semble qu’il l’ait toujours été. Y compris à l’époque où il n’avait pas encore de caméra pour accompagner son regard et enregistrer les pulsations de l’underground, où il a toujours aimé s’aventurer. « J’ai toujours voulu être cinéaste. Mon travail a toujours été structuré ainsi. Comme un film, quelque chose de narratif » (1).

Héraut de la subculture américaine dans ce qu’elle a de plus cru et désespéré, Clark concrétise son désir de cinéma en 1995, à plus de cinquante ans, avec Kids. Anti-teen movie (ni naïveté, ni romance), plein d’impuretés formelles, où le rap dope l’image et le sexe explose la fiction, Kids scelle le destin de plusieurs figures incontournables du cinéma indépendant (Chloë Sevigny, Gus van Sant, Harmony Korine). Clark est donc loin d’être un cavalier solitaire dans cette Amérique disloquée et satellisée qu’il a dépeint dans ses six longs métrages : qu’il tourne dans les rues de N.Y.C (Kids), de South Central L.A. (Wassup Rockers, qui s’ouvre sur un plan de la mégalopole californienne sous la pluie, loin des images d’Epinal, comme si dès le départ Clark mettait en garde le spectateur contre les clichés falsificateurs), ou d’Hollywood-Florida (Bully), dont le nom en trompe l’œil (ce n’est pas son homonyme californien !) résonne comme le symbole de la réplique et de l’ersatz.

Une des obsessions de Clark est justement cette déréalité qui guette l’Amérique et l’évide de son centre (« Nous ne sommes pas dans un jeu vidéo », entend-on dans Bully). Pour parler de ce danger (l’incapacité à différencier la copie de l’original, le mal du bien), Clark a choisi de ne s’intéresser qu’à un seul sujet : le « kid ». Entre gosse et ado, avec un arrière-goût de dissidence, le « kid » est filmé comme une entité corporelle et mentale autonome, déconnecté du tissu social qui l’entoure. L’école a disparu. Le langage s’est perdu dans une litanie de « fuck » (un cri de guerre). L’Etat n’est que police. Les communautés sont sclérosées (Latinos vs Blacks dans Wassup Rockers ; bourgeois vs prolétaires, comme l’exprime la lutte des deux amis Bobby et Marty dans Bully).


Lire la suite sur le site de la cinémathèque,  ICI

 

Source : Cinémathèque française 

Publié dans écrans

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flore 09/10/2010 12:24


tu as raison de dire que l'expo ne devrait pas etre interdite cependant tu commets toi même une grande erreur en terme d'ouverture d'esprit. Cet article aurait pu etre excellent s'il n'etait pas
bourre de tout les prejuges setereotypes sur la droit et les chretiens. C'est petit


dan29000 09/10/2010 12:56



c'est ton avis, de droite je suppose, voire chrétien, mais il est vrai qu'il y a chrétien et chrétien, il y a ceux du côté obscur et rétrograde tendance Mgr Lefevre ou les chrétiens tendance
Golias et Gayot que je respecte beaucoup.


Donc je ne vois pas de stéréotype ici, les groupuscules intégristes cathos sévissent beaucoup depuis qq années sur la culture, et se dire de gauche comme Delanoe et prévenir les désirs de ces
gens est minable...