FANCH AR RUZ, dessinateur breton en licence libre

Publié le par dan29000

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Comment soutenir mon indépendance

J'ai fait le choix du partage et de la liberté. Mes dessins sont sous licence libre (Creative Commons by-nc-nd); cela veut dire très concrètement que vous pouvez les utiliser, les partager, les diffuser gratuitement en respectant les termes de la licence.

Allez, on partage
A une époque où le pouvoir criminalise la grande majorité des citoyen-nes considéré-es comme des « pirates », je refuse d'insulter, à ses côtés, les lecteurs et les lectrices qui utilisent mes dessins pour alimenter leurs blogues, leurs exposés, leurs sites, leurs dossiers, leurs tracts et leurs banderoles !

Dès lors que le dessin est sourcé, qu'il ne génère d'autre profit que celui du partage, où est le vol ? Au nom de quels intérêts devrais-je me battre contre ces nouvelles pratiques sociales (1) que permet internet ? Au nom de « mes » intérêts ou de ceux des intermédiaires traditionnels (Majors, Editeurs, Circuits de distribution ...) qui s'accrochent aux vieux modèles économiques dépassés ?
Quand j'étais môme, j'aimais m'asseoir dans une petite librairie ou dans une grande surface pour lire des BD en entier (ciel un pirate!), je passais des heures à la Bibliothèque Municipale à découvrir des livres dont je ne soupçonnais même pas l'existence (horreur, voleur !); et bien, c'est justement ça qui m'a donné le goût de la lecture, qui m'a fait aimer Bourgeon par exemple, et qui m'a fait acheter plus tard, quand j'en ai eu les moyens, la série complète des « Passagers du vent »... Cet accès gratuit a contribué à forger ma culture personnelle, ainsi qu'il a alimenté mon goût de la lecture et du dessin.

La diffusion à très grande échelle des oeuvres artistiques, si elle bénéficie aux internautes que nous sommes, n'en n'est pas pour autant une malédiction pour les auteurs mais au contraire une chance à saisir ! Un rapport nouveau à (r)établir avec nos lecteurs/trices basé sur d'autres rapports sociaux que le simple rapport marchand. La valeur de ce que nous créons, devenue accessible à toutes et à tous, n'est plus décrétée par des médias de masse formatés, quelques baronnies de vieux dessinateurs fatigués, des diffuseurs, des distributeurs, des marchands mais bien par les lecteurs eux-mêmes. Les oeuvres ne tiennent plus leur valeur de la consommation qui en est faite mais de l'appréciation qu'en font les lecteurs. On comprend immédiatement les résistances hargneuses qu'un tel changement provoque: Effectivement, beaucoup de « produits » culturels actuels se retrouveraient en péril dans une société où l'on achèterait un film, un album en fonction de sa qualité plutôt que du martelage médiatico-publicitaire dont il fait l'objet.
Mais quelle bouffée d'oxygène, et quelle diversité créative cela va engendrer !

C'est en premier lieu aux artistes de prendre position et de choisir leur camp: celui de la marchandisation de l'art dans un système capitaliste castrateur et spoliateur ou celui de l'innovation et du partage dans l'esquisse de ce que sera, peut-être, la société de demain avec de nouveaux rapports sociaux et un art libérés des « lois du Marché ».

Vous n'aurez pas ma liberté de créer
Au-delà du fait que les dessinateurs devraient se reconnecter avec leurs lecteurs, qu'ils sont eux-mêmes des « usagers » du réseau internet (2) et qu'en cessant toute hypocrisie ils éviteraient de virer bredins et skizophrènes; ils ont tout à gagner à supprimer un maximum d'intermédiaires entre eux et leur public pour préserver leur liberté créative et pour certains... leur dignité.
Finis les pathétiques cirages de pompe auprès de « mentors » pour arriver à caser quelques dessins par-ci par-là, plus besoin d'attendre, tremblotant le carton à dessin à la main, qu'un éditeur « avisé » daigne vous éditer et vous diffuser (3), plus de piston, de tristes concessions pour être publiés « à tout prix »; Vous avez, nous avons désormais notre « ligne éditoriale » entre nos mains. N'importe qui peut réaliser son livre, l'éditer soi-même ou le faire éditer par des éditeurs novateurs tels qu' In Libro Veritas, et diffuser son oeuvre dans le monde entier !

Que l'oeuvre rencontre son public ou pas, ça, c'est une autre affaire... mais en tout cas ce n'est plus une question de budget promotionnel réservé à une minorité d'artistes triés sur le volet par les industriels.


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http://blog.fanch-bd.com/index.php?2010/02/11/450-mecenat-populaire&cos=1



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