Fascisme : de la Grèce à Marseille, l'ombre portée de l'Aube dorée

Publié le par dan29000

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De la Grèce à Marseille, l’ombre portée de l’Aube dorée

1er octobre 2012

Fuck Anna Frank
Fuck toute la race d’Abraham
L’étoile de David me fait vomir
Ah, Auschwitz que je t’aime !
Sur le Mur des Lamentations je viendrai pisser
Juden Raus ! Je vous brule à Auschwitz...


Ce sont les paroles d’un morceau du groupe grec Pogrom dont le bassiste est le député du parti de l’Aube dorée Arthemios Matheopoulos. Elles font froid dans le dos, d’autant qu’on n’en reste pas aux paroles. A défaut de Juifs, ce sont des immigrés, des sans papiers qui chaque jour sont tabassés, assassinés, égorgés dans le métro d’Athènes par les militants de l’Aube dorée pendant que la police regarde ailleurs.


Et pour cause : d’après les sondages, 50% des policiers grecs ont voté en juin pour l’Aube dorée. Tout comme 20,3% des patrons qui choisissent ouvertement ces émules d’Hitler.


Mais ce cinquième du patronat grec n’est pas seul : les statistiques montrent qu’ont aussi voté en faveur des nazis plus de 12% des chômeurs et presque un quart des travailleurs précarisés.


Présenté comme un phénomène passager, l’Aube dorée semble s’installer dans le paysage. Un sondage du sept septembre, lui attribue 12% des intentions de vote. A une force qui n’a rien à voir avec les forces traditionnelles de la droite nationaliste et xénophobe, comme le FN ou l’UDC.

Contrairement à eux, c’est en passant à l’acte, directement, que l’Aube dorée agit. Elle capte ainsi la sympathie de couches populaires déstabilisées par le recul massif du niveau de vie imposé par le trio UE-BCE-FMI.

Et ce ne sont pas les 11 nouveaux milliards d’économies qui vont arranger les choses. En tout cas pas celles de millions de travailleurs dont on a déjà mis en charpie les salaires et les retraites, mais celles des banques, françaises et allemandes qui détiennent plus de la moitié de la dette grecque.

Celle-ci résulte notamment du fait que, là-bas, les riches ne paient pas d’impôts. D’après Der Spiegel, en 2010, l’évasion fiscale représentait 550 milliards d’euros, soit plus de deux fois et demi le PIB du pays.


Ce n’est un secret pour personne, c’est dans les banques suisses qu’une partie de cet argent soustrait à la collectivité se trouve et prospère.

Ce printemps, c’est pour sauver les activités d’UBS aux USA, que le gouvernement helvétique a fourni au fisc étasunien le nom de 2300 citoyens US disposant de comptes en Suisse.

Aujourd’hui, ce sont les noms des riches grecs disposant de comptes en Suisse qu’une pétition demande au Conseil fédéral de transmettre au gouvernement et aux organisations populaires grecques .

Pour sauver le peuple grec, mais pour aussi contribuer à couper l’herbe sous les pieds de mouvements tels que l’Aube dorée, en Grèce et ailleurs.


Car, la destruction par des milices issues des quartiers Nord de Marseille d’un camp de Roms, vendredi passé devrait faire réfléchir : ce n’est pas que pour les stratégies de l’UE que la Grèce est un laboratoire grandeur nature…

 


Paolo Gilardi


* L’édito de l’Anticapitaliste (Suisse) n° 77 du 4 septembre 2012.


 

 

SOURCE / ESSF

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