FD Commerce CGT : quand la CGT réprime et licencie chez elle, résistance

Publié le par dan29000

Vendredi 13 janvier 2012

Commerce CGT : le communiqué des manifestants

 

Nous publions ci-dessous le communiqué des manifestants au siège de la CGT à Montreuil, hier Jeudi. [Mise à jour 15 janvier : désormais en ligne sur le site de l'USC Paris, accompagné d'un diaporama de photo, ICI]

 

Ce qu'ils ont fait était rudement bien et carrément inédit dans l'histoire de la Confédération.

Les camarades ont donc tout notre soutien, parce que leur mouvement marque la volonté de résistance et de combat d'une partie du mouvement syndical dans la phase difficile de crise et de restructurations que nous vivons, face à la corruption et à la collaboration de classe.

Oui, il y a des militants qui se battent, sur le terrain, qui ne veulent pas jouer le petit jeu de la collusion et des compromissions, qui ne se laissent pas graisser la patte en échange d'une inaction complice.

 

Nous ne partageons pas tout le diagnostic des camarades, mais nous les soutenons, car leur combat est juste. Nous pensons que leur lutte contre la "triche" et pour la légitimité est bien sûr juste, mais sous-estime considérablement les motivations et mobiles des ennemis (oui, ennemis) que nous avons en face.

Mais nous ne réservons pas notre soutien. C'est vrai, nous avons eu du mal à comprendre ce qui se passait dans la fédération. C'est vrai, au début, comme beaucoup de camarades, nous nous sommes interrogés.

Mais on ne peut pas en rester à toujours renvoyer les gens dos à dos, comme nous voyons certains camarades (y compris du Commerce) autour de nous. Au final, il faut choisir un camp, car sinon on fait le jeu de ceux qui tiennent les rênes.

Nous avons choisi le nôtre, au vu de leur activité, de leur courage. Nous avons choisi le camp des camarades.

Aussi nous publions leur point de vue. Le nôtre est développé par ailleurs, on trouvera ICI tous les articles de ce blog écrits à ce propos (jusqu'au compte rendu du congrès de 2008 !).


 

  A toutes les organisations de la CGT

 

Rassemblement à Montreuil pour défendre la démocratie dans la fédération du commerce et des services

 

250 militants du commerce et de l’UL d’Alès se sont rassemblés jeudi 12 janvier de 11 heures à 17 heures au siège de la CGT pour protester contre les pratiques anti-démocratiques de la fédération du commerce et des services. La fédération a refusé de recevoir une délégation, au nom du principe du « fédéralisme », parce que des militants de l’interpro en faisaient partie, en vertu des choix faits par les militants présents au rassemblement.


C’est, finalement, la confédération qui a accepté de recevoir une délégation, au bout de 4 heures de discussions, sans que Michèle Chay, secrétaire générale de la fédération du commerce ET membre du bureau confédéral ne participe à la rencontre. Elle était pourtant présente sur le site et disponible, puisqu’elle avait interrompu, dès la fin de la matinée, la réunion de la CE fédérale.
 

Les membres de la direction confédérale, qui ont mis fin à ce blocage incompréhensible, ont fait preuve d’écoute et se sont engagés à établir un compte rendu de la réunion. Les participants ont demandé à être destinataires de ce document.
Il est à noter qu’à aucun moment, les membres du bureau fédéral (CAI) ne sont venus rencontrer les militants rassemblés.
 

Enfin, la fédération a, en début de soirée, adressé un communiqué malhonnête à l’ensemble des organisations de la CGT, signé « la CE fédérale », que la CEF n’a pu approuver puisque ses travaux ont été interrompus bien avant qu’il ne soit rédigé.
 

Un rassemblement à Montreuil, pourquoi ?
 

Outre les camarades de l’interpro, le rassemblement était principalement constitué de militants de nombreuses entreprises du commerce et des services, venus de tout le territoire dire leur opposition aux agissements scandaleux de cette fédération, en proie à une crise démocratique très grave.
Cette crise s’est accélérée à l’approche du congrès tenu par cette structure en mai 2011 : la direction sortante a manipulé la représentation au congrès, gazé une moitié des délégués et truqué les votes pour être finalement élue avec la plus faible majorité de l’histoire de la fédération (60% environ).
A la suite de ce congrès, la fédération du commerce a entrepris d’éliminer ses opposants, espérant ainsi faire taire les divergences.
 

C’est ainsi que, dès le lendemain du congrès, elle a sollicité la direction de l’entreprise Transgourmet pour mettre fin au détachement de notre camarade Yücel Basarslan, secrétaire fédéral sortant et le contraindre à réintégrer son entreprise. Il est nécessaire de rappeler que Yücel bénéficiait d’un détachement, acquis par le rapport de forces, AVANT de prendre des responsabilités à la fédération.
Olivier Bireaud, salarié de la fédération depuis 2002 (AVANT son élection à la CE fédérale) s’est vu enjoindre de quitter Alès dans un délai de 3 jours pour venir travailler à Montreuil. Olivier ne peut accepter une telle proposition (ses enfants sont scolarisés dans la région). La fédération le sait. Elle l’a donc, sciemment, contraint à refuser cette « proposition » et a entamé, dans la foulée, une procédure de licenciement.
L’Union syndicale de Paris, subventionnée par la fédération depuis près de 30 ans (en raison de la faiblesse du montant des cotisations de nos secteurs) a appris au mois de juillet 2011 que la fédération avait décidé, sans aucune justification, de diviser par 4 la subvention pour l’année en cours. A ce jour, elle n’a pris aucun engagement pour l’année 2012. L’US Paris, qui multiplie les luttes victorieuses depuis 8 ans et qui a plus que doublé le nombre de ses cotisations, se trouve dans l’obligation de procéder à des licenciements économiques. La fédération refuse toute possibilité de reclassement alors que, jamais, la fédération du commerce n’a disposé d’autant de moyens financiers.
 

La répression s’exerce, également, sur les délégués d’entreprise titulaires d’un mandat fédéral. Ceux qui ont « mal » voté subissent tous les jours un chantage au mandat selon une logique très simple : « vous ne pouvez représenter la fédération si vous n’êtes pas d’accord avec la fédération ».
 

Cet autoritarisme, cette répression, accompagnés d’une totale absence de réflexion prospective et de ligne revendicative concrète met l’avenir de notre fédération en danger.
Nous considérons que le commerce est l’affaire de toute la CGT : il n’y a pas une UL en France qui n’organise des salariés de nos professions. C’est pourquoi nous appelons à un sursaut de l’ensemble de la CGT pour mettre fin à une situation qui met en difficulté toute notre organisation, au pire moment d’une offensive patronale sans précédent.
 

Si nous contestons fortement le fonctionnement de notre fédération, si nous regrettons le peu d’implication de la confédération pour tenter d’aider à résoudre ce conflit, notre démarche ne consiste pas à remettre en question globalement les orientations de la CGT ni à défendre le petit bout de gras de camarades en mal de responsabilités : réduire notre action à cela, comme tente de le faire la fédération, c’est faire preuve du même mépris que celui qui consiste à ne pas recevoir une délégation de manifestants.
 

Toute la CGT peut compter sur nous pour continuer ce combat pour la démocratie et la liberté d’expression dans notre organisation. Ce premier rassemblement a montré notre force collective et notre détermination à défendre les valeurs de la CGT. Nous ne nous laisserons ni impressionner par les coups de menton autoritaires, ni enfermer dans un rôle qui n’est pas le nôtre.
 

Vive la démocratie, Vive la CGT !

 

Source : OU VA LA CGT

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Alès Le torchon brûle à la CGT

T. Dg.
13/01/2012,
Olivier Bireaud, de la CGT commerce à Alès, a été licencié par la fédération.
Olivier Bireaud, de la CGT commerce à Alès, a été licencié par la fédération. (Archives)

C’est le bras de fer à la CGT commerce entre Alès et Paris. En effet, la Fédération nationale CGT commerce a licencié son permanent alésien, Olivier Bireaud. Qui était déjà "placardisé" depuis mai. À cette date, lors du congrès national de la fédération, l’Alésien n’avait pas été reconduit dans ses fonctions.

Un congrès qui ne s’était d’ailleurs pas particulièrement bien passé. "Plus de 40 % des syndiqués ont exprimé leur désaccord avec les orientations proposées. Depuis, notre direction fédérale mène une véritable chasse aux sorcières. Après avoir gazé des congressistes et refusé le débat contradictoire, elle licencie des militants reconnus et refuse à des structures importantes les subventions nécessaires à leur travail et leur survie", précise la CGT Alès.

"En juin, je ne pourrai plus faire fonctionner l’union locale d’Alès" Fabrice Durand, CGT

Le coup est dur pour le représentant alésien de la CGT commerce. "Olivier Bireaud a dix ans d’ancienneté à la CGT. Paris lui a donné trois jours pour déménager. Même un patron ne ferait pas ça", commente Fabrice Durand, le responsable de l’union locale CGT d’Alès.

Hier, une délégation de 35 Alésiens s’est retrouvée à Montreuil en région parisienne, devant le siège de la CGT, "pour exiger le respect des pratiques démocratiques". Quelque 200 manifestants étaient présents, dont d’autres sections parisiennes CGT commerce, des Alsaciens… "La fédération a refusé de nous recevoir et c’est la confédération qui a fait la boite aux lettres en quelque sorte. Il n’y a plus de dialogue social", dénonce Fabrice Durand. Mais la prise de bec entre Paris et Alès ne date pas d’hier.

"Paris écarte tous ceux qui ne sont pas sur sa ligne"

Elle se retrouve également entre les Cévenols et l’Union départementale à Nîmes. "Paris écarte tous ceux qui ne sont pas sur sa ligne. Nous nous préoccupons de la lutte des classes tandis que Paris fait de l’accompagnement social", reproche Fabrice Durand. La rupture a été nette après les manifestations contre la réforme des retraites à l’automne 2010. Tandis que les banderoles étaient rentrées un peu partout en France, la CGT alésienne faisait de la résistance et poursuivait la lutte et les manifestations.

La détérioration est visible car, à partir de juin, les heures de délégation syndicale sont retirées à Fabrice Durand par l’Union départementale. De fait, il devra reprendre son travail de cheminot. Déjà depuis un an, le patron de la CGT Alès utilisait une disponibilité pour être présent à l’union locale. "A partir de juin, je n’aurai plus les moyens de faire fonctionner l’union locale à Alès", dénonce le représentant CGT. Une assemblée générale est prévue cet après-midi à 17 h 30 à la Bourse du travail à Alès pour le licenciement d’Olivier Bireaud.

 

 

Source : MIDI LIBRE

 

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Alès L’union locale CGT fait bloc derrière son militant

T. Dg.
14/01/2012,
L’assemblée générale à la Bourse du travail a réuni une soixantaine de cégétistes.
L’assemblée générale à la Bourse du travail a réuni une soixantaine de cégétistes.
(Photo J.-F. GALLIER)

Le malaise était perceptible hier lors de l’assemblée générale de la CGT à la Bourse du travail d’Alès. Une soixantaine de militants étaient là pour soutenir Olivier Bireaud, menacé de licenciement (et non licencié comme indiqué par erreur hier) par la fédération commerce CGT à Paris.

Situation ubuesque

Une situation ubuesque d’un syndicat qui licencie un syndicaliste. "Les patrons en rêvaient, la CGT l’a fait", a lancé Richard Valmalle, membre de la délégation présente jeudi à Montreuil (Paris) au siège de la fédération CGT commerce où les militants n’ont été reçus que par la confédération CGT. "Manifester contre sa propre fédération CGT, il faut le faire", a relevé un militant. L’Alésien n’est pas le seul sous la menace d’un licenciement. Un autre militant CGT alsacien est aussi concerné et l’union syndicale CGT commerce Paris a vu son financement coupé. Avec les postes de quatre permanents et une secrétaire menacés par l’absence de ressources.

Une situation qui découle du dernier congrès national de la fédération commerce CGT où les divergences étaient patentes. Olivier Bireaud a déjà reçu sa lettre d’entretien préalable qui pour l’heure n’a pas pu encore se dérouler. Hier les militants de l’union locale d’Alès étaient fortement mobilisés pour soutenir leur collègue afin que la fédération revienne sur sa décision. Ils ont également l’intention d’interpeller largement les militants nationaux.

 

Source : MIDI LIBRE

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