Finistère : quand le capitalisme et le froid tuent ensemble

Publié le par dan29000

Une Finistérienne âgée de 49 ans a été retrouvée morte, dimanche soir, dans l’appentis de moins de 10 mètres carrés qu’elle partageait depuis un an environ avec son frère aîné, dans la campagne d’Hanvec, dans le Centre-Finistère. Elle vivait là sans chauffage, sans eau et sans électricité et coupée du monde. Ce matin-là, le thermomètre affichait moins 7 °C.

 



Elle allait avoir 50 ans en juin. Marie-Hélène est morte, dimanche soir, allongée sur un matelas, dans un appentis de moins de 10 m2, sans chauffage, sans eau, sans électricité. Ce matin-là, au hameau de Pen ar hoat ar gorre, dans la campagne d'Hanvec, le thermomètre affichait -- 7 °C. L'appentis, où elle vivait avec son frère aîné, est attenant à une vieille maison sans toit. Une ruine, acquise en 2003, et jamais réhabilitée. Le contraste avec les deux longères rénovées voisines est saisissant.

Dimanche, peu avant 19 h, Raymond Miossec remarque que sa soeur, qui avait dormi une bonne partie de l'après-midi, selon ses dires, ne respire plus. Il se rend chez ses voisins, avec lesquels les relations se résument aux salutations d'usage, pour appeler les pompiers. Ces derniers font appel au médecin qui constate un décès par arrêt cardiaque, comme il l'écrit sur le certificat.

Sous curatelle

Une mort naturelle, donc, survenue en temps de grand froid et après des dizaines d'années d'une vie de grande précarité, coupée du monde. A leur arrivée dans la commune, le frère et la soeur logeaient dans un mobile-home en piteux état, qui ne leur appartenait pas et qu'ils avaient posé sur leur terrain. Une situation jugée illégale par la direction de l'Équipement. Depuis, ils avaient trouvé refuge dans cette petite dépendance.

« Un drame de la misère et de l'isolement », commente le maire de la commune, Marie-Claude Morvan, qui n'a eu de cesse d'interpeller les services sociaux et les services de curatelle qui suivaient cette dame physiquement bien portante. Mais, d'après elle, les agents éprouvaient de grandes difficultés à mener à bien leur mission.

Hier, Raymond Miossec expliquait qu'il ne voulait pas que sa soeur soit hospitalisée en psychiatrie : « Elle était bien ici. On a bien le droit de vivre ici, on est chez nous. » Les obsèques de Mme Miossec seront célébrées, ce mardi, au Tréhou, berceau de la famille.


Nelly CLOAREC.

 

Source : Ouest France, 14 février 2012


http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Finistere.-Une-habitante-d-Hanvec-tuee-par-la-misere-et-le-froid_40771-2044421-pere-bre_filDMA.Htm

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Emmanuel Renahy 21/02/2012 16:07


Cette situation est effectivement dramatique et malheureusement pas la seule. Il est aussi l'histoire de cette France devenue aveugle, égoïste, pour mille causes dont chacun peut s'écharper sur
les raisons profondes. Aussi avant de faire bouger les frontières de l'invisible, n'est-il pas quand même possible de faire bouger celles du visible, de ces personnes isolées dont parfois il ne
coute pas grand chose de notre part à nous en inquièter ? Et parmi ceux-là parfois des "certes" moins mal lotis, mais moralement bien bas à cause d'une injustice flagrante en provenance de
justiciers zèlés : c'est le cas de Lydia Bouhassoun, qui s'enfonce dans une indifférence déconcertante. Mais elle n'ont plus n'est pas la seule !

dan29000 21/02/2012 17:06



Tout à fait d'accord avec vous...