Prison de la santé : Kieron Doran, prisonnier politique irlandais suite à son extradition

Publié le par dan29000

 

 

 

Soutenons Kieron Doran, républicain irlandais enfermé à la prison de la santé
par liberationirlande 



Nous souhaitons porter à la connaissance de nos lecteurs la nouvelle de l’incarcération en France de Kieron Doran, militant républicain irlandais, suite à son extradition ayant eu lieu le 26 novembre 2010.

 



Jugé en son absence en 2006 en France pour des faits de trafic d’armes, Kieron Doran n’a eu connaissance de son procès que plusieurs semaines après sa condamnation et n’a pas pu se défendre. Les preuves apportées au dossier semblent très douteuses, d’autant que Kieron Doran ne parle pas vraiment français et n’est venu en France qu’une seule fois pour de courtes vacances. Ci-joint un ancien article du journal Libération résumant assez bien une partie de l’affaire…

Arrêté par la police du Sud de l’Irlande en janvier 2010, Kieron Doran a été incarcéré pendant près de 10 mois à la prison de Portlaoise (Sud de l’Irlande). Le 5 novembre 2010, il s’est vu refuser, par le gouvernement des 26 comtés, le droit de purger sa peine en Irlande, proche de sa famille. Agé d’une trentaine d’années, il est père de 7 enfants… sa famille n’aura bien évidemment pas les moyens de lui rendre visite très souvent en France, sachant qu’il était leur seul soutien financier.). Il a été extradé le 26 novembre 2010 et est désormais prisonnier à la prison de Fleury-Merogis.

Par le biais d’un association de soutien aux prisonniers politiques en Irlande (Irish Republican Prisonners Welfare Association, IRPWA, nous tentons de lui apporter, a distance, un peu de soutien, mais en appelons par la présente à votre aide.

En effet, Kieron Doran se retrouve totalement isolé de sa famille et de son environnement social et militant, dans un pays dont il ne parle pas la langue. Il n’a pour l’instant aucun moyen de communiquer avec ses proches, qui n’ont de lapidaires nouvelles que par l’intermédiaire d’un avocat.

Nous aimerions avant toute chose diffuser le message de son incarcération afin de briser son isolement social et politique, ainsi que mettre en place des moyens de communication avec sa famille et surtout un soutien dans leur démarche administrative, notamment pour planifier des visites.

Pour ce qui est des démarches légales pour tenter de le rapatrier en Irlande, nous savons d’ores et déjà que son extradition va a l’encontre de la législation irlandaise (mais visiblement les juges irlandais n’en ont que faire) mais nous n’avons que peu d’information concernant le droit français et le droit européen.

Voici le numero d’ecrou de Mr KIERON DORAN 384479 BAT D4 , Fleury-Merogis. (7 avenue des peupliers 91705 Sainte Geneviève des bois)

Tout soutien, sous toute forme, sera la bienvenue. Vous pouvez diffuser son nom et son numéro d’écrou de façon à ce que ses codétenus puissent rentrer en contact avec lui… Vous pouvez aussi lui écrire, ou encore simplement diffuser le message au sein de vos réseaux.


Source Libération Irlande

 

PS/ Il semble avoir été transféré de Fleury à la prison de la santé... 

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Voici un article paru dans Libération le 14.11.2006 :


Terrorisme : un bidon pour preuve
Un Irlandais et un Breton jugés à Paris sont accusés d’appartenir à l’IRA véritable.

Dès le début de son procès, Gary Roche insiste pour prendre la parole. «Je n’ai jamais été membre de l’IRA véritable», insiste-t-il avant d’être interrompu par le président du tribunal par un : «Nous n’en sommes pas là.» L’Irlandais de 31 ans, qui travaillait chez Guinness, la célèbre brasserie de Dublin, insiste : «Il est tout à fait contraire à ma morale de prêter assistance à une organisation terroriste.»

Festival. C’est un étrange réseau supposé terroriste qui comparaît depuis hier devant le tribunal correctionnel de Paris. Pour l’accusation, Gary Roche est un membre de Real IRA, un groupe républicain dissident qui a rejeté le processus de paix en Irlande du Nord et a commis plusieurs attentats dont certains très sanglants, comme celui d’Omagh, le 15 août 1998 (29 morts, 200 blessés).

L’autre prévenu, des plus improbables, est un Français de 58 ans, un Breton bretonnant, employé de banque, Bernard Le Gac. Un pilier du festival celtique de Guingamp qui chaque année, avec son épouse et des amis, fait la tournée des pubs de l’île verte. Un passionné de ballade irlandaise qui nie tout engagement politique et ne parle pas l’anglais. «Je doute qu’il puisse prendre part à une quelconque conversation politique dans cette langue», insiste son avocat. Les deux hommes encourent jusqu’à dix ans de prison pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste».

Interrogé comme témoin, le commissaire O’Sulivan de la Garda, la police irlandaise, affirme que Roche faisait partie d’une unité spéciale chargée d’approvisionner Real IRA en armes. Mais l’homme, pour les mêmes faits, a été acquitté le 4 novembre 2004 par la Cour spéciale de Dublin. «Nous ne pouvions pas fournir toutes les preuves dont nous disposions à l’époque», explique embarrassé l’officier de la Garda.

Quand Gary Roche et son compagnon Kieron Doran débarquent du ferry au port de Cherbourg le 10 août 2003, ils sont suivis pas à pas par la DST. Les deux hommes ne sont «pas des amis proches», mais ont cependant décidé de passer une semaine de «vacances» en France. Ils partent vers Dieppe et se rendent à deux reprises dans un bois, à Tourville-sur-Arques. Dans le coffre de leur voiture, les policiers ont aperçu deux bidons de plastique bleu.

Après leur départ, ils remarquent dans le bois une terre fraîchement retournée, ils creusent et découvrent un bidon vide. Le lieu est signalé par «des repères» : une pierre blanche, une racine… Au cours du voyage, Gary Roche et Kieron Doran sont accueillis à Guingamp par Bernard Le Gac et visitent d’autres «bosquets». Pour les policiers, ils cherchent des emplacements pour de futures caches d’armes et le Français est leur complice.

Armes. Le 24 octobre de la même année, les deux Irlandais partent en avion à Charleroi en Belgique. Roche qui doit se marier dit vouloir fêter son «enterrement de vie de garçon» et a profité d’une «promotion» sur une low-cost. Ils vont à Amsterdam, mais sont soupçonnés d’être également retournés à Dieppe avec des armes. Bizarrement, au cours de ce second voyage, les deux hommes ne faisaient l’objet d’aucune surveillance.

Le 4 novembre, la DST déterre à nouveau le bidon dans la forêt et y découvre deux pistolets mitrailleurs, des silencieux, un pistolet automatique et 134 cartouches. Un arsenal devenu la principale preuve à charge du procès bien que la seule empreinte ADN retrouvée corresponde à celle d’une femme.

Arrêté au Portugal, Gary Roche a été extradé au printemps. Quant à Doran, il vit en Irlande, mais n’encourt apparemment pas de poursuites.

BOLTANSKI CHRISTOPHE

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