Fleury-Mérogis : témoignage d'une mère d'un détenu

Publié le par dan29000

Message de la mère d'un détenu de Fleury-Mérogis, merci de le diffuser!

Je voudrais alerter les médias sur la situation de mon fils Ilan (20 ans)
qui est détenu depuis Janvier 2012 à la Prison de FLEURY MEROGIS.
Mon fil Ilan est en détention provisoire.

C’est la première fois qu’il est incarcéré. Son avocat ne fait absolument rien...

Comme les choses n’avancent pas, je compte m’enchaîner devant le Ministère de la Justice, prochainement.

Le Juge d’instruction, fait traîner les choses en longueur et mon fils aurait dû sortir de sa détention provisoire au bout de 8 mois. Quatre demandes de liberté provisoire sous bracelet électronique demandées avec promesse d’embauche. Quatre refus.

Apparemment l’enquête dure encore et la Greffière de su Juge d’instruction que j’ai eu au récemment au téléphone m’a dit que c’est le juge qui décidait de clore le dossier et que pour mon fils cela pouvait jusqu’à 3 années et même au-delà.

Je ne comprends pas l’attitude du Juge car pendant ce temps mon fils perd espoir et moi aussi. Ce dernier a d’ailleurs perdu une partie de ses cheveux et les rencontres qu’il fait là-bas ne vont pas l’aider. De plus, aucune activité au sein de la prison ne lui a été proposée.
Comme vous le savez et la prison n’a aucune vertu éducative, casse nos jeunes et les enfoncent encore plus dans la délinquance (j’entends pour des délits certes graves mais pas assez pour rester enfermé aussi longtemps). Mon fils risque de perdre 3 ans de sa vie et a fêté ses 20 ans en Juin à Fleury.

En Juin dernier, Ilan est déféré devant le Juge des Liberté à Paris et à son retour à la prison s’est fait copieusement tabassé par 4 gardiens gratuitement. Ils lui ont tordu les doigts, et l’on tapé « en lui disant alors qui c’est le patron ici », à ce jour il l’on tellement maltraité qu’il a encore les traces de menottes. Son avocat a pu constater les traces de coups.

Quelques jours, plus tard, j’ai rendez-vous pour un parloir et l’on m’annonce que le parloir est annulé. Je demande pourquoi, on me répond sèchement que l’on n’a pas à me donner d’explication. Je demande si mon fils va bien, même réponse. Là je suis franchement inquiète, je demande à voir un responsable, on me dit que cela n’est pas possible.

Afin de me faire entendre et d’avoir des explications et désespérée, je me suis enchaînée à la grille de la prison avec la chaine de mon scooter. J’ai été reçu par le chef de la sécurité qui a été très compréhensif m’a dit qu’une enquête allait être diligentée mais à ce jour aucun résultat de ladite enquête.

Lundi dernier encore j’avais pris un RV (il faut appeler tous les matins à 7h10 pour s’entendre dire qu’au final il n’y a pas de place avant 1 mois) pour un parloir (travaillant j’ai donc pris une journée), je n'ai pas vu Ilan depuis 2 mois je suis folle de joie et je vais pouvoir le serrer dans mes bras. J'arrive bien à l'heure et là mauvaise surprise parloir annulé. J'essaie de calmement essayer d'obtenir des informations on me dit que je ne verrais pas mon fils et que c'est comme ça. Je hausse le ton et toutes les familles autour me supplient de me taire car ils ont peur.

Là je dis haut et fort que la souffrance des familles n'est pas prise en compte et que je n'ai pas peur des fonctionnaires pénitentiaires et que je veux voir mon gamin puisque j'avais RV et qu'il qui n'a que des tees shirts et des pantalons pour affronter l'hiver. J'avais amené pull doudoune etc.. et bien je n'ai même pas pu laisser les affaires apportées pour lui !!!

On m'a sommée de partir sous peine d'être embarquée par la gendarmerie.

Résultat des courses, l'établissement de Fleury a annulé mon permis de visite ainsi que celui de ma fille.

De plus, j’attire votre attention sur les conditions déplorables des détenus à Fleury Mérogis et dans d’autres établissements pénitentiaires français.

Le 10 mai 2012, deux heures du matin, à la Maison d’arrêt d’Osny (91), dans sa cellule, un prisonnier met le feu à des journaux pour faire une « chauffe », puis son matelas s’enflamme. Très vite le feu envahit les 8 m carrés de la cellule, se propage à ses vêtements…

Il hurle, les flammes lèchent les murs, reviennent sur lui, il est emporté, impossible de fuir, la porte de la cellule est fermée.

La fumée, l’odeur de chair brulée ont alerté ses co-détenus qui tambourinent dans leur porte. Leurs cris parviennent au surveillant du rond-point. Quand ce dernier arrive, il entend les hurlements du jeune détenu. Il pourrait ouvrir la porte et tenter de le sauver, mais il n’a pas la clé, il faut aller chercher le gradé. Le temps d’arriver, c’est fini. Le jeune homme de 20 ans a succombé dans une effroyable souffrance.

Les responsables de la prison ont refusé de communiquer sur ce drame. En prison, la République est celle du non-droit et l’administration pénitentiaire se comporte comme si elle était propriétaire des détenus. Ce temps est celui où le silence s’est abattu sur l’univers carcéral.

De plus cette horrible information n’a jamais été relayée par les médias comme le fait que 3 détenus par jour en France se suicident.

En prison, le suicide est devenu l’acte ultime de la révolte. Par rapport à l’extérieur, les suicides y sont multipliés pas 7… La France détient le triste record des suicides en prison.

Prisons surpeuplées… Cellules vétustes, toilettes et douches délabrées, lits superposés, matelas à même le sol, la crasse dans tous les recoins de la cellule, mauvaises odeurs. Dans les cours de promenade, la violence prête à exploser. La baston quotidienne sur les plus faibles est devenue la distraction des gardiens.

L’hémisphère mental ne résiste plus à l’emprisonnement. Les détenus qui hurlent sont assommés par intraveineuse infligée de force. L’enfermement crée de la maladie psychiatrique. Toute velléité de révolte est durement réprimée ; le mitard, les QHS, (jamais supprimé, seulement rebaptisé en QI – quartier d’isolement-), et pour ceux qui portent la révolte jusqu’au bout d’eux-mêmes, ont fait appel à des surveillants physiquement sur entrainés et armés… (Les IRIS).

Dans les années 50, l’ONU affirmait qu’un homme enfermé devait être libéré dans le même état que celui où il était entré.

Mon fils est dans cet enfer, et j’ai la peur au ventre….

J’espère que mon histoire vous touchera et je désire alerter l’opinion publique sur les conditions épouvantables dans lesquelles sont enfermées des jeunes et qu’une année d’enfermement, c’est toute une vie gâchée.

FIECHI ELISABETH
TEL 06 41 99 05 38

 

 

SOURCE / FB, page LES DETENUS ET LEURS PROCHES

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