Fralib en résistance : réplique de la CGT au PDG d'Unilever

Publié le par dan29000

Réplique des Fralib au PDG d’Unilever Gérard Cazorla, secrétaire (CGT) du comité


de : Ibañez

 

 

 

Réplique des Fralib au PDG d’Unilever

 

 

Gérard Cazorla, secrétaire (CGT) du comité d’entreprise de Fralib, dénonce les contrevérités émises par Paul Polman dans le Figaro. Le syndicaliste demande au président de la République d’envisager la réquisition de la marque Éléphant.

 

Dans le Figaro, le PDG d’Unilever oppose une brutale fin de non-recevoir aux demandes formulées par les salariés de Fralib pour pouvoir relancer, sous forme de coopérative, l’usine de Gémenos que le groupe veut sacrifier  : il exclut de leur céder la marque des infusions Éléphant et de les faire travailler en sous-traitance. Paul Polman s’emploie à justifier l’attitude du groupe, et se livre à un véritable chantage sur le gouvernement (lire ci-dessous). À quelques jours du rendez-vous obtenu – le 31 août – à l’Élysée par les Fralib, le syndicaliste Gérard Cazorla répond, point par point, aux assertions du patron.

Paul Polman. « Nous avons dû fermer l’usine (de Gémenos) car nous souffrons d’importantes surcapacités de production en Europe. » Gérard Cazorla. Pourquoi alors acheter trente machines nouvelles et les installer à Katowice  ? Il n’y a pas surproduction en Europe mais délocalisation en Pologne. À ce propos, nous avons découvert dans un supermarché des boîtes de thé fabriquées en Pologne mais avec le code de traçabilité de Gémenos, alors que notre usine est à l’arrêt depuis un an. C’est une grave fraude que nous portons à la connaissance de l’administration.

Paul Polman. « Nous avons montré pendant deux ans une véritable ouverture au dialogue. »

Gérard Cazorla. Depuis l’annonce de la fermeture, Unilever n’a jamais voulu discuter directement avec nous. Il a fallu l’élection d’un nouveau président de la République pour qu’Unilever participe à une table ronde. Paul Polman. « Le plan social a été validé par les tribunaux. » Gérard Cazorla. Le premier PSE a été invalidé. Le deuxième est en cassation. Le troisième est en appel (audience en octobre).

Paul Polman. « Nous sommes allés bien au-delà de nos obligations légales. » Gérard Cazorla. Effectivement, on est au-delà de la légalité lorsqu’on envoie une milice privée pour empêcher des élus du personnel de rentrer dans leur usine, comme ce fut le cas le 7 novembre dernier…

Paul Polman. « Pas question de céder la marque Éléphant. »

Gérard Cazorla. C’est le même discours depuis deux ans. Éléphant, c’est une marque française d’infusions créée en Provence il y a cent vingt ans dont la notoriété a été forgée par plusieurs générations de travailleurs. Par rapport à Lipton, sa marque milliardaire, c’est une goutte d’eau pour Unilever. C’est donc par idéologie capitaliste qu’Unilever refuse de la céder. Il faut maintenant que le gouvernement de gauche ait le courage politique de réquisitionner cette marque qui fait partie de notre patrimoine national.

Paul Polman. « Si la France ne respecte pas ses lois, il y aura un risque pour les investissements. »

Gérard Cazorla. C’est un chantage lamentable exercé sur le gouvernement socialiste. Jamais Polman n’aurait dit cela de Sarkozy et encore moins de Bertrand, ce ministre du Travail, complice de la multinationale, qui a empêché la publication de la lettre d’observations de la Direccte sur le troisième PSE avant l’audience au tribunal de Marseille. Un vrai scandale d’État  !

Paul Polman. « Pour qu’une société reste vivante, elle doit pouvoir fermer des usines non compétitives. »

Gérard Cazorla. L’inspection du travail vient de refuser le licenciement des élus du personnel de Fralib, car ce motif économique évoqué par Unilever n’était pas recevable. Tous les experts ont en effet montré que notre usine de Gémenos était rentable et plusieurs partenaires se sont manifestés pour travailler avec notre future Scop.

Paul Polman. « Quand on fait des bénéfices, on paye aussi des impôts. »

Gérard Cazorla. Unilever est un champion du détournement d’impôts. Une structure financière a été créée en Suisse pour éviter de payer des impôts en France (plusieurs dizaines de millions d’euros par an) sur les produits vendus sur le marché français mais fabriqués en
Pologne et en Belgique. Hollande doit tenir parole Fin février, François Hollande, candidat PS à la présidentielle, avait été catégorique  :

«  Quand une grande firme ne veut plus d’une unité de production et ne veut pas non plus la céder, il faut qu’elle en ait l’obligation pour que les repreneurs viennent et puissent donner de l’activité. Quel que soit mon avenir, comme président de la République ou député, je reprendrai ce texte.  » En juillet, à l’issue 
de la conférence sociale, l’exécutif a renvoyé toute intervention sur le sujet à une hypothétique négociation entre partenaires sociaux.

Entretien réalisé par Philippe Jérôme

 

 

 

SOURCE / BC

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