Fresnes : une lettre ouverte des prisonniers politiques corses

Publié le par dan29000

 

 

 

Lettre ouverte du collectif des patriotes corses incarcérés à Fresnes



Le 13 septembre, la garde des sceaux, madame Alliot Marie, s’adressant à l’ensemble des élus de la Collectivité territoriale et des parlementaires, affirmait « En ce qui concerne les prévenus, l’article 34 de la loi pénitentiaire qui permet une affectation dans un établissement proche du domicile en attendant le procès dès lors que l’instruction est close, a vocation à s’appliquer en Corse comme ailleurs .


Mr Thierry Casolasco, détenu depuis le 3 juillet 2009 a vu son dossier clôturé le 24 août 2010. De fait il peut normalement bénéficier de l’application de l’article 34. Son conseil a d’ailleurs adressé au ministère de la Justice et des Libertés un courrier dans ce sens. La réponse du ministère infirme ce droit à l’article 34. Elle remet catégoriquement en cause les propos de Madame Alliot Marie. Cette injustice nous est insupportable.


Trois possibilités s’offrent à nous :


La réponse donnée est une erreur, auquel cas elle nécessite une correction.


La réponse donnée est un malentendu provisoire (les dispositions réglementaires n’ayant pas encore été publiées).


La réponse donnée est un choix résolu, auquel cas l’annonce officielle de septembre est fausse et mensongère.


Si cette dernière possibilité venait à s’affirmer, nous aurions assisté place Vendôme à une sinistre farce dont nous ne serions pas les seules victimes. La récente venue en Corse du Directeur National de l’administration Pénitentiaire, Monsieur Lathoud, prétend lever certaines ambiguïtés, mais le constat actuel met en évidence un statu quo de la situation. Cet exemple montre comment la loi est contournée, sinon méprisée, du moins difficilement applicable dès lors qu’il s’agit de traiter la situation des détenus que nous sommes. Si aujourd’hui Thierry Casolasco n’est pas rapprochable, qui d’entre nous peut l’être ? De fait nous continuons de subir, après l’éloignement et l’exil, l’inhumanité de procédés qui visent à nous atteindre et à nous diminuer.


Nous prenons l’opinion publique à témoin : Nous souffrons d’un quotidien d’exception qui fait de nous des « sans droits ». La question des détenus corses exilés n’est pas d’ordre technique. Elle est avant tout morale et politique. Aussi, à dater du mardi 26 octobre nous entamons un symbolique mais illimité mouvement de grève des plateaux pour protester contre l’actuel refus de rapprochement signifié à Thierry Casolasco. Ce refus nous concerne tous. Que l’on ne se méprenne pas sur notre détermination : notre mouvement se renforcera ou s’arrêtera en fonction des évolutions à venir.


Nous appelons l’ensemble des consciences de l’île à faire valoir nos droits pour que enfin nous puissions TOUS être rapprochés en Corse, près de nos familles et ce, quel que soit l’état de notre dossier. Nous saisissons publiquement la commission permanente de la Collectivité Territoriale pour que les promesses soient tenues, au nom du respect du droit de l’homme


Cullittivu di i patriotti corsi ditinuti in Fresnes

 

 

Source : HNS info 

 

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