Gorée : les esclaves y pleurent encore, un recueil de nouvelles de Georges Holassey

Publié le par dan29000

 

 

 

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Nous chroniquons sur ce site surtout des essais de politique ou de sociologie, et depuis quelques mois des romans, notamment des premiers romans afin de ne pas être esclave de l'actualité, de la notoriété. Pas vraiment la peine de lire des blogs sur le web si c'est pour avoir les mêmes livres que dans les grands médias dominants. Mais nous chroniquons presque jamais de recueil de nouvelles et  c'est sans doute dommage car la nouvelle est un art difficile.

 

 

 

Mais il est vrai que la France n'est pas vraiment une terre de nouvelles, Maupassant est hélas loin malgré que les publications qui se font jour régulièrement. Mais une certaine réserve des éditeurs, et parfois des lecteurs existent.

Alors profitons de ce beau recueil d'un écrivain né à Lomé en 1974 et vivant en France. Cet auteur publie son second livre aux éditions Le Mono après avoir été déjà publié en 2009 aux éditions de L'harmattan avec un livre intitulé "Injustique".

Ce recueil contient onze nouvelles dont la première donne son titre au livre.

Chacune des nouvelles porte un titre. En voici quelques uns :

 

- Mon ami Léon
- Un soir de noces 
- Le cercle des phénomènes 
- Le voyage de l'espoir 
- Le marin déchu 
- L'épave

 

Partout dans le monde, il y a deux sortes de gens, ceux qui partent, et ceux qui arrivent, les autres étant immobiles, très ou trop immobiles. Donc au début du livre, nous sommes en Afrique, là où vient d'arriver un américain, un américain que ceux qui sont déjà là, ont surnommé Donovan.

Donovan c'est un bon nom pour un américain, même si c'est un américain qui vient en Afrique afin de retrouver ses racines. Oui tous les amércains ne sont pas des WASP, loin de là. Là-bas l'américain est tout de suite confronté à une vie rude, si rude qu'elle fait souvent fuir ceux qui sont nés en Afrique, fuir vers l'Europe ou l'Amérique.

Trajets, voyages inversés.

En Afrique souvent une terre de désespoir.

Ailleurs, une terre d'espoir, enfin peut-être.

Et puis, il y a le vin de palme. Le vin de palme qui peut aider, aider à parler, ce que va faire Donovan, qui va expliquer comment il avait auparavant, avec un groupe d'afro-américains, découvert cette île de Gorée. Voir de ses propres yeux la maison aux esclaves, là où ses ancêtres étaient parqués comme des bêtes avant l'embarquement vers l'Amérique lointaine.

Tout avait alors changé dans sa vie.

Après son retour, rien ne fut plus comme avant. Alors il décida de savoir d'où il venait, en pratiquant des analyses scientifiques.

Ensuite il fit sa valise vers l'Afrique, pour la connaître, et pour se connaître.

Et le vin de palme...

Cette nouvelle donne le ton du livre. Un livre qui est une belle respiration, une respiration d'odeurs, de sons, d'impressions, de dialogues, de vies...

Et puis il y a Léon, et Félix et aussi Frédéric,et un voyage vers Dakar, un revenant, sans oublier un vendeur ambulant de livres...

 

Un livre attachant qui donne envie de lire le précédent...

A découvrir séance tenante... 

 

Dan29000

 

Pour voir le site de l'éditeur, c'est ICI 

Et pour celui de l'auteur, c'est LA 

 

Gorée : les esclaves y pleurent encore

Georges Holassey

Editions Le Mono

2010 / 146 p / 15 euros 

 

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EXTRAIT / Page 07

 

Comme toutes ces nuits où la lune brille et éclaire nos rues ténébreuses, nous nous sommes encore retrouvés près du lac bordé d'arbres dont certains, quand le soleil descend sur l'horizon, envoient leur ombre sur cette nappe d'eau qui s'épuise.
Assis dans le sable, le vin de palme à portée de la main, nous nous confions nos envies, nos désirs de voyager, partir loin de ces terres où nous vivons au jour le jour, sans espoir, plus vieux que nos jours, aussi malheureux que nos pères qui vivent moins longtemps qu'ailleurs à cause des soucis de tous les jours.
Des soucis ?... Comment pourrait-on y échapper ? La sécheresse rabougrit nos champs et les récoltes sont de plus en plus maigres. Il n'y a plus de vie autour de nous, à quoi bon espérer que par ici l'avenir sera radieux, que la nature sera plus clémente un jour.

Comme toutes ces nuits de clair de lune, nous nous sommes encore retrouvés entre amis, pour causer ensemble.
On parle de voyages et d'aventures, de ceux qui ont quitté leur famille pour aller chercher une vie meilleure. Ces jeunes qui, las de souffrir, ont pris la mer ou la route et sont partis vers le nord, sans jamais revenir. Ces hommes qu'on a connus, des parents ou des amis, qui ont décidé d'aller vivre sous d'autres cieux pour fuir la misère et tenter de venir en aide à ceux qu'ils ont laissés derrière eux.
On cause ensemble, la tête lourde d'envie de tenter l'aventure.

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