Grasse : début du procès des policiers de la BAC pour homicide involontaire d'Hakim Ajimi

Publié le par dan29000

 

Un appel du comité Hakim Ajimi

Nous avons besoin de votre soutien actif !

 

Du 16 au 20 janvier 2012 se tiendra au tribunal correctionnel de Grasse le procès de 7 membres des ’forces de l’ordre’ (sic) impliqués dans la mort de HakimAjimi, le 9 mai 2008 à Grasse.


Deux policiers de la brigade anticriminalité (BAC) seront jugés pour «  homicide involontaire », un policier municipal et quatre fonctionnaires de Police secours pour « non-assistance à personne en danger. » L’audience publique n’est pas certaine mais le Comité Vérité et JusticepourHakimAjimi appelle d’ores et déjà à une forte mobilisation à l’échelle nationale.

Un rassemblement, en mémoire de Hakim, en soutien à ses proches et pour unir nos forces, aura lieu samedi 7 janvier 2012 à 14h à Grasse, en haut du boulevard Victor Hugo, lieu de l’interpellation mortelle.

Pendant le procès, le Comité espère votre présence active devant le tribunal de Grasse pour :
un rassemblement lundi 16 janvier à l’ouverture des audiences
un point-info chaque jour de cette semaine, de 16h à 18h
une mobilisation vendredi 20 janvier toute la journée.

Nous vous remercions de prendre note de ces nouveaux temps forts d’une mobilisation qui dure depuis 4 ans afin que la famille Ajimi obtienne justice.

le Comité Vérité et JusticepourHakimAjimi


comite_hakim_ajimi@riseup.net

 

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RAPPEL :

PROCES DES RESPONSABLES DE LA MORT D’HAKIM AJIMI,
TRIBUNAL DE GRASSE, 16-20 JANVIER 2012


- Point info tous les soirs de 16h à 18h dans les locaux de la CGT (11, rue Gazan à Grasse, près de la cathédrale).
- Mobilisation vendredi 20 janvier toute la journée devant le tribunal de Grasse.
Attention : l’évolution du procès peut entraîner des modifications quant aux dates et heures de ces rendez-vous. Un mail d’information sur la tenue du procès et la suite des évènements sera diffusé chaque soir.
Merci à celles et ceux qui se mobiliseront à Grasse lors du procès de se manifester rapidement pour que les questions logistiques soient anticipées (hébergement, personnes disponibles pour aider à l’organisation…).

 

 

VOYAGES COLLECTIFS pour la mobilisation du vendredi 20 janvier à Grasse :
- depuis Paris : un véhicule de 9 places partira du local FSQP mercredi 18/01 - Contact : noredine@no-log.org ou fsqp2007@gmail.com.
-  depuis Marseille : départ vendredi 20 janvier au matin, retour à la fin du verdict - Contact : afajry@yahoo.fr et 0613205151
- depuis Montpellier – Contact : justicepourlepetitbard@gmail.com

RASSEMBLEMENTS PARALLELES EN FRANCE, vendredi 20 janvier, pour celles et ceux qui ne peuvent pas se rendre à Grasse pour soutenir la famille AJIMI, et pour rendre visibles le combat des autres familles et collectifs de soutien en France, notamment le collectif qui se crée en ce moment à Clermont-Ferrand autour de la famille de Wissam El YAMNI, qui vient de mourir suite à une autre bavure policière le 31 décembre dernier…  :
- à Paris : devant la fontaine des Innocents à 18h00, à l’initiative de : FSQP, Collectif Dieng, Résistons ensemble, collectif Ziri, Indignés, PIR, NPA, Alternatifs, Fase, Ni macho ni proxos, MIB. Contact : fsqp@fsqp.fr et fsqp2007@gmail.fr
- à Marseille : devant le tribunal de grande instance (6 rue Joseph Autran) à partir de 18h. Contact : sylvie.noguier@gmail.com

 

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Études de cas > Silences et oublis

Omerta dans la polis

Pour Hakim Ajimi... et tous les autres

par Pierre Tevanian, 6 janvier

 

 


Après quatre ans de recours visant à passer entre les mailles du filet, les sept policiers responsables de la mort de Hakim Ajimi, survenue à Grasse le 9 mai 2008, devront comparaître au Tribunal de Grasse du 16 au 20 janvier 2012 [1] A cette occasion, la famille Ajimi et le Comité Vérité et Justice pour Hakim Ajimi appellent à une nouvelle mobilisation active en mémoire de Hakim : rassemblement samedi 7 janvier 2012 à 14h à Grasse, en haut du boulevard Victor Hugo, lieu de l’interpellation mortelle. Une manifestation de soutien aura également lieu à Paris le 7 janvier, Parvis de la Défense à 14h. En guise d’appel à ces rassemblements, le texte qui suit [2] rappelle dans quelle (trop) longue série s’inscrit la mise à mort impunie d’Hakim Ajimi.

Le point de départ de mon intervention sera le titre du livre de Sihem Souid, Omerta dans la police, mais écrit autrement : Omerta dans la polis. En effet, polis, en grec ancien, signifie la cité, la communauté politique, or s’il y a une omerta dans la police, celle dont parle Sihem Souid, elle est indissociable d’une autre omerta qui fonctionne dans un espace beaucoup plus vaste que l’institution policière : l’omerta dans la police ne tient que parce qu’il y a une omerta dans la polis, c’est à dire dans la cité, dans l’ensemble de la collectivité politique, dans le monde politique. Il y a donc une double question : la question des abus, des crimes policiers et de leur impunité, dont parle le livre de Sihem Souid, et dont parle Mathieu Rigouste d’une autre manière, une question qui concerne la police et la justice, mais aussi une question qui concerne plus largement la classe politique, le monde médiatique, bref : tout ce qui constitue un espace public, un lieu de débat et de délibération dans lequel certaines questions n’ont pas droit de cité.

Que veut dire Omerta ?

Le mot omerta a d’abord cet avantage : il permet de penser des actes, des agissements qui peuvent être minoritaires si l’on s’en tient à un point de vue strictement numérique (Sihem Souid parle de 30% de policiers racistes et/ou violents, ce qui fait d’ailleurs une grosse minorité) mais dominants au sens où ils sont très peu dénoncés, combattus, et donc empêchés, et où par conséquent ils « donnent le la » – ou en tout cas ils font partie de « l’ordinaire » de l’univers policier. J’ai envie de dire : si une minorité de 30%, ou même de 10% des agents de police passe à l’acte, profère des propos racistes ou commet des abus de pouvoir, des violences illégitimes, mais si les autres ne s’y opposent pas, cela signifie que dès qu’il y a trois flics, ou cinq, ou dix, on est à peu près sûr de tomber sur un raciste ou un violent qui passe à l’acte, avec les trois autres qui se taisent…

Cela signifie en gros que, même si c’est minoritaire d’un point de vue numérique, ces abus arrivent régulièrement dans tous les commissariats. De la même manière qu’il y a une omerta dans l’éducation nationale, où je travaille, qui fait que, même si on laisse de côté la violence systémique de l’institution, du déterminisme social (ce que Pierre Bourdieu a appelé la « reproduction » et la « violence symbolique » [3]), et si on pose qu’il y a une minorité d’un prof sur dix qui est vraiment méchant, violent, qui abuse de son statut et « casse » des élèves, chaque élève ayant chaque année une dizaine de professeurs, on arrive à la conclusion que tout élève est exposé à ces abus et humiliations  [4].

C’est la même structure dans les deux cas : une violence systémique, dominante, inquestionnée, qui peut très bien être en même temps minoritaire et dominante, justement parce qu’elle est inquestionnée. La différence entre l’École et la Police, c’est que le professeur peut casser, blesser moralement, éventuellement « tuer » scolairement des élèves (en les excluant, pour un foulard ou pour autre chose), mais qu’il n’a pas d’arme à feu, de flashball, de taser… Ni de technique d’étranglement. Le professeur peut condamner un jeune à une mort scolaire et sociale, ou le blesser mortellement sur un plan psychologique, avec des mots, des notes, des sanctions ; pour le policier c’est plus radical, il a le pouvoir de tuer tout court, physiquement, irréparablement.

Je prends donc comme constat de départ qu’il y a une omerta dans la police, chez les flics, mais aussi dans la polis, dans la cité, dans les espaces les plus officiels et les plus dominants de la « vie démocratique », dans les partis, les organisations, les associations, les grands médias, qui sont censés être nos espaces de débat. Il existe évidemment des nuances, quelques associations, quelques élus de gauche courageux, quelques journalistes consciencieux, mais on peut quand même dire globalement qu’il existe un mur du silence concernant les violences policières. Un mur que les collectifs Vérité et Justice arrivent régulièrement à fissurer mais qui, à peine fissuré, est sans cesse re-colmaté – c’est une espèce de combat sans fin. Pour preuve, voici ce que Farida Belghoul écrivait il y a plus de vingt-cinq ans, à l’issue de la deuxième marche pour l’égalité :

« Il est aisé de s’élever contre ce qu’il est convenu d’appeler un crime raciste propre. Ce type de crime, considéré comme tel (ce qui est déjà une chose rare) met en scène dans la bonne conscience antiraciste un beauf dément sans garantie de représentation et une victime qui s’est comportée en bon citoyen sa vie durant. Dès lors qu’un commerçant ou qu’un flic surtout est l’auteur d’un assassinat sur la personne d’un petit délinquant, on assiste à une dispersion totale. Les condamnations véhémentes et morales font place à un silence qui transforme l’appareil d’État et judiciaire, les groupes politiques et l’opinion publique, comme dirait Brecht, en complices. »  [5]

Ma question est justement de comprendre comment ce mur de silence continue à tenir, en dépit de tout ce qui a été fait depuis vingt-cinq ans pour le fissurer. Quels sont les obstacles auxquels on se confronte quand on veut faire émerger cette question de la violence policière, qui est à l’évidence une question politique majeure – mais justement une question qui n’est pas évidente pour grand monde, qui n’est pas majeure pour tout le monde, qui n’est pas politique pour tout le monde, et qui n’est même pas une question pour tout le monde. Et on pourrait justement reformuler le problème comme ça : qu’est-ce qui fait que certaines évidences n’en sont pas, qu’elles n’apparaissent pas comme telles ?

Qu’est-ce qui fait que les consciences morales et les intelligences sont à ce point endormies qu’on ne voie pas, qu’on ne sente pas, à quel point le fait qu’un jeune de vingt ans comme Hakim soit tué est un scandale absolu ?

Qu’est-ce qui explique que cela ne fasse pas la une du 20 heures, mais seulement quatre lignes en page « Faits divers » ?

Qu’est-ce qui explique que cela ne fait même pas réagir ?

Et qu’est-ce qui fait aussi que ne soit pas perçu comme un scandale absolu le fait que ce soit un gardien de la paix qui le tue – en clair : que celui qui est censé sauver des vies prenne des vies ?

Qui parle, de quoi, et comment ?

C’est à partir de ces interrogations-là que je développerai mon propos, de cet étonnement-là, de cette naïveté-là que j’assume. Et justement le mot omerta apporte un début de réponse, car il a aussi l’intérêt de poser la question en termes de parole et de silence. Or c’est justement autour de la parole que tourne ma réflexion : c’est autour de la circulation de la parole, du discours qui se tient ou ne se tient pas sur la question de la violence policière, que se joue à mon avis quelque chose d’essentiel. C’est avec des mots que, pour reprendre une formule de l’écrivain George Orwell, on arrive à « justifier l’injustifiable » [6]. Plus précisément, c’est par une certaine économie de la parole : c’est par des paroles et des silences qu’on endort les consciences et les intelligences, en parlant d’une certaine manière, en parlant de certaines choses et en se taisant sur d’autres, en laissant parler certains et pas d’autres.

Cela m’amène à préciser d’où, moi-même, je parle. Je suis professeur de philosophie, et j’enseigne à des élèves qui ont l’âge et l’origine de ceux qui se font tuer généralement par des policiers – ce qui, Dieu merci, n’est pas arrivé jusqu’à présent à un de mes élèves. Je côtoie donc ces élèves, dans une interaction qui n’est pas exempte de rapports de pouvoir, loin de là, mais qui me permet malgré tout de prendre conscience de cette évidence-là, qui n’en est pas une pour tout le monde : on a affaire à des êtres humains singuliers, qui méritent absolument de vivre absolument, et ce n’est que par un processus de déshumanisation, un véritable travail sur les esprits, qu’on en arrive à l’espèce d’indifférence qui suit des événements comme des homicides policiers.

Je n’ai donc pas d’« expertise » de la question des abus et des homicides policiers comme peuvent en avoir des acteurs sociaux qui vivent la question « de l’intérieur » (les victimes et leurs proches d’un côté, les policiers de l’autre), ou bien des chercheurs qui ont enquêté de près sur la question. J’interviens plutôt comme citoyen, militant, engagé depuis une quinzaine d’années contre les violences, les crimes et l’impunité policière, notamment par le biais d’un média alternatif que je co-anime avec Sylvie Tissot, le site « Les mots sont importants », consacré à la question de la parole, du débat public – une question qui me préoccupe parce qu’il s’agit de lieux de pouvoir, de production et de diffusion d’idéologie, et parce que c’est donc là aussi qu’on doit agir si on veut casser cette espèce de mur d’indifférence et d’insensibilité sur les crimes policiers. Par la publication de livres ou de textes sur ce site, on essaye de produire de la contre-information, de la contre-culture, de la réflexion critique, de manière à élargir au maximum les brèches dont je parlais tout à l’heure, en relayant le travail des collectifs Vérité Justice, et en posant la question du débat public, de son organisation, et celle de l’emploi des mots.

Bref : les mots sont importants, d’une manière générale mais particulièrement sur la violence policière, ce qui signifie plusieurs choses : non seulement que le choix des mots est important, mais qu’il y a aussi, en plus de la question de savoir comment on parle, la question de savoir de quoi on parle, et qui parle.

La question « qui parle ? » pose d’emblée une autre question : « qui ne parle pas ? ». C’est le premier problème à soulever : la distinction qui est établie entre ceux qui ont droit à la parole, ceux qu’on écoute, qui ont du crédit, et ceux qui n’ont pas la parole – par exemple : les policiers d’un côté, et de l’autre leurs victimes. Ensuite, avant même de savoir si on parle bien ou mal de tel problème, de tel événement, de telle affaire, en l’occurrence de tel crime policier, encore faudrait-il qu’on en parle – d’où ma seconde question : « de quoi on parle ? », qui a elle aussi son envers : « de quoi on ne parle pas ? ». Et puis enfin, une fois qu’on parle de quelque chose, se pose la question de savoir comment on en parle : quels sont les mots qu’on utilise, et là aussi le choix suppose une élimination. On emploie un mot et pas un autre – et de fait, il y a des termes extrêmement pervers qui viennent polluer la réflexion, qui endorment les consciences et qui empêchent de penser la réalité et la gravité de ces événements.

Des paroles et des silences

Comme je le disais à l’instant, la question « de quoi on parle ? » implique automatiquement une exclusion : on ne peut pas parler de tout à la fois, et par conséquent choisir de parler d’une chose, c’est aussi exclure tout le reste, tout ce dont on ne va pas parler. Quand on choisit un « sujet de discussion », quand on pose une « question », avant même d’avoir énoncé une réponse, on affirme déjà quelque chose qui ne va pas nécessairement de soi : on affirme qu’il s’agit d’une question importante, sérieuse, grave, « préoccupante » comme disent les journalistes. C’est vrai pour les politiques – c’est la question de ce qu’ils appellent leurs « priorités » – et c’est vrai pour les médias – c’est la question des « choix éditoriaux », de la « mise en perspective », qui implique une « hiérarchisation de l’information » : qu’est-ce qui fait la une du 20 heures, qu’est-ce qui est relégué en fin de journal, dans la rubrique « Brèves » ou « Faits divers », et qu’est-ce qui est purement et simplement écarté, éliminé ?

Je pourrais reprendre ici la formule d’un philosophe, Gilles Deleuze, qui définissait le consensus justement de manière négative : le consensus, c’est un accord au sein d’un groupe, mais pas forcément un accord absolu sur tout ce qui se discute – plutôt un accord sur ce qu’on ne discute pas, un accord tacite au sein du groupe pour que certaines questions ne soient pas posées [7]. Il me semble que cette formule correspond particulièrement bien à ce qui nous réunit aujourd’hui – et que résume bien, encore une fois, le mot omerta. Sur la violence et l’impunité policières, ce qui n’est pas dit, pas posé, pas interrogé, bref : ce consensus ou cette omerta, est partagé par le monde politique et par le monde médiatique, qui sont assez étroitement imbriqués, en tout cas au sommet. S’il y a des brèches, des gens qui travaillent à les élargir (et c’est évidemment nécessaire, ça ne sert pas à rien, loin de là), le constat général reste celui d’un mur de silence.

D’où la nécessité première de faire du bruit, avant même de viser des objectifs comme la justice, l’égalité de traitement, par définition difficiles à atteindre puisque qu’on est justement au cœur d’un système de domination, donc à armes inégales. La question du bruit et du silence, du silence médiatique et du bruit médiatique, est décisive, c’est ce que j’appelle la question quantitative (est-ce qu’on parle beaucoup, un peu ou pas du tout, assez ou pas assez de la question), par opposition à la question qualitative (est-ce qu’on en parle bien ou mal, avec des mots justes ou pas). Il y a d’ailleurs des gens dont le métier est de calculer le bruit médiatique, de compter le nombre de dépêches AFP, le nombre de coupures de presse, le temps de télévision et le temps de radio consacré à tel ou tel événement, tel ou tel problème, telle ou telle « question de société ». Et quand on regarde ce travail, on se rend compte que ce bruit médiatique façonne les subjectivités, les consciences, parce qu’il détermine ce qu’on prend l’habitude de considérer comme problématique ou pas, digne d’intérêt ou pas, important ou pas, préoccupant ou pas, grave ou pas.

Pour le dire concrètement, on a par exemple, d’un côté, automatiquement ou en tout cas fréquemment, en ouverture du journal télévisé ou en une dans la presse, la photo du policier qui s’est fait tuer dans l’exercice de ses fonctions, avec de plus en plus systématiquement la visite sur place du président de la République, ce qui donne une « raison » de plus aux journalistes de faire du bruit sur « l’événement », et à l’opposé on a un silence ou un quasi-silence, et en tout cas l’absence de visite du président ou d’une quelconque personnalité politique, pour l’ouvrier mort dans un accident de travail et a fortiori pour le « jeune » tué par la police. L’événement, car c’en est un aussi, n’est pas traité comme tel : il est relégué en brève dans la rubrique « Fait divers », sans que soit publiée de photo, et même, souvent, sans que le nom ou le prénom de la victime soit mentionné.

Or, pour que l’événement – et au-delà de l’événement, la personne défunte – ait un commencement d’existence dans l’imaginaire collectif, dans la subjectivité du téléspectateur lambda, il faut pour commencer que la personne ait une identité, un nom et un visage. Cela arrive mais c’est l’exception et non la règle, et cela suppose justement que des médias alternatifs fassent le bruit que n’ont pas fait les médias officiels.

Ces médias alternatifs, ce sont des sites internet, des radios locales, des tracts, des manifestations, mais ce sont aussi, et peut-être en premier, qu’on le déplore ou pas, les émeutes. Ce n’est pas un éloge romantique de l’insurrection mais un constat : de qui se souvient-on vraiment ? Qui a, pour la masse des citoyens français, un nom et un visage ? Zyed et Bouna.

 

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