Grèce : les marchés fondamentalement ennemis de la démocratie

Publié le par dan29000

283416 197658910289563 100001363671692 463396 2516930 nLes marchés, fondamentalement ennemis de la démocratie, née en... Grèce!

La réaction des marchés à l’annonce d’un simple referendum et d’une possible motion de censure du gouvernement en Grèce disqualifie définitivement le système économique dominant et disqualifie tout aussi définitivement ses défenseurs. Cette trouille boursicotière me donne, à moi, l’envie de saluer le Premier ministre grec, qui restaure salutairement, pour l’ensemble des quelque 500 millions de citoyens de l’Union européenne, la signification du joli mot de politique.

 

Le système est disqualifié parce que, quand même, à considérer la somme astronomique d’efforts et de rigueur demandés au peuple grec, c’est la moindre des choses que de lui demander son avis, non? Or, rien que l’annonce d’une consultation populaire en Grèce a fait plonger l’ensemble des bourses européennes. Si encore il s’était agi de l’Allemagne, première puissance économique du continent, une telle réaction de panique dans les corbeilles aurait pu s’expliquer, à défaut de se comprendre. Mais la Grèce? Sommes-nous tous si dépendants de la production annuelle de tzatzikis?! C’est du grand n’importe quoi, cette panique.

 

Les marchés sont, en fait, très réactifs et ils ont immédiatement dressé le décor de la future campagne référendaire, alors que la question qui sera posée au grecs n’est même pas encore rédigée! On sait simplement qu’elle portera sur le plan de rigueur qui doit être administré aux Grecs, façon suppositoire acide.

 

Qu’importe! Quelle que puisse être la question, ce sera les «irresponsables» opposés à la rigueur, d’un côté, et, de l’autre,  les «intelligents», la partisans du «on ne peut pas faire autrement», thuriféraires de la fatalité et du renoncement... Voilà pour le décor.

 

Les défenseurs du dit système sont, eux aussi, définitivement disqualifiés. Question compétence d’abord: ils sont nuls, archi-nuls. Voilà trois jours, l’un des plus illustres représentants de ces défenseurs se targuait d’avoir sauvé l’euro, l’Europe, et même le monde. Patatras! L’annonce d’un bête referendum ou d’une possible censure du gouvernement grecs par son parlement, et tous les efforts de nos dirigeants sont réduits à néant. Ce que derniers ne réalisent pas, c’est qu’au fond, on s’en doutait bien, que ça ne marcherait pas. Que c’était trop beau pour être vrai, cette solution de dernière minute avec l’arrivée opportune d’un Père Noël chinois!

 

Disqualifiés, ils le sont moralement aussi. Déjà ils avaient réussi à passer outre la volonté de deux pays européens, dont la France en 2005, en imposant une certaine idée de l’Europe. Et ils s’apprêtaient, au motif que la Grèce était en difficulté, à nous emmener à marche forcée, vers «de plus en plus d’intégration européenne», vers «une meilleure gouvernance européenne», et j’en passe.

 

Et ce Georges Papandréou qui a l’outrecuidance de demander l’avis de son peuple! Mais il est dingue ou quoi? Non, il n’est pas dingue. Je ne connais pas la Grèce, encore moins la politique grecque, mais je sens que ce Premier ministre-là a fondamentalement raison. Et si les Grecs refusent la rigueur? Eh bien, Mesdames et Messieurs les dirigeants européens, il faudra vous remettre au boulot, revoir votre copie et faire preuve (mais il n’est pas certain que vous en soyez capables) d’une imagination dégagée de toute emprise idéologique, ou d’emprise simplement affairiste pour certains.

 

Car il faut quand même se souvenir d’une chose: l’Union européenne a ses contraintes, mais celles-ci ne sont justifiées que par un objectif suprême, défini après la fin du nazisme et des fascismes, et partagé tant par les partisans d’une intégration plus poussée que par les adversaires de cette dernière: le maintien et le développement de la démocratie. Du jour où l’Europe se permet de renier la démocratie, elle scie la branche sur laquelle elle s’est péniblement assise, et elle n’a plus de raison d’être.

 

Allez les Grecs, allez les Grecs, allez! (Air connu...). C’est toute l’Europe qui vous regarde et qui espère.

 

 

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