Grèce : mourir pour la démocratie, par Panagiotis Grigoriou

Publié le par dan29000

Grèce : mourir pour la démocratie


19 novembre 2012

Le renversement de notre vie quotidienne sous le régime mémorandaire nous était si inimaginable il y a encore deux ans, et pourtant parfois, il l’est encore, malgré tout. Nombreux sont ceux qui « n’y arrivent pas » comme on dit, ou peut-être bien s’accrochent comme ils peuvent aux rumeurs pour enfin soupirer : « Non ce n’est plus possible, il y aura une reprise… de l’activité. Nous ne pouvons pas descendre plus bas ». Sauf que d’autres, prédisent la fin (mais alors laquelle ?) pressentie comme étant assez proche, car « il n’y a guère de doute, le but des politiques menées par le mémorandum, par la Troïka et par Angela Merkel, s’apparentent à une mise à mort lente mais certaine ». Voilà que cette dernière doxa, est en passe de devenir majoritaire chez les sujets de la première colonie bancocrate euro-allemande, officiellement décrétée.


Une prise de conscience, accélérée par l’impact des dernières déclarations du personnel politique de la métropole, suite à la « temporisation » relative au déblocage d’une tranche de l’emprunt issu du « plan d’aide plus nécessaire que jamais ». C’est ainsi que les petites et grandes phrases prononcées par nos politiciens corrompus de la Troïka de l’intérieur ne dissimulent plus rien : « Attention, car nous deviendrons l’Iphigénie de l’Europe, c’est en tout cas ce qui serait souhaitable par certains pays de la zone euro » (Yannis Stournaras, ministre de l’Economie, hebdomadaire politique Epikaira – 15/11). C’est d’ores et déjà perceptible, ce sacrifice, tant redouté par le ministre, ex-directeur du centre de recherches du patronat grec et ancien président de la Banque commerciale grecque (Emporiki Bank, entre 2000 et 2004 avant son rachat par le groupe français Crédit agricole lequel s’est retiré de la Grèce en 2012), n’apaisera pas la déesse Artémis… des finances. Bien au contraire, elle sonnera probablement le… commencement de la guerre des Troïkans. Plus terre à terre, Charalambos Athanassiou, ancien haut magistrat et actuel député Nouvelle Démocratie, a proposé l’abrogation du premier paragraphe de l’article 60 de la Constitution, à savoir, « [le] droit des députés d’exprimer leur opinion et de voter selon leur conscience [qui] est illimité ». Selon l’ancien magistrat et ami personnel de Samaras, les députés ne devraient plus s’écarter de la ligne imposée par leurs partis (Epikaira – 15/11).


Ce qui au demeurant, nous donne une idée plus précise de ce que sera la gouvernance européenne par le MES, bénéficiant de l’appui de l’ensemble des « experts », exécutants locaux (politiques ou technocrates). Il s’agira ni plus ni moins, du parti unique européen et mémorandaire déjà en gestation en Grèce, si l’on s’en tient à quelques déclarations officielles faites récemment, par le chef de la Nouvelle Démocratie et Premier ministre, ainsi que par certains ténors du pasokisme… réellement inexistant qui se déclarent prêts à rejoindre « le grand parti unique de la responsabilité ». Les anciens cadres et députés du défunt parti d’extrême droite, LAOS, ont d’ailleurs déjà intégré la (nouvelle) Nouvelle Démocratie depuis six mois. Car le mémorandum, c’est-à-dire l’Union Européenne, le FMI et la BCI, incarnant le rôle des autorités occupantes, utilisant ce nouveau type de colonisation par la dette, ont déjà imposé au moins cela : l’extrême droite populiste installée au pouvoir (LAOS), puis, celle des nazillons (Aube dorée)… étant en position de relève, plus la guerre sociale. Espérons du moins que l’attribution du Prix de la Banque de Suède (Nobel) de la Paix à l’Union Européenne, demeurera son ultime imposture morale, relevée par les historiens du futur, alors poussés à réfléchir sur les questions de l’invention (avortée ?) du totalitarisme financier au XXIe siècle.


Depuis Athènes, nous subissons déjà cette destruction ultime des démocraties (certes boiteuses, mais pourtant potentiellement prometteuses) mise en œuvre, par la bancocratie du tout dernier capitalisme encore plus métaphysique que jamais, en Europe ou ailleurs. Ainsi, imaginer une nouvelle constituante européenne, si possible ratifiée directement par les peuples, comme on se le dit déjà naïvement parfois au Parlement Européen me semble-t-il, ne sert plus à rien. Les âmes (encore) sincères de certains eurodéputés, ainsi que de nombreux citoyens des pays dits centraux (France, Belgique…), n’ont sans doute pas réalisé qu’ils traversent pour l’instant leur 1938 (et ses illusions), tandis que nous, et peut-être bien les Espagnols, les Italiens ou les Portugais, nous subissons l’hiver déjà terrible de 1942. Il y a urgence.


J’ai ainsi voulu en alerter certains de mes amis et amis du blog d’abord par mail, et ensuite via ce billet tous les lecteurs du blog (basé sur ce mail), de notre ultime situation… sans cesse dépassée. Une situation, où depuis l’adoption du mémorandum III, la méta-démocratie a considérablement renforcé son emprise sur nous et sur cette Grèce fantôme, conservant désormais une indiscutable… longueur d’avance, sur les autres fantômes de l’Eurozone. Le hasard (qui n’est est pas un), a fait que je viens de lire le dernier livre de Paul Jorion (Misère de la pensée économique, Paris, Fayard, 2012), ainsi que les récents billets de Jacques Sapir, publiés sur son blog. Leur réflexion est claire, argumentée et même émouvante par sa force, appartenant à la tradition des humanités (ce que de nombreux économistes ne font pas). C’était pour exprimer mon sentiment et en même temps cette observation : les affaires (trop) courantes de la domination bancocrate sur nos destinées dites européennes par euphémisme, en réalité sur nos vies se précisent tout en s’aggravant. D’où certaines réactions éparses mais néanmoins en cascade, ces derniers jours. De nombreux services municipaux sont fermés, partiellement ou totalement à l’initiative des agents dont les emplois sont menacés, certains maires, ont de même rejoint le mouvement. Il y a de quoi s’alarmer.


Hier (dans la nuit de dimanche à lundi 19/11), à l’issue d’une réunion marathon, Antonis Samaras, a annoncé le nouveau décret ministériel, consacrant la mise en place d’un « mécanisme de contrôle budgétaire automatique » exigé par nos « créanciers », « mesure, qui vise - selon Le Figaronotamment les finances jusque là largement incontrôlées des collectivités locales et grandes entreprises publiques, prévoit un suivi mensuel assorti de corrections (augmentation des impôts locaux, mutations obligatoires de personnel...) en cas d’écart, selon la presse ». Sauf que Le Figaro n’a pas lu jusqu’au bout apparemment, la presse grecque de ce matin. Car « notre » Premier ministre-pantin Merkelochrome, a également précisé que dorénavant (et selon le dictat de Berlin et des autres financiers usuriers du notre vaste… para-monde), certaines mesures (mémorandaires) seront alors adoptées par décrets en Conseil de ministres, sans validation par le Parlement. Les partis de l’opposition, Syriza en premier, se disent prêts à s’adresser au Président de la « République ».


Grèce fantôme et… triste Allemagne. La recette doctrinale du parti monétariste presque unique, de la société apeurée et divisée, des droits et des salaires des travailleurs réduits (pas encore à néant certes), cette recette appliquée déjà en Allemagne par ses élites dominantes, autrement-dit, leur vision et version du méta-capitalisme rapace, est en phase d’être imposée au reste de l’Europe, avec la complicité et la docilité des élites « nationales ». Le cas échéant, en mobilisant des arguments d’une certaine métaphysique, forcement moralisatrice de la « bonne gestion », voire ceux, issus d’un certain culturalisme néocolonial, qui à part renforcer certains stéréotypes d’un sentiment anti-allemand plus profond que jamais en Europe du Sud (déjà) depuis 1945, aura peut être le… mérite de faire exploser (ou imploser) l’Union Européenne plutôt que prévu, (par ses propres contradictions et par la nouvelle géopolitique du monde actuel). Rappelons que comme le remarque Le Figaro (!), « selon l’institut du travail de l’université de Duisbourg-Essen, plus de 6,5 millions de personnes en Allemagne, soit près de 20 % des travailleurs, toucheraient moins de 10 euros brut de l’heure. Le chiffre est surtout inquiétant concernant les très petits salaires : 2 millions d’employés gagnent moins de 6 euros de l’heure et, dans l’ex-RDA, ils sont très nombreux à essayer de vivre avec moins de 4 euros par heure, c’est-à-dire moins de 720 euros par mois pour un temps complet. La population touchée par cette précarité est celle qui n’a pas le choix de son emploi pour cause de faible qualification : les moins de ­25 ans, les étrangers, les femmes. Cette situation est unique en Europe, explique l’étude, qui rappelle que les autres pays de l’Union ont instauré presque tous une loi fixant un salaire minimum. Ce n’est pas le cas en Allemagne, où chaque branche d’activité dispose de sa propre grille de salaire, négociée avec les syndicats. Ce système est profitable aux secteurs de l’industrie très syndiqués, comme l’automobile et la métallurgie. Mais dans les services, atomisés en de multiples secteurs très différents, le système se fait au détriment des employés. C’est au cours des dix dernières années, qui coïncident avec les réformes sociales très dures de l’ère Schröder, que le phénomène s’est amplifié. Le nombre de travailleurs pauvres a ainsi augmenté de 2 millions depuis 2000, particulièrement avec le recours au travail à temps partiel. »


En attendant, cette situation n’est plus unique en Europe, les administrateurs de la Grèce en savent quelque chose, car déjà (les créanciers), « nous dictent la loi, en nous mettant le pied sur la gorge », selon la déclaration, c’est-à-dire l’aveu, du ministre de la Justice Antonis Roupakiotis (également reproduite par notre presse prétorienne). Après, il ne faut pas s’étonner des réactions, voire des résistances. Comme cet appel à l’initiative d’Aristomène Syngelakis, élu municipal à Vianno, un village martyre en Crète, ayant connu un sort analogue à Oradour sur Glane durant l’occupation allemande (de 1941). Syngelakis a appellé à boycotter la troisième conférence gréco-allemande des collectivités territoriales, organisée (la semaine dernière) comme tout le monde sait ici, par Hans-Joachim Fuchtel, Ministre allemand chargé du « portefeuille grec », autrement-dit notre administrateur colonial. Et visiblement, la conférence ne s’est pas déroulée dans un climat… propice, car certains manifestants, ont lancé (comme on sait également) bouteilles et verres en plastique sur les membres de la délégation allemande, dont le Consul de ce pays à Thessalonique, alors victime... d’un gobelet de café.


Dans le même ordre d’idées et d’actes, il y a seulement quelques jours, la rencontre entre Venizélos (chef du Pasok), et le Gouverneur de la banque de Grèce fut annulée de fait par les manifestants-petits porteurs ruinés (lors de la décote imposée à leurs portefeuilles en février 2012). Très en colère, ils se sont attaqués à la voiture du chef Pasokien, et c’est finalement la police, non sans peine, qui a sauvé… ce grand homme politique du pays. Finalement, la rencontre reportée par la force… des choses, s’est tenue à l’intérieur du Parlement, car (selon la presse), il s’agit du bâtiment le mieux gardé à Athènes en ce moment. D’ailleurs, c’est pour cette même raison, que l’ex Premier ministre Simitis (il avait « préparé » l’adhésion de la Grèce à la zone euro), vient de déménager son propre bureau politique depuis le centre-ville, à l’intérieur du bâtiment de l’Assemblée, (un privilège, réservé à tout ancien Premier ministre). A part la presse américaine qui a aussitôt évoqué les faits déroulés à Thessalonique (voir aussi le dernier billet sur ce blog), la presse allemande évidement lui a consacré de nombreux reportages. Angela Merkel s’en est même émue parait-il. Son diplomate n’a certes pas souhaité déposer plainte minimisant l’incident, néanmoins, trois syndicalistes ont été arrêtés et inculpés le lendemain pour « faits graves », car la presse grecque pro-gouvernementale, ainsi que le microcosme mémorandaire ont mobilisé toute leur énergie afin d’identifier les « grands coupables » qui comparaissent ce lundi après midi devant le juge à Thessalonique.


Eh oui, c’est… un peu fort de café comme on dit, mais ces dernières semaines, le mélange de désespoir, de ras-le-bol, mais aussi de volonté d’agir et de conserver notre dignité est étonnant et potentiellement détonant. Et on sait combien le pouvoir a aussi peur de nous. Samedi par exemple (17/11), lors de la manifestation en mémoire de la révolte des étudiants contre la dictature (en 1973), et pour la première fois, toutes les stations de métro du centre ville d’Athènes ont été fermées par la police. Mes amis et moi, nous avons été obligés à faire usage de la voiture pour nous rendre au centre-ville, et là, nous avons aussitôt découvert que les artères en direction du centre, étaient également bloquées par la police, ce qui nous a obligé à nous garer alors loin, pour finalement participer à la manifestation. Étrange affrontement muet : rues vides et de nombreux policiers postés aux intersections, en train d’observer les citoyens qui convergeaient vers les lieux des rassemblements, où d’ailleurs toute la gauche était présente. L’ambiance était enfin... humaniste (oui, nous avons urgemment besoin... d’humanisation). C’est dans le même ordre d’idées, que la grande manifestation d’il y a dix jours, place de la Constitution, lors de l’adoption au « Parlement » du mémorandum III a été violemment dispersée par la police.


La répression se radicalise, la pseudo-démocratie perd ses masques, pas plus tard que la semaine dernière, le ministre de l’Intérieur, Dendias, a déclaré lors d’un débat télévisée : « nous ne devons plus constitutionnaliser notre action politique à tout prix » ? C’était en réponse à une question relative à certaines décisions du conseil d’État (ainsi que d’autres juridictions), jugeant une partie des mesures du mémorandum III inconstitutionnelles. La dictature est désormais visible. Et le stade suivant (armée, police ou eurocorps ?) ne tardera pas je crois. (Sauf autre issue enfin heureuse !) Les citoyens français ou belges par exemple, ne l’ont pas encore compris me semble-t-il. Le passage à l’acte historique (et hystérique) est déjà en cours. Je reste pourtant optimiste sur le plus long terme. Une prise de conscience (certes tardive) est également en cours. Est-ce nos générations celles qui connaitront le renversement (ou le chaos final), ou celle par exemple de nos enfants (?), je l’ignore. Je suis par contre (presque) certain que le chaos (premier) c’est pour assez bientôt.


Dimanche (18/11), Syriza a organisé une rencontre citoyenne, à la mémoire de Sotiris Petroulas, ce jeune étudiant en économie de 23 ans, appartenant à la jeunesse de gauche, grièvement blessée par une grenade de gaz lacrymogène qui a explosé sur sa tête et dont la mort finale a été causée par strangulation lors d’une manifestation au soir du 21 juillet 1965. La police avait fait aussitôt disparaître le corps jusqu’au lendemain, où quelques Lambrakidès (membres de la jeunesse Lambrakis) découvrirent un groupe d’agents en train d’enterrer Petroulas à Kokkinia. Mikis Theodorakis fut alors prévenu. Aidé par la population du quartier, il réussit à se faire remettre le corps. Le lendemain, des centaines de milliers de personnes accompagnaient le mort de la cathédrale d’Athènes au cimetière. Dimanche (18/11), ses anciens camarades et acteurs directs des événements ont apporté leurs témoignages, visiblement émus. La gauche a aussi besoin de sa mémoire. L’extrême droite aussi.


Devant les locaux, un homme se déclarant proche de l’Aube dorée, a engagé une discussion animée avec les militants et sympathisants du parti de la Gauche radicale : « Alors vous, vous n’êtes pas par hasard responsables des trahisons du passé ? » - « Nous n’irons pas discuter avec toi maintenant, ceci n’a aucun sens, viens écouter au moins… ou alors rentre chez toi… » - « C’est vous les fascistes, moi, j’ai toujours voté à gauche, c’est-à-dire Pasok avant la trahison » - « Félicitations, c’est d’abord le Pasok qui a fascisé notre société, honte… » Le quartier dont la présence immigrée est importante, demeure un territoire où la Gauche radicale (et la gauche tout court) s’affronte souvent face aux adeptes de l’Aube dorée. D’ailleurs, l’affiche annonçant la commémoration, collée sur le mur du bâtiment, cachait mal un slogan aubedorien. Temps tranchants, comme (presque) toujours.


J’ai rencontré Pétros dans la salle, un vieux militant de l’aile gauche de Syriza. « Je suis triste. Mon ami Thanos, architecte connu et primé pour ses réalisations, installé depuis des années à Kastoria [au Nord de la Grèce] nous quitte pour le Canada. Il a mis fin… à son union libre avec Alexandra et il émigre à 46 ans, car enfin, il a trouvé du travail. Ici je mourrai, plus aucune activité… ». Ce même dimanche dernier, un auditeur a laissé ce message sur Real-FM : « Je vis désormais au Canada. Je suis informaticien. En Grèce je travaillais pour 700 euros par mois, dans l’indignité et désormais ma vie n’avait plus aucun sens. Je ne retournerai plus jamais en Grèce car ce pays m’a trahi, ici je gagne dignement ma vie, je demanderai même la nationalité canadienne ».

Le neveu de Sotiris Pétroulas, (et son parfait homonyme), a exposé la memoire de sa famille. « Nous avons déposé plainte contre l’Etat pour meurtre. C’est ainsi que ma famille a été condamnée à payer une forte amende. En plus, jusqu’aux années 1980, on ne nous autorisait pas à acheter une sépulture définitive pour notre Sotiris. La plaque commémorative rue du Stade a été brisée à deux reprises. Durant la période où Dora Bakoyanni (fille de l’ancien Premier ministre – Nouvelle démocratie, Constantinos Mitsotakis) était maire d’Athènes (1992-1993), elle a voulu faire disparaître les plaques commémoratives du centre ville, dont celle de Sotiris Pétroulas, particulièrement visée par cette mesure qui n’a pas été adoptée à l’époque, grâce à la mobilisation populaire ». Une camarade de lutte de Sotiris Petroulas prit la parole : « en 1965, nous revendiquions tous nos droits, et nous étions d’ailleurs conscients que le régime était pré-dictatorial. Mais nous nous considérions comme étant les enfants de la civilisation humaniste, de la dignité et de l’honnêteté. Nous étions prêts à mourir pour la démocratie. Cette culture humaniste, ses valeurs, nous ne les avons pas transmises à nos enfants, pas suffisamment en tout cas, voilà mon autocritique. D’où la situation actuelle… »

Ce lundi midi, les radios annoncent les nouvelles… nouvelles mesures. Le procès des syndicalistes du… café consulaire à Thessalonique a été reporté pour le 28 novembre, déjà les témoins policiers ne se sont présentés à l’audience. « Le Parlement est comme en exil » déclare Alexis Tsipras ce lundi, tandis que les autres partis de la gauche appellent le peuple à la désobéissance totale. Certains auditeurs sur Real-FM, estiment « qu’il faut cesser toute transaction avec l’Etat et ne plus rien payer, taxes, impôts ou cotisations, tant que la Grèce reste occupée ». Samaras s’empresse à présenter « ses » nouvelles mesures lors de l’Eurogroupe de demain. Sauf que déjà une nouvelle bataille s’annonce. Le ministre de la police, Dendias prépare ses plans d’attaque selon le reportage radiophonique, car de nombreuses administrations sont occupées. Soleil de lundi après-midi devant un café d’Athènes : « Samaras devrait rester à Bruxelles et pour toujours, basta… » Nous sommes fatigués de la Grèce fantôme. Seuls nos animaux adespotes (les éternels sans maître, errants et sans troïkans) nous observent toujours apathiques. Nos syllogismes collectifs entrent en ébullition, mourir pour la démocratie, ou mourir tout court ?

 


Panagiotis Grigoriou



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