Grèce : témoignages des lynchés pour leur couleur de peau

Publié le par dan29000

[SOCIÉTÉ] GRÈCE : LYNCHÉS POUR LEUR COULEUR DE PEAU

   Publié le 07 décembre 2012

‎[SOCIÉTÉ] GRÈCE : LYNCHÉS POUR LEUR COULEUR DE PEAU

 

 

 

Le témoignage d’Hassan Mekki est devenu tristement commun. Ce migrant soudanais de 32 ans est venu en Grèce pour trouver une vie meilleure, loin du conflit qui ravage son pays. Cinq mois à peine après son arrivée, il a été victime d’une sauvage agression. Au mois d’août, alors qu’il marchait à travers Athènes en compagnie d’un ami mauritanien, des motards brandissant des drapeaux grecs et hurlant «Rentrez chez vous, les noirs!» l’ont frappé à la tête. Hassan Mekki ne s’est réveillé que quelques heures plus tard, couvert de sang. Ses agresseurs –qu’il soupçonne d’être proches du parti l’Aube Dorée- l’ont marqué à vie de deux croix dans le dos. «Je n’ai pas les papiers nécessaires, donc je ne peux pas demander de l’aide. Je ne dors plus. J’ai peur qu’ils me suivent, que ma vie soit en danger», a-t-il expliqué à l’agence Reuters, sans montrer son visage.


L’agression sauvage dont il a été victime est l’expression la plus violente du ressentiment de certains Grecs envers les immigrants illégaux en cette période de crise économique, où le chômage touche un habitant sur quatre. En témoigne le succès électoral du parti d’extrême-droite, l’Aube Dorée, aux dernières législatives. Cette mouvance néo-nazie a recueilli entre 6 et 8% des voix, permettant son entrée au Parlement grec en mai dernier.


BLESSÉ, IL PORTE UNE CHAÎNE EN MÉTAL
AUTOUR DU COU… ET EST INTERPELLÉ PAR LA POLICE


Dans le long article de l’agence Reuters, un autre témoignage vient renforcer celui d’Hassan Mekki. Il s’agit du récit d’un Egyptien, Waleed Taleb. Employé dans une petite boulangerie de l’île de Salamine, le jeune homme a eu le seul tort de réclamer son salaire impayé. Ce qui a suivi a été terrible: son patron et deux autres hommes lui ont attaché une chaîne métallique de huit mètres de long autour du cou, et l’ont entraîné vers une étable. Un quatrième homme les y a rejoints. Là, l’Egyptien a été attaché à une chaise et frappé. Alors qu’il était parfois inconscient, ses agresseurs lui faisaient boire de la bière –qu’ils buvaient eux aussi- et se moquaient de lui car il était musulman. «Ils m’ont promené comme un chien. Je pensais que c’était la fin pour moi. Je m’évanouissais et, à chaque fois, ils me frappaient avec des tiges pour me réveiller.»


Le calvaire de Waleed Taleb a duré 18 heures, au bout desquelles ses ravisseurs l’ont laissé partir dans un moment d’inattention. Mais cela n’était pas la fin des problèmes pour l’Egyptien: emmené aux urgences après avoir été trouvé dans la rue, avec la chaîne métallique toujours autour du cou, l’homme a été interpellé par la police car sans-papiers. «Tout le monde pouvait voir que je souffrais. Je ne pouvais même pas voir, et je ne pouvais pas manger. J’ai cru que j’allais mourir», a-t-il expliqué à l’agence de presse, un mois après son agression.

Son employeur a été arrêté mais relâché après trois jours de détention dans l’attente de son procès. Cet ancien maire de Salamine a admis avoir frappé Waleed Taleb –même s’il rejette le reste des faits- mais accuse sa victime de lui avoir volé 13000 euros. Les complices présumés ont été inculpés, puis libérés à leur tour. Pendant ce temps, Waleed Taleb a passé un mois dans un centre de rétention et s’est vu notifier une obligation de quitter le territoire sous 30 jours. Mais devant le tollé provoqué par cette énième agression, son expulsion a été suspendue par un ministre. «Si nous ne condamnons aucune de ces personnes, rien ne changera. Et alors tout le monde pensera qu’ils peuvent s’en sortir», a expliqué Nikitas Kanakis, qui dirige l’antenne grecque de Médecins du monde.

 

 

 

SOURCE / NEGRONEWS.FR

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