Grenoble, capitale de l'action sociale ou capitale de la chasse aux Rroms ?

Publié le par dan29000

 

 

 

Pour les Roms, la Capitale de l’Action Sociale applique la politique de la terre brûlée

lundi 20 décembre 2010 par Ceux derrière qui l’herbe repousse  

Le contexte pour mémoire :


Dans la nuit du 30 novembre au 1° décembre, profitant de la chute de 25 cm de neige sur l’agglomération grenobloise, le Président de La Métro et le Maire de Grenoble, après accord avec le Préfet de l’Isère, procèdent à la fermeture du Camp des Roms du Rondeau. Quelques solutions précaires ont été préalablement mises en place pour des familles avec enfants par le CCAS de Grenoble et le Secours Catholique. Les autres, une bonne trentaine de personnes dont 6 femmes se voient obligées, sous peine d’intervention policière de se rendre par leurs propres moyens dans un garage sordide, non chauffé au 19 rue Prosper Mérimée. Une scène d’exode honteuse, une mise à l’abri inhumaine. Les Roms y resteront 6 nuits, contraints le jour à errer dans la ville. Certains fuiront en Roumanie. Le 6 décembre à 8h du matin ce local est fermé, il fait trop bon et le Préfet joue au yo-yo avec les niveaux du Plan Grand Froid, sans aucune manifestation publique de nos élus socialistes.


Les deux nuits suivantes, soit le 6 et le 7 décembre au soir, 15 de ces Roms, n’ayant pu trouver aucune solution d’hébergement, et le Camp du Rondeau ayant été consciencieusement rasé par les tracto-pelles de La Métro dès le 1° décembre au matin (eh oui ! Ils ont travaillé sous la neige), sont allés squatter les pièces déjà surpeuplées du 38 rue Pascal où sont empilés les Roms pris en charge par le CCAS. Un petit ghetto, qui n’est pas sans poser des problèmes de voisinage.

Le 8 décembre au matin, opération du CCAS épaulée par une forte délégation de la Police Municipale et de la Gendarmerie Nationale. Les médias ayant été mobilisés, seuls les squatters sont expulsés, les autres restant dans les lieux sous surveillance.


Source : DL Christophe AGOSTINIS

Le 15 décembre un Flash Info sidérant sur France Info :

En Haute-Garonne, une propriétaire a trouvé une solution radicale pour faire fuir un locataire au chômage qui ne pouvait plus la payer : elle a fait enlever, début octobre, les portes,les fenêtres, les volets. Il fallait y penser par cette période de trêve hivernale.

Les liens sur le site de France Info, et de la Dépêche du Midi, mis les jours suivants : http://www.france-info.com/france-r...

http://www.ladepeche.fr/article/201...

Dans le même temps à Grenoble, c’est le CCAS qui applique la même méthode :

Pour éviter que les Roms à la rue depuis la destruction du Camp du Rondeau ne viennent à nouveau squatter l’immeuble de la rue Pascal, l’opération du 8 décembre n’ayant porté que sur l’immeuble lui-même, les 2 garages (l’un donnant sur la rue et la cour, l’autre sur l’arrière du bâtiment, cf photos ci-dessous) sont amputés de leurs portes, afin d’éviter aux sans abris la tentation de s’y installer. Il fallait y penser, alors que le Réseau Alerte réclame à cor et à cri l’ouverture de lieux d’hébergement et dénonce une situation où de nombreuses personnes restent à la rue.



Simultanément un autre exemple de la politique de la terre brûlée : le Camp des Roms de Stalingrad fermé en septembre est enfin rasé :


Vous vous rappelez, le 21 septembre le CCAS de Grenoble dans une action commando, fermait le Camp des Roms de Stalingrad / La Bifurk (cf. : http://grenoble.indymedia.org/2010-...), rasait les baraques des Roms, condamnait la maison autour de laquelle il s’était développé et laissait soigneusement tout le merdier, dont des bouteilles de gaz (cf aussi le dossier du journal Le Postillon N°7 d’Octobre 2010)


Le 4 décembre tout était dans le même état, sauf ce qui avait été récupéré par les "passants qui passaient". La maison ouverte semblait être squattée.


Le 6 décembre, tiens, y a du neuf la Mairie de Grenoble a installé une pancarte : "(...) Afin d’améliorer votre cadre de vie, la Ville de Grenoble va procéder à la démolition de la 2° maison des embranchés, du 2 décembre au 17 décembre 2010. Coût de cette opération : 12.000 Euros"(1). Une entreprise est déjà à pied d’œuvre.



le 15 décembre, tiens donc ! Le jour même de la brève de France Info, au même moment qu’on enlève les portes des garages de la Rue Pascal, la maison n’est plus qu’un tas de gravats. Personne ne pourra plus la squatter, pour s’y mettre à l’abri.

On n’a encore rien trouvé de mieux que la politique de la terre brûlée pour se débarrasser des envahisseurs.

Il ne restent aux Roms qu’une issue : fuir au plus tôt la Capitale de l’Action Sociale.


(1) Pour info, le coût d’environ 20 caravanes justes valables à être posées sur un terrain.

 

Source : Indymedia Grenoble

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