Grippe A : "Pas de vaccin contre la pandémie dont crève la société" par Arlette

Publié le par dan29000

arlette.jpgLe gouvernement français essaie donc de bazarder une partie au moins des stocks de vaccins contre la grippe A qu’il a sur les bras. Sur les 94 millions de doses achetées, à peine 5 millions ont été utilisées.

En bons VRP pourtant, plusieurs ministres se sont succédé depuis l’été pour expliquer à quel point il était vital de se faire vacciner. Une explication utile, peut-être, mais qu’y avait-il derrière ? Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, avait même convoqué les caméras pour immortaliser sa propre vaccination ! Passons sur le fait que celles et ceux qu’on invitait à se faire vacciner ont souvent eu droit à plusieurs heures de queue devant les salles de sport transformées en dispensaires, tant il y avait de pagaille dans l’organisation de la vaccination.

Depuis le début de cette affaire, un certain nombre de scientifiques se sont élevés contre ce tapage gouvernemental et le coût que l’achat de ces doses de vaccin à représenté. 869 millions d’euros, l’équivalent du déficit de l’ensemble des hôpitaux publics.

Le gouvernement se défend en invoquant le “principe de précaution”. Et d’affirmer que lorsque la commande a été passée, on ignorait si cette forme de grippe était grave ou pas, et on ne savait pas bien s’il fallait deux doses ou si une seule suffisait.

“Principe de précaution” ? Mais nombre de sommités médicales rappellent que cette somme consacrée à une maladie dont on ignorait la gravité dépasse, et de loin, le budget alloué pour cinq ans au Plan cancer, c’est-à-dire à la recherche pour soigner une maladie dont on connaît la gravité.

“Principe de précaution” ? Comme si ce gouvernement se souciait à ce point du sort de la santé de la population ! Toutes ses réformes concernant la santé visent à diminuer l’accès des classes populaires à des soins convenables. Où est le “principe de précaution” lorsqu’on supprime des hôpitaux ou des maternités de proximité ? Où est-il lorsqu’on réduit le personnel hospitalier ? Où est-il lorsqu’on diminue les remboursements, de soins comme de médicaments, et qu’on augmente le forfait hospitalier ? Le gouvernement se moque de l’accès aux soins de ceux qui n’ont pas d’argent.

Alors, si “principe de précaution” il y a eu dans cette affaire, il ne concernait pas les malades, mais le profit des laboratoires pharmaceutiques. Les quatre trusts de l’industrie pharmaceutique qui ont vendu au gouvernement français les 94 millions de doses de vaccin contre la grippe A, ont de quoi se frotter les mains. Ils continuent d’ailleurs à produire à plein régime car ils n’ont livré qu’environ la moitié de la quantité achetée par le seul gouvernement français. Le pic de la grippe est peut-être passé, mais elle continue à produire du profit. Bien sûr, on peut se dire que gaspillage pour gaspillage, il vaut mieux gaspiller dans le domaine de la santé que d’aider à fonds perdus les banquiers. Mais l’un n’empêche pas l’autre !

Lorsque le gouvernement a débloqué des dizaines de milliards pour les banquiers, il a prétendu que c’était pour sauver le système bancaire, c’est-à-dire l’économie mondiale. Lorsqu’il a versé des milliards aux patrons et actionnaires des grandes entreprises de l’automobile, il a prétendu que c’était pour sauvegarder des emplois. Le virus A est arrivé à point nommé pour servir de prétexte à un coup de main à l’industrie pharmaceutique, alors que tant d’autres maladies, à commencer par le paludisme, font des millions de victimes dans le monde, chaque année.

Les raisons invoquées varient mais la préoccupation reste la même : comment aider les grands groupes capitalistes à maintenir leurs profits et à enrichir leurs actionnaires malgré la crise.

Ces grands trusts qui dominent la vie économique et dont les gouvernements ne sont que les serviteurs politiques vivent en parasites sur la société, avec l’aide ou par l’intermédiaire de l’État.

La capacité de nuisance du virus H1N1 est sans commune mesure avec le parasitisme de ces grands trusts. Et il ne s’agit pas d’un phénomène saisonnier mais d’une grave maladie sociale dont la société ne pourra se débarrasser que par l’expropriation de ces trusts. Ce qui signifie mettre fin à tout ce sur quoi repose leur pouvoir social : la propriété privée des moyens de production, l’économie de marché et le capitalisme.
ARLETTE LAGUILLER / LUTTE OUVRIERE

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