Guadeloupe : grève générale illimitée à partir du 14 décembre

Publié le par dan29000

 

 

 

 

Pointe-à-Pitre. 8 décembre 2010. CCN.

 

 

 

 

Une semaine avant la date désormais fatidique du 14 décembre – qui mettra un terme à l'ultimatum lancé le 26 octobre dernier – LKP a réuni la presse. Pour l'occasion, une délégation de syndicalistes martiniquais, membres du Kolektif 5 févryé (K5F) avait fait spécialement le déplacement. Pendant 45 minutes d'échanges avec la presse, les deux principaux leaders du LKP, Elie Domota et Jean-Marie Nomertin, n'ont pas eu de mots assez durs pour stigmatiser l'attitude des autorités françaises et des présidents des deux collectivités. Visiblement, LKP a décidé de jouer son va-tout. La mobilisation du 14 risque d'être dure et peut être décisive. Enjeux et explications.

 

 



Deux ans après la grève de 2009, qui avait débuté par la création le 5 décembre 2008 du LKP, le collectif contre la « profitation » qui n'a jamais débandé, est bien décidé à faire monter la pression. Le mouvement social du 14 décembre qui risque d'être dur, est la suite logique de la grosse manif du 26 octobre. Ce jour-là, les coordinations syndicales de Guadeloupe, Martinique et Guyane avaient souhaité faire un « gros » coup en appelant à une grève générale simultanément dans ces trois pays. C'est en Guadeloupe que le mouvement avait été le plus suivi ; près de 20 000 LKPistes avaient déboulé dans les rues de Pointe-à-Pitre alors qu' à Fort-de-France ou Cayenne, la manif avait été un flop, tout particulièrement à Fort-de-France où le K5F s'est passablement émoussé.

En début de conférence de presse, les deux syndicalistes martiniquais, Léo Bertide (UGTM) et Robert Lanoir (CDMT) ont très clairement indiqué que l'état de la mobilisation chez eux ne permettait pas un appel à la grève le 14 décembre. Les organisations restaient cependant mobilisées en soutien à la Guadeloupe, le lendemain, le 15 décembre, Ghislaine Joachim-Arnaud, militante de Combat ouvrier et secrétaire générale de la CGTM serait traduite devant le tribunal français pour « injures racistes ». Ghislaine Joachim-Arnaud avait, lors d'un débat télévisé, osé dire que la « Martinique appartenait au peuple martiniquais et qu'il fallait se débarrasser des exploiteurs békés ». Ghislaine Joachim-Arnaud, également membre du K5F, est d'ailleurs l'objet d'une campagne internationale de soutien. Les dirigeants de Combat ouvrier sont actuellement à Paris, où ils organisent une conférence de presse.

Sinon, Elie Domota, textes à l'appui, a égrené pendant près de 15 minutes, toutes les raisons qui poussent LKP à (re)descendre dans la rue. Globalement, les accords de fin de conflit (février 2009) n'ont pas été respectés, pas plus que l'accord Bino. Mais ce qui semble exacerber la colère du leader du LKP, c'est le fait que le représentant de l'état français et la ministre des colonies aient décider de « squeezer » LKP. Les courriers successifs adressés par le collectif à l'État français ou aux collectivités majeures pour tenter de renouer les fils du dialogue, n'ont pas eu de suite ou alors, le Préfet s'est contenté de manière très sommaire, de répondre au secrétaire de l'UGTG quand c'est le dirigeant de LKP qui le sollicitait. Elie Domota a sans ambigüité indiqué que le refus du dialogue, la fuite en avant du représentant de l'État français, le non-respect des accords signés, les problèmes encore non résolus, les yoyo des prix du carburant, les augmentations des prix à la consommation sont autant de « casus belli » qui obligent LKP à durcir le mouvement.

La question se pose. La mobilisation débute le 14 décembre, ira-t-elle jusqu'à Noël ? Rien n'est impossible car LKP qui a choisi la rue pour se faire entendre, semble vouloir se donner les moyens de faire monter la pression.

Le climat s'y prête. Il y a dans l'opinion un vent de mécontentement qui souffle car d'aucuns s'aperçoivent que malgré LKP, les prix flambent, le chômage persiste et les promesses faites pendant les 44 jours ne sont que des volutes de fumées.

L'autre question qui se pose : comment éviter le pire dès le 14 ? L' État français et son représentant sont-ils prêts à « lâcher du lest », à revenir à la table des négociations ? Rien n'est moins sûr. Il semble bien que l'autisme soit depuis quelques mois la règle.

Les collectivités majeures trop occupées par la « réforme territoriale » et le prochain congrès, sont-elles en mesure d'écouter ce qui se passe dans la rue ?

Va-t-on vers une nouvelle révolte populaire ? Il est certain que l'histoire ne va pas se répéter et que Noël 2010 ne sera pas Janvier 2009. Comment éviter le pire ? Comment LKP sera obligé de suivre sa propre logique ? Elie Domota n'a cessé de répéter que la « mobilisation était l'unique moyen d'être entendu. »

De son côté, Jean-Marie Nomertin très remonté a simplement indiqué, en fin de conférence que « LKP était prêt à aller jusqu'au bout sans rien lâcher ». Est-ce une déclaration de guerre ? LKP a convoqué tous les délégués syndicaux en entreprise pour un briefing préalable. Le Noël 2010 risque bien de ne pas être un cadeau...

Source : CaraïbCréole  News



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