Guérande : Loppsi 2, l'Etat contre les yourtes, l'histoire de Gilles Bernier

Publié le par dan29000

 

 

 

Avant la Loi LOPPSI 2, l'amère expérience de Gilles Bernier

 

 


Édifiant. L’histoire de Gilles Bernier et de ses mésaventures judiciaires dues à la Loi d’Orientation et de Programmation Pour la Sécurité Intérieure laisse songeur quant aux conséquences d’un texte qui appelle à la délation par les élus locaux et chasse des centaines de familles qui ont choisi un mode de vie alternatif. La raison : «Un risque grave d’atteindre à la salubrité, à la sécurité et à la tranquillité publique ».

Gilles Bernier sur le terrain ou était implantée sa yourte.
Gilles Bernier sur le terrain ou était implantée sa yourte.

Pas de doute possible, Gilles Bernier n’est pas un écologiste illuminé, adepte du retour à l’âge de pierre et du « Peace and love ». Né à Clis, père de deux enfants, l’homme est un ancien photographe professionnel qui a roulé sa bosse à travers le monde, notamment en Afrique. À la fin des années quatre-vingt-dix, il s’installe au bord du marais qui l’a vu naître et débute une activité paludière. Il révolutionne sa vie, ses modes de consommations, son appréhension de l’environnement, dans une démarche écologique et économique parfaitement réfléchie.
En 2010, LOPPSI 2 a conduit ce Guérandais de sa confortable yourte à son mini-van, d’une activité paludière et maraîchère lucrative au Pôle Emploi via le RSA, d’un terrain cultivé à une friche, et a disloqué sa famille.

Une vie choisie, harmonieuse et reconnue

« Même les enfants des écoles venaient ici ! »

Les aléas de l’activité salicole vont provoquer un premier déclic : « J’ai vécu la marée noire de 1999 comme un véritable traumatisme. Puis, en 2001, nous avons eu six mois de pluie consécutifs. Je me suis dit que la monoculture n’était peut-être plus d’actualité car trop dépendante d’un équilibre fragile. J’ai cherché à me diversifier sur les marais en proposant des contes, des visites, des marchés historiques ». L’installation d’une AMAP (Association pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne) à proximité va l’orienter vers le maraîchage biologique et un circuit court de distribution aux consommateurs.
Le besoin de logement est un second déclic décisif. « J’avais une petite maison au village, devenue trop petite. J’ai longtemps cherché autre chose pour abriter ma famille, en vain. Les prix ont atteint un point de non-retour pour les gens comme moi », explique Gilles Bernier. En 2005, il pose une première yourte de 30 m2 sur un terrain en friche. « La yourte est un type d’habitat nomade protégé par l’UNESCO. Elle offre beaucoup de confort et a un impact minimum sur l’environnement et le paysage », ajoute-t-il. Pas d’occupation illégale de terrain pour la famille Bernier : « J’étais sur le point de partir et le propriétaire est venu me voir pour me proposer ce terrain. Je lui ai expliqué l’intégralité de mon projet. Il était d’accord ». Libéré de certaines contraintes de la société de consommation, il justifie : « Les gens qui utilisent la cabane, la tente, le tipi, la yourte, l'habitat troglodyte, ont fait des choix avant la crise. Je n’emprunte pas sur 50 ans pour endetter mes enfants ».

Il entreprend alors de cultiver la terre, projette même de fabriquer et vendre du pain paysan. Économiquement, l’activité fait vivre la famille. Écologiquement, les Bernier sont en accord avec la nature. « Nous avons mis l’écologie en pratique avec l’utilisation du vélo au maximum, le recyclage de l’eau de pluie. Nous nous sommes appliqués à nous-mêmes des technologies environnementales. C’est aussi très éducatif pour nos enfants, qui ont totalement adhéré au projet. Pourtant, c’est très difficile de changer les habitudes, il faut être vraiment volontaire. Il ne faut surtout pas se couper des autres et garder du lien social », se rappelle-t-il. Mieux encore, on se presse sur le site de la yourte pour mieux manger et s’instruire. « Même les enfants des écoles venaient ici ! », souligne Gilles Bernier.

Traité comme un criminel

« L’Etat fait le nettoyage du territoire »

Les difficultés sont arrivées en janvier 2008 avec la visite des services de la mairie. Dans le même temps, les jeunes cultivateurs de l’AMAP étaient expulsés suite à une dénonciation. « Nous sommes dans le domaine de l’intolérance de la part de certaines personnes, mais je préfère m’inscrire dans le registre de l’incompréhension plutôt que dans la colère », tempère-t-il.
Gilles Bernier est allé rencontrer le nouveau maire, Christophe Priou. Après avoir exposé sa situation, la réponse du député-maire a été claire selon lui : « L’État fait le nettoyage pour raison de sécurité, on ne peut rien pour vous ». Il ajoute : « Raisons de sécurité ? Moi, je lui parlais de salades et démarches bio ! ». Procédure d’expulsion, tribunal correctionnel, délit pénal, deux ans à se demander : « Est-ce que c’est bien vrai ce qui m’arrive ? ». LOPPSI 2 met tout le monde dans le même panier, des Roms aux squatteurs. Votée en février 2010 par tous les bancs de l’assemblée, des Écolos à la Droite (de rares exceptions), elle condamne à une amende de 3 700 euros toute commune qui ne dénoncerait pas les situations du genre de celle de Gilles Bernier. « Mes façons de repenser l’économie et l’écologie m’ont conduit en correctionnelle. Mais ce qui est le plus inquiétant, c’est la dénonciation des modes de vies alternatifs », ajoute l’homme blessé.
Gilles Bernier poursuit son constat accablant : « J’étais autonome, je suis aujourd’hui dépendant et fragilisé. Je dors dans mon véhicule, j’ai froid, je perds mon énergie, mes économies, mes amis. Mais je ne veux pas tomber plus bas, ne plus avoir de connexions avec le monde». Même certains organismes issus de l’État sont désarçonnés : « Quand je vais au Pôle Emploi, je ne rentre pas dans les cases. Il a fallu que je demande l’aide de l’État pour mes enfants (qui vivent désormais chez leur mère). Je suis au RSA ! Les gens de l’Action Sociale tombent des nues ! »
Gilles Bernier conclut en dénonçant les dérives de cette loi sécuritaire : « J’avais du pain sur la planche, je proposais une alternative qui fonctionne. Je n’ai pas eu de sommation ! Je crains que nos libertés soient en voie d’extinction. Je ne suis peut-être pas un modèle, peut-être que ma démarche est emmerdante, mais ça ne méritait pas de me « nettoyer ». LOPPSI, c’est la loi pour l’Augmentation des Pratiques Policières pour la Sécurité Imposée ».


Auteur : YD | 27/01/2011

 

Source : Guerande-infos.net

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IP82 14/02/2011 12:19



 


Merci pour tes encouragements dan29000. Peux-tu m'envoyer un message perso sur mon adresse mail ? j'ai plein d'infos à te communiquer.


A propos de pub, j'ai envoyé un message à metéo france il y a quelques jours :


"Meteo France est financé par nos impôts. Je trouve donc scandaleux de devoir, en plus, payer pour des infos complémentaires, perdre du temps pour visualiser ma météo pour que vos pubs de merde
se déploient. Que les impôts servent à quelque chose ! S'ils vous faut, suite à un audit, 15% de plus dans votre budget, demandez les mais arrêtez de nous pourrir la vie avec vos publicités."


MT ne m'a pas répondu ! Etonnant non ?


:-)



dan29000 14/02/2011 13:00



ok mais faut me donner ton mail, soit ici dans les coms, soit, en plus discret si tu veux, via CONTACT en haut de la page d'accueil...A+



IP82 12/02/2011 11:08



Rien de nouveau sous le soleil ! moi ce qui me révolte et me désespère ce n'est pas l'attitude du gouvernement. Soyons clair : de droite à gauche car au lendemain du 11 septembre 2001 ce sont bel
et bien les socialistes qui ont été les 1er à voter toute une mesure de lois liberticides : Loi sécurité quotidienne (LSQ). C'est facole à vérifier.


Ce qui me révolte et me désespère est l'attide de soumission de tous ceux et celles qui ne résistent pas, ne pensent même pas à se fédérer pour porter à bout de bras ce type d'habitat choisi
écolo et autonome.


Le Discours de la servitude volontaire. «Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux» Etienne de La Boétie, déjà en 1549, posait la question de la légitimité de toute autorité
sur une population et essaye d'analyser les raisons de la soumission de celle-ci (rapport « domination-servitude »).


Les hommes sont responsables de leur assujettissement au pouvoir. En un mot, la tyrannie repose moins sur la répression que sur la dépossession volontaire de la liberté.


Je vis personnellement dans une hutte emménagé sur un terrain soit-disant non-constructible et j'attends de pied ferme le 1er connard d'élu et son kapo de l'urbanisme le jour où ils passeront
exiger que je détruise mon habitat ! Je saurais quoi leur dire. Putain mais réveillez-vous les autres !


Fédérons-nous, nous tous qui avons choisis et compris l'intérêt de vivre dans une yourte, tipi, cabane, camion emménagé avec toilette sèche, phytoépuration, serre, jarddin, récupération de l'eau
de pluie le tout pour vivre mieux, bosser moins et pas du tout comme esclaves et dire merde aux réseaux mafieux Edf Areva Véolia, parce que les français sont des moutons dans leur grande
majorité.


Que les moutrons se fassent tondre, quant à nous, fédérons-nous, unissons-nous. Soyons reliés les uns aux autres. Croissons et multiplions un monde nouveau basé sur la décroissance économique
volontaire et bien comprise.



dan29000 12/02/2011 11:31



Nous ne pouvons que partager votre beau commentaire, le texte de LA BOETIE est toujours d'actualité, plus que jamais. Quant à la résistance, titre de notre site, elle est développable partout,
pas uniquement su rl'habitat choisi, mais sur le refus du travail, le refus de la conso, de la pub, pour l'écologie, etc...Nous nous y employons.


Merci pour votre si juste commentaire...Notre site est partie prenante de la décroissance...



dubillard 11/02/2011 15:50



c'est vraiment n'importe quoi! en quoi cet homme et tt les autres qui ont suivient la même voie vont a l'encontre de la sécurité et sérénité public ?! c'est juste une façon de plus d'éliminer les
gens qui ne veulent pas entrer dans les "normes" de l'état .



dan29000 11/02/2011 16:01



vous avez parfaitement raison, nous sommes face à un gouvernement sécuritaire qui ne peut tolérer les habitats différents, yourtes, tipis, cabanes ou squats, mais tolère parfaitement les morts de
froid dans les rues, les suicides dans les prisons, etc...



SuperNana 06/02/2011 05:40



Je suis complètement anéantie de lire cet article ... c'est quasiment incroyable ... Dans quel monde vivons-nous  ??? Je suis ... je ne trouve même pas
mes mots ...


C'est invraissemblable ...


Bon dimanche à toi. A bientôt. Bizzzzzzzz ...


Mitsuko



dan29000 06/02/2011 10:17



Oui, un monde où il est difficile de vivre autrement que la masse...Bon dimanche, Dan