Hank Skinner : torture lente, couloir de la mort et procès politique

Publié le par dan29000

L’affaire Hank Skinner ou la sinistre épopée d’un condamné à mort

Marie Monier   9 novembre 2011

Peine de mort - Le Texan de 49 ans a obtenu un énième sursis, lundi soir, alors qu’il devait être exécuté aujourd’hui.


L’affaire  Hank Skinner (1), c’est l’histoire d’un condamné à mort dont la vie ne tient qu’à un fil. Celui des juges de la Cour d’Appel du Texas, érigés en Parques antiques, et qui ont, une nouvelle fois, ordonné la suspension de son exécution. En mars 2010, la justice texane lui avait déjà accordé un premier sursis, quelques minutes avant la piqûre létale. Depuis, c’est une course pour la vie dans laquelle lui et sa famille sont engagés, suspendus à chaque nouvelle décision de la Cour.

Tests ADN

 Cette suspension intervient alors que les avocats de Hank Skinner ont déposé le 4 novembre un nouveau recours contre le refus des tribunaux de réaliser des tests ADN sur le prévenu. Une requête qui figure pourtant comme la principale ligne de défense de l’accusé afin de contester sa culpabilité. Ces analyses biologiques lui ont déjà été refusées dans le cadre d’un second recours en 2009, au motif que le condamné avait la responsabilité de les exiger dès son premier procès en 1995.

Mais une loi approuvée au printemps par le Congrès Texan pourrait désormais annuler ce refus; une décision à partir de laquelle les avocats de la défense ont dès lors motivé leur recours. Henri Watkins Skinner, surnommé Hank, est accusé du meurtre de sa compagne Twila Busby et de ses deux fils  le soir du 31 décembre 1993, à leur domicile familial de Pampa, au Texas. Ecroué puis condamné à la peine capitale l’année suivante, Hank a toujours nié les faits et clamé son innocence.

Un procès politique

Dans un entretien pour Le Monde.fr, sa femme, Sandrine Ageorges, d’origine française, décrit un homme perdu, entre des moments d’extrême lucidité et d’autres dans lesquels il « plonge, ne sachant plus jusqu’à quel moment il va pouvoir tenir ». Et si  parfois Skinner lui décrit des projets d’avenir, heureux et en dehors des Etats-Unis, elle ne sait pas s’il « tiendra le coup » à l’issue de ce nouveau sursis. « Une torture à petit feu », que subissent nombre de condamnés à mort dans l’attente de leur instruction. Réaliste, sa femme déplore les conditions dans lesquelles se tient la procédure, témoignant de « faits aberrants » dont la justice texane abonde.

A plusieurs reprises, associations et proches ont par ailleurs dénoncé les dérives d’un procès politique, alors que l’actuel gouverneur du Texas et candidat à l’investiture républicaine pour les présidentielles de 2012, Rick Perry, compte s’assurer du soutien de la droite conservatrice tout au long de sa campagne électorale.

Peine capitale

Aujourd’hui trente quatre des cinquante Etats américains appliquent encore la peine de mort. Et le Texas en fait partie. Si de nombreuses organisations réclament son abolition, en contestant les défaillances du système judiciaire américain, le combat abolitionniste est long, usant. Depuis la rentrée, deux autres condamnations – les plus médiatisées – ont renforcé la polémique sur la question de la peine capitale aux Etats-Unis.

Tout d’abord celle de Troy Davis, finalement exécuté le 21 septembre par injection létale au pénitencier de Jackson en Georgie. Condamné pour le meurtre d’un policier en 1989, Troy Davis avait échappé à trois exécutions grâce à de multiples recours judiciaires et une communauté internationale mobilisée.

Une autre affaire, celle de Mumia Abu-Jamal, a également relancé le débat. En octobre, les neufs juges de la Cour suprême ont refusé de se saisir du recours formulé par les procureurs de Pennsylvanie contre la décision de la cour d’appel fédérale de suspendre son procès. Véritable icône de la lutte contre la peine capitale, Mumia Abu-Jamal se bat pour faire valoir son innocence depuis plus de trente ans, dans les couloirs de la mort.

Marie Monier

(1) Site de soutien : http://www.hankskinner.org

Photo: bloguez.com, licence cc

 

Source : Le courant.info

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Mitsuko 10/11/2011 07:26



C'est ahurissant de bêtises que de continuer cette torture lente sur Hank Skinner.


Pourquoi font-t-ils cela ... C'est du sadisme, non ???


J'espère qu'il va s'en sortir le mieux possible, en étant bien consciente qu'il lui faudra se reconstruire et que ça va durer un long moment
...


Pourvu qu'il se soit pas excécuté, je lui souhaite vraiment ainsi qu'à sa famille !!!



dan29000 10/11/2011 12:17



Il a maintenant un répit de qq mois, mais cela fait, comme les autres condamnés à mort, des années qu'ils attendent chaque jour, la date de l'exécution, une méthode aussi barbare que la mise à
mort elle même...