Hitler à Hollywood, un film de Frédéric Sojcher, dans les salles, avec Maria de Medeiros

Publié le par dan29000

 

 

« Hitler à Hollywood » : complot US contre le cinéma européen ?

On savait le cinéma belge inventif et subversif, « Hitler à Hollywood » vient le confirmer. Le titre désoriente et provoque ? Le film aussi. Dès les premières images, le cinéaste bruxellois Frédéric Sojcher nous amène dans un voyage poétique, ludique et historique au pays du cinéma, de tous les cinémas.

Le scénario : lors du tournage d'un documentaire qu'elle entreprend sur la mythique actrice française Micheline Presle, la sémillante Maria de Medeiros retrouve la trace d'un cinéaste mystérieusement disparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale, un certain Luis Aramcheck. Maria part aussitôt à la recherche de ce fameux cinéaste.

L'enquête se transforme bientôt en film d'espionnage et révèle un complot des studios hollywoodiens, bras culturel armé des Etats-Unis, prêts à tout pour exterminer la production cinématographique européenne post-45. Il fallait oser, Sojcher l'a fait. Et bien fait. (Voir la bande-annonce)


Tout est vrai. Et faux. Et vrai

Les recherches de Maria la conduisent dans toute l'Europe, de Paris à Venise, en passant par Malte, avec tous les ingrédients essentiels au cinéma :

  • argent,
  • amour,
  • mort,
  • pin-up.

Un voyage à travers les âges également, où le noir et blanc des archives se marie à nos couleurs numériques.

Tout ce qui est dit dans le film est vrai… et faux. Et encore vrai ! Dans un mouvement de balancier, le film prend un départ volontairement documentariste, bascule imperceptiblement dans la fiction, avant de revenir à une lumière plus crue et journalistique aussitôt rejetée par une apothéose en Technicolor.

C'est sans lourdeur que le film aborde des questions liées à l'économie du cinéma, à la politique, aux manipulations potentielles par les Etats : « Hitler à Hollywood » flatte avant tout l'imaginaire du spectateur et peut se voir comme une déclaration d'amour définitive au cinéma et à ceux qui le font. Particulièrement aux actrices… Maria de Medeiros et Micheline Presle en premier lieu.

Pour tourner : un simple appareil photo numérique

Frédéric Sojcher avait déjà fait parler de lui en 2004 à Cannes avec son film « Cinéastes à tout prix ». Un titre qui le définit parfaitement aujourd'hui : inclassable et militant. Artiste radical aussi, écrivain, poète, essayiste, et aussi « professeur » de cinéma à la Sorbonne, il ne vit et ne rêve que pour et par le cinéma.

« Hitler à Hollywood » reste dans la droite ligne de cet engagement à faire des images neuves et pleines. Style unique, très énergique : ici, la caméra-stylo dont ont toujours rêvé les cinéastes est réellement en action. Un simple appareil photo numérique a servi au tournage. Une légèreté technique très bien maîtrisée qui donne de la vie aux images.

 

 

 

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