Hugo Chavez, l'esprit de résistance à l'hégémonie américaine sur l'Amérique du sud

Publié le par dan29000

chavez para siempreHugo Chavez, loin du Centre, près des peuples

 


Ce que Chavez nous dit de la « jetset » mondialisée d’Algérie

 


Khaled Ziri

Mercredi 6 Mars 2013


Hugo Chavez est mort. Ce plébéien détesté par le « Centre » mais aimé par la majorité de ses concitoyens était un bolivarien, un résistant, un algérien d’esprit et de cœur. A l’heure où le secteur pétro-gazier algérien exhale des miasmes scandaleux, il est utile de rappeler pourquoi cet homme du peuple n’était pas agréé par les Occidentaux. Et surtout comment il leur a tenu tête.



Hugo Chavez embrassant les mains de son peuple.
Hugo Chavez embrassant les mains de son peuple.

 
 
Hugo Chavez est parti.  Le président vénézuélien fait partie des dirigeants détestés par les « Centre » et sur lequel a pesé, jusqu’au bout, une directive de dénigrement systématique. Et jusqu’au bout aussi, il aura rendu la monnaie à ce centre qui aura tout tenté contre lui, y compris un coup d’Etat soutenu ouvertement par Washington. Dans ce monde rendu conforme – y compris par les moyens de la guerre – à l’ordre ultralibéral et néoconservateur, il aura incarné un renouveau de la résistance. Celle-là qui permet à cet homme de renvoyer l’ambassadeur d’Israël de son pays pour dénoncer le carnage « civilisé » infligé à Ghaza et d’être plus proche des opinions arabes que l’ensemble des rois, émirs et présidents arabes réunis. Celle-là même qui aura redonné à la vision progressiste et anti-impérialiste des lettres de noblesse bolivarienne.  Il aura été, riche de l’expérience souvent malheureuse, des peuples d’Amérique Latine, le caillou dans le soulier des américains. Il aura par ses « excès » dans l’entêtement bolivarien largement participé à l’émergence d’un nouveau type de dirigeants en Amérique Latine qui ne se résignent pas à ce que leurs pays soient l’arrière-cour de l’empire et eux… des gardes-chiourme. On a souvent, dans les médias occidentaux, tenté d’opposer le brésilien Lula au vénézuélien Chavez, mais ils participent bien, avec des styles différents, de la même bataille pour l’émancipation des peuples. Tant mieux si les « excès » présumés de Chavez ont permis à Lula d’apparaitre comme une force « modérée » mais insoumise, l’incarnation d’une manière indépendante de faire de la politique et de conduire les affaires du pays. Ce qui a permis à Hugo Chavez de résister dans sa tentative de faire de la justice sociale une réalité concrète, c’est son indéniable légitimité démocratique. Les vénézuéliens pauvres mangent à leur faim, peuvent se soigner et envoient  leur enfants à l’école, une réalité inimaginable sous le règne des oligarques pillards. Pour les pauvres, c’est une perspective autre que celle de l’avilissement imposé par les nantis locaux aux ordres du centre. Et ce processus de sortie de la pauvreté de vastes catégories sociales s’est déroulé dans une incontestable légitimité démocratique. C’est cette légitimité que les médias occidentaux et des ONG faussement apolitique – dont RSF – mais bel et bien financés par les américains ont tenté, en vain, de contester. Il y a eu dans la grande et intense bataille politico-médiatique engagée et perdue par le « centre » contre Hugo Chavez un élément fondamental qui n’a pas été suffisamment relevé. Cette bataille a abouti à la suprématie de l’électeur vénézuélien sur les désirs impérieux et impériaux du centre. La force de Chavez était d’être bien élu, incontestablement élu, et de ne pas être le dictateur que la propagande voulait à tout prix qu’il soit. Le Venezuela, en dépit des mensonges et des injures, a choisi Hugo Chavez de manière démocratique et a renouvelé ce choix avec constance. Chavez a réussi à mobiliser l’électorat populaire de son pays, à lui donner une existence, à le rendre visible. Le secret de la réussite est là. Cet électorat qui s’est mis à exister est sans doute le plus éloigné du « Centre », le plus loin des gangsters latifundiaires et autres kleptocrates politiquement agréés par la Civilisation et encensés par des médias au garde-à-vous. Cet électorat, majoritaire, aura permis à Chavez de défier « l’ordre », de ne pas hésiter à aller à contre-courant, de dire crument ce qu’il pense de George W Bush, un criminel de masse, de traiter librement avec les « pestiférés » iraniens, de soutenir Cuba et les pays latino-américains qui cherchent à s’affirmer face aux étasuniens. Les idées de justice, de progrès, le patriotisme dans le domaine économique, la volonté de remettre en cause un ordre social aberrant… auraient été plus facilement combattues et vaincues par les redoutables machines de guerre médiatique du centre si l’action d’Hugo Chavez n’était pas fondée sur une imparable légitimité démocratique. Dans le bilan d’Hugo Chavez, les médias occidentaux  mettront en avant ses échecs, son « populisme »… ils omettront de souligner que cet homme a permis de renouer, dans la démocratie, avec les idées de progrès. Il aura incarné, jusqu’à la fin, ce citoyen vénézuélien ou latino-américain qui s’est mis à exister et à peser sur les choix de son pays malgré le maillage et les réseaux mis en place pendant des décennies par l’Empire et ses séides locaux.

Des Algériens « chics » et le fils du peuple vénézuélien

Pour nous autres, Algériens du peuple, Hugo Chavez, aura incarné cet esprit de résistance à l’hégémonie américaine sur l’Amérique du Sud. Il aura apporté la démonstration que cette résistance se nourrit de démocratie et des combats ouverts qu’elle permet. Hugo Chavez, c’est le vénézuélien populaire qui a arraché le droit à exister et à essayer d’être citoyen dans son pays. L’injustice n’a pas été balayée du Venezuela, mais la justice a été introduite pour le plus grand progrès de la majorité des vénézuéliens. Demain n’est certes pas garanti mais le Vénézuélien, qui s’est mis à exister et qui a hissé Hugo Chavez au rang qui est le sien, ne renoncera pas à ses combats. Pour nous Algériens, Hugo Chavez est, probablement, celui qui par son franc-parler, sa détermination, nous aura épargné le régime de concession dans le secteur des hydrocarbures défendu par Chakib Khelil et concocté par des consultants et des banquiers américains. A l’heure où les scandales entachent le secteur des hydrocarbures, où l’on découvre des « neveux » embusqués qui ont repris la fonction juteuse et glauque d’intermédiaires de leurs paternels, de leurs oncles ou de n’importe quel ascendant putatif du système, il convient de s’en souvenir. L’affligeant état des lieux aurait été bien pire si cette loi n’avait pas été mise sous le coude grâce à l’intervention d’Hugo Chavez. Un Chavez qui n’a sans doute pas compris que l’Algérie, la grande et digne Algérie de la révolution, se mette - à ce point ! - à plat-ventre devant les multinationales. Cette politique désastreuse est cataloguée « d’antinationale », elle est, selon l’économiste Amor Khelif, l’un des rares à s’être exprimé du temps de la « gloire » de Khelil, plus grave que les scabreuses affaires de corruption qui se déroulent plus que jamais « en famille ». Qu’est ce qui a permis cet éloignement de l’Algérie des fondamentaux du combat du mouvement national algérien pour l’indépendance, la liberté, la justice sociale ? La réponse nous la connaissons. Chaque jour qui passe en apporte la sinistre confirmation, c’est le citoyen bâillonné ou banni, c’est le règne des « familles », des clans et des coteries rentières. Et c’est aussi, on le redécouvre, le règne des intermédiaires à la nationalité mutante mais aux obédiences rigoureusement externes et régulièrement dollarisées. Des enfants prodigues et des neveux de cour des miracles qui essaient de se travestir en occidentaux (sans grand succès, la vulgarité d’origine collant à leurs basques, mêmes sorties du meilleur faiseur) à coups d’achats de tableaux de maitres et de résidences « prestigieuses » à Paris, Montréal ou aux Emirats du toc avec l’argent volé au peuple. Le plébéien Hugo Chavez était l’exact contraire de ces parvenus mal relookés, de cette canaille jetset tant appréciée par les marionnettistes du centre. Car les histrions, n’en déplaise aux intellectuels de la basse-cour médiatique globalisée, sont bien ces dirigeants du nord qui forment, par-delà leurs prétendues différences « idéologiques », la caste dominante de démocraties verrouillées et corrompues, racistes et néocoloniales. C’est bien contre cette fatalité de la domination et de la rapine que beaucoup d’entre nous reconnaissent dans Hugo Chavez le résistant, un Algérien d’esprit et de cœur. Le commandant Chavez s’en va vers l’éternité des dirigeants exceptionnels dans l’honneur et avec le respect de tous les hommes épris de justice et de liberté.  Hasta Siempre Commandante !
SOURCE / LANATION.INFO


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