Il était une fois l'amour, mais j'ai dû le tuer, un roman d'Efraim Medina Reyes

Publié le par dan29000

 

 

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Parfois les détails donnent le ton.

Et la tonalité d'un roman, c'est important, surtout quand celui-ci est publié par un éditeur nommé 13e note éditions.

Vous voyez ce que je veux dire ?

Alors allons-y pour quelques détails sur ce roman venu de la très lointaine Colombie où les grands médias nous saoulent généralement avec les cartels de la drogue qui s'entre-tuent.

 

 

 


D'abord en sous-titre, la BO que nous propose l'auteur en accompagnement de son texte :

Musique des Sex Pistols et de Nirvana.

Déjà vous avez alors une idée du bouquin qu'il n'est pas obligatoire de lire en écoutant (pardon en subissant) quelques valses de Strauss !

Puis on tourne un feuillet, et on tombe sur une table des matières, étrange pour un roman ! Une table des matières avec des chapitres (huit les chapitres) qui parlent de Dillinger, de la mort de Socrate, d'une guitare invisible, de baleines, du complexe du kangourou et même d'une carotte congelée.

Si si...

Là on est déjà presque plongé dans le roman.

Et avec impatience on tourne encore un feuillet et là, on reste scotché :

 

"Tu me rappelles un poème que j'ai oublié

une chanson qui n'a jamais existé

et un lieu où je ne serais jamais allé"

 

Enfin ultime détail, on entre dans le premier chapitre (Dillinger n'a jamais eu sa chance) et on retourne encore un feuillet. Ben oui, lire un bouquin, c'est aussi tourner des feuillets en papier les uns après les autres. Avant la première ligne de ce premier chapitre :

INTERIEUR - NUIT

 

Tous ces détails donnent vraiment envie de lire ce roman...

Dans ce premier chapitre que l'on pourrait d'ailleurs nommé séquence, se succèdent plusieurs brèves scènes soutenues par la musique des Sex Pistols, et on apprend que le gars qui va nous raconter sa vie s'appelle Rep, un diminutif de Reptile, yeux noirs, bouche sensuelle, et une "bite de vingt-cinq centimètres les jours de canicule". Blessé par balles, le type en question est dans une chambre avec des posters de Monk, Socrate et Morrison, des livres, un ventilateur et une machine à écrire. Et il y a un autre type qui chante, il s'appelle Sid Vicious, et Nancy ne pouvait plus être trop loin...

 

L'auteur est né à Cartagena sur la côte caraïbe, et c'est sans nul doute plus difficile que de naître à Monte-Carlo. Un groupe de rock ou un ring pouvaient être une réponse avant de passer à la littérature. Une littérature qui tape dure comme une basse bien électrique ou comme Sonny Liston. Un homme qui a écrit en 2003 "Sexualité de la panthère rose" ne peut être mauvais. On sent que l'homme qui écrit est en colère, on sent la rage souvent, l'humour parfois, mais toujours l'envie des rencontres, l'érotisme et la violence d'un pays violent.

 

Pas facile de rêver en Colombie, un des pays les plus violents du monde, quoique prochainement dépassé par le Mexique où l'actualité récente nous remémore que la "guerre" contre la drogue est un lamentable échec, de Mexico à Sevran.

Rep tente de survivre dans un environnement hostile.

 

"Les animaux tuent pour survivre. L'homme tue pour des raisons mesquines"

Page 149.


Mais les animaux ne lisent pas de livres pour survivre, nous si. Et avec celui-ci et un ou deux bourbons, le week-end prochain devrait aller tout seul...

 

Dan29000

 

 

Il était une fois l'amour, mais j'ai dû le tuer

Efraim Medina Reyes

Traduit de l'espagnol (Colombie) par Rémi Anicotte et Jeanne Chevalier

13e note éditions

2011 / 208 p / 19 euros

 

Pour voir le site de l'éditeur, c'est ICI

 

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« Quel type, aussi dur et performant qu’il soit, n’a pas déjà fait dans son froc ? L’amour cogne plus fort que Tyson, bouge mieux qu’Ali, plus rapide que Ben Johnson dopé. Même si tu chausses du 48, l’amour peut t’envoyer au tapis à te tordre de douleur et à te traîner jusqu’à ce qu’il ne te reste plus un poil de cul. Pour que tu fasses dans ton froc, l’amour n’a besoin que d’un soupir. Je sais bien qu’il y a des gens qui ont des dents impeccables et d’autres qui sont moches comme des poux. Il y a ceux qui n’ont jamais de bouton sur le visage, il y a ceux qui gagnent tous les paris : ça peut aider mais ça ne suffit pas. »


Efraim Medina Reyes, Il était une fois l’amour mais j’ai dû le tuer

 

L'auteur :

Efraim Medina Reyes est colombien, il est né à Cartagena (qu’il appelle la Ville Immobile) sur la côte caraïbe,  il y a 36 ans. Son caractère atypique, voire inquiétant, se reflète dans l’activité débordante de ce bassiste et auteur de toutes les chansons du légendaire groupe «7 Torpes». Il se vante d’avoir eu dans son lit un nombre impressionnant de demoiselles enrobées, et d’avoir disputé quatorze combats de boxe sans jamais connaître la victoire. En 1995, il gagne le prix national de littérature Colcultura avec Cinema árbol y otros cuentos. Son roman, Técnicas de masturbación entre Batman y Robin,a été édité en Espagne, Italie et Allemagne en 2002. Depuis, Efraim a publié Sexualidad de la pantera rosaen 2003 et Pistoleros, putas y dementes en 2005.

 

Source : 13E NOTE EDITIONS

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Mitsuko 07/06/2011 16:44



Un livre qui doit être très intéressant ... rien que le titre m'interpelle ... mais il n'y a pas que cela qui m'interpelle ...


Bon mardi à toi, Dan. A bientôt. Bises.


Mitsuko



dan29000 07/06/2011 19:39



un roman très rock and roll, comme souvent chez 13e note, vraiment bien, un rythme, un ton...