Inde Maharashtra : le projet d'Areva sous le feu des critiques

Publié le par dan29000

 

 

arton29025-aea9bLe projet nucléaire d’Areva en Inde sous le feu des critiques


La construction de six réacteurs nucléaires par le groupe français sur la côte du Maharashtra fait face à une opposition croissante au sein de la population locale, soutenue par de nombreux activistes. Ils dénoncent l’insécurité du projet et son impact sur néfaste sur l’environnement.

La plus grosse centrale nucléaire au monde, qui doit être construite par le groupe Français Areva à Jaïtapur, est source d’agitation ces derniers temps. Depuis la signature en décembre d’un accord-cadre entre la France et l’Inde pour la construction, à terme, de six réacteurs EPR, manifestations, arrestations et poursuites judicaires font partie du quotidien des habitants de cette localité côtière du sud-ouest du pays.

Les toutes récentes catastrophes nucléaires au Japon, dévasté par un tsunami, on sonné l’alerte en Inde, poussant le gouvernement fédéral à ordonner lundi la vérification de tous les réacteurs du pays. Le ministre indien de l’Environnement Jairam Ramesh a annoncé mercredi que le NPCIL (l’entreprise nucléaire publique indienne) allait passer en revue les mesures de sécurité envisagées pour l’installation de Jaïtapur. De son côté, le parti communiste (CPI-M) a demandé le réexamen du projet d’Areva, citant à la fois le manque de fiabilité des EPR et l’opposition des populations locales au projet.

Selon le département géologique (Indian Geological Survey), Jaïtapur se situe en zone sismique de catégorie 3 et a enregistré pas moins de 92 tremblements de terre entre 1985 et 2005. L’actualité japonaise a convaincu les activistes et les géologues que les mesures de précaution ne suffiraient pas à protéger les populations locales si le site venait à être frappé par une violente secousse sismique.

Jaïtapur : « Un des écosystèmes les plus riches d’Inde »

Une nouvelle embûche donc, sur la route indienne d’Areva, dont le projet ne faisait déjà pas l’unanimité. L’opposition des activistes précède en effet de loin la tragédie japonaise. « [Jaïtapur] abrite un des écosystèmes les plus riches d’Inde, c’est une région unique au monde en matière de biodiversité. Construire un réacteur nucléaire à cet endroit est la chose la plus ridicule qu’on puisse faire », dénonce Praful Bidwai, journaliste, chercheur et membre de la Coalition pour le Désarmement Nucléaire et la Paix (CNDP).

Selon le CNDP, le projet à été validé à la hâte, sans étude sérieuse au préalable, afin que sa signature coïncide avec la visite en Inde de Nicolas Sarkozy, en décembre dernier. « Le problème des déchets radioactifs n’a pas été mentionné, sans compter que 95% des locaux n’ont pas accepté de compensation pour leurs terres », affirme M. Bidwai.

La côte de Konkan, où se trouve Jaïtapur, est peuplée de nombreux pêcheurs, qui pourraient être privés de leur seule source de revenu si la centrale voit le jour. « Même si la température de l’eau augmente d’un degré à cause de la centrale, la pêche en sera affectée », précise Vaishali Pali, une activiste originaire de Konkan. « Lorsque le gouvernement du Maharashtra a demandé aux locaux ce qu’ils voulaient, une villageoise lui a demandé à son tour avec aplomb en marathi : ‘pouvez-vous nous procurer une nouvelle mer d’Arabie ?’ », raconte-t-elle.

Agitation et répression

Peinant à convaincre la population locale de la viabilité du projet, le gouvernement du Maharashtra, dont le chef, Prithviraj Chavan –ministre de l’Energie atomique jusqu’en novembre dernier- est l’un des architectes, a finalement opté pour la répression. Depuis le mois de décembre, au moins des centaines de personnes, dont un ancien juge de la haute cour de Bombay, ont été arrêtées pour des raisons souvent fallacieuses. Prétextant à un « maintien de la paix », la police détient les villageois abusant de la section 144(3) du code pénal indien, qui interdit le rassemblement de personnes.

Le 4 décembre dernier, à la veille de la venue de Nicolas Sarkozy à Bombay, près d’un millier de manifestants avaient été arrêtés dans la région de Jaïtapur. « Tous les jours il y a des affrontements, des arrestations, de l’agitation », déplore Mme. Patil. « Les paysans veulent bien discuter mais il faut que le gouvernement cesse la répression ».

« Quel va être le coût du projet ? »

Outre les considérations environnementales, le projet d’Areva à Jaïtapur, qui doit founir à l’Inde près de 10 000 MW, est également remis en cause pour des raisons technologiques et économiques. « Il y a eu plusieurs plaintes concernant le réacteur EPR, notamment en Finlande et au Royaume-Uni. Sa fiabilité n’est pas encore prouvée », affime Praful Bidwai. « Et Quel va être le coût de ce projet ? », s’interroge-t-il.

Lors d’une conférence scientifique en décembre dernier, l’ancien président du Conseil indien de surveillance de l’Energie Atomique (Atomic Energy Regulatory Board) A. Gopalakrishnan avait mis en garde contre le projet Areva, affirmant que l’EPR n’avait « pas fait ses preuves » et était la source de délais et que son coût dépassait les estimations initiales.

Antoine Guinard (Aujourd’hui l’Inde)


* Aujourd’hui l’Inde, 17/03/2011 :
http://inde.aujourdhuilemonde.com/l...

 

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Violentes manifestations en Inde contre un projet de centrale nucléaire par Areva


Des centaines de personnes sont mobilisées dans l’ouest de l’Inde contre un projet nucléaire du groupe français Areva. Mardi 19 avril 2011, de violentes manifestations ont éclaté non loin du site choisi pour la construction de six réacteurs, et qui se trouve dans une zone sismique peu éloignée de la mer.

Un mort, plusieurs dizaines de blessés, des bus incendiés, des bâtiments publics vandalisés : depuis deux jours, les manifestations contre la construction d’une gigantesque centrale nucléaire par le groupe français Areva à Jaitapur, au sud de Bombay, prennent une tournure de plus en plus violente.

Les populations locales s’opposent à ce projet depuis déjà plusieurs mois, mais l’accident de Fukushima au Japon à clairement envenimé la situation. Alors que l’opposition portait jusqu’ici sur la seule question de l’acquisition des terrains, la polémique se focalise désormais sur le choix géographique retenu pour cette centrale. C’est en effet une zone sismique et proche du littoral qui a été choisie pour la construction de la centrale.

L’une des plus grandes centrales nucléaires au monde

Les écologistes et une partie de l’opposition réclament ainsi l’annulation du projet. Mais le ministre de l’Environnement a rétorqué dimanche 17 avril qu’une telle option était hors de question, l’Inde ayant un besoin crucial de renforcer ses capacités énergétiques pour soutenir sa folle croissance économique dans les décennies à venir.

Le gouvernement parviendra-t-il à maintenir le cap si les manifestations continuent à prendre de l’ampleur contre cette centrale ? Si sa construction aboutit, elle sera l’une des plus grandes au monde.

Par RFI
Avec notre correspondant à New Delhi, Pierre Prakash

Source : ESSF

Publié dans environnement

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Mitsuko 28/04/2011 08:19



Bonjour Dan,


Et Areva continue comme si de rien n'était ... Je suppose qu'ils n'ont même pas envisagé que c'est une évidence fondamentale que d'arrêter le nucléaire
...


Quand bien même cela prendra des années, il est obligatoire de sortir impérativement du nucléaire ...


On n'a plus le choix du tout ... Et Areva s'est largement enrichi avec le nucléaire alors ...


Bon jeud à toi, Dan. Bises.


Mtisuko



dan29000 28/04/2011 12:15



La contestation envers AREVA s'amplifie, notamment grace à la police indienne qui vient de tuer quelques manifestants anti-nucléaires la semaine dernière. Police, répression,secret  et
nucléaire, souvent vont bien ensemble...Good day