Inde : rupture du jeûne et victoire pour Anna Hazare

Publié le par dan29000

 

 

ANNA HAZARE AUGUST 18 2011 DTN NEWS

La victoire d'Anna Hazare, le « Gandhi » anticorruption indien

En partenariat avec Aujourd'hui l'Inde

Une marée humaine a tangué de joie dimanche à la rupture du jeûne du militant anticorruption Anna Hazare, considérant que sa victoire sur le pouvoir, qui a accepté de prendre en compte ses demandes, était celle de tout un peuple redevenu « fier » d'être indien.

Sa campagne anticorruption, dont le foudroyant succès populaire a ébranlé le gouvernement, s'était cristallisée sur un projet de loi visant à créer un poste de médiateur de la République devant surveiller les hommes politiques et les bureaucrates. Anna Hazare exigeait le retrait du texte et l'adoption d'une version plus radicale. Il avait entamé pour cela une grève de la faim le 16 août.

Samedi, le ministre des Finances, Pranab Mukherjee, a indiqué que les parlementaires avaient accepté le principe des propositions de Hazare. Il s'agit de la création d'un médiateur de la République dans chacun des 29 Etats de l'Union indienne, de la rédaction d'une « charte du citoyen » expliquant les droits du peuple et de l'extension des pouvoirs du médiateur à tous les fonctionnaires du gouvernement. Notre partenaire Aujourd'hui l'Inde explique les raisons du succès de l'action d'Anna Hazare auprès de la classe moyenne émergeante indienne.

(De New Delhi) Pendant la grève de la faim d'Anna Hazare, ils étaient des milliers d'Indiens à se rassembler quotidiennement pour le soutenir dans son combat contre la corruption. Hommes, femmes, jeunes et vieux, tous venaient dire leur envie de changement et leur attachement inconditionnel à cet homme de 74 ans prêt à « mourir pour le bien de la nation ».

Si l'ampleur du mouvement a surpris, sa composition est sans doute son aspect le plus intéressant. Car c'est la classe moyenne indienne, d'ordinaire peu revendicatrice, qui a fait preuve dans le mouvement Hazare d'une capacité de mobilisation insoupçonnée. Le dernier grand mouvement de protestation remonte au début des années 1990 et aux manifestations contre la commission Mandal, qui a instauré les quotas de castes dans l'administration.

Un savoir-faire médiatique

Plusieurs facteurs peuvent expliquer le succès du mouvement auprès de la classe moyenne. D'abord, la maîtrise du calendrier et des outils médiatiques a assuré une grande répercussion à la campagne d'Hazare. Ainsi, le mouvement n'a pas été lancé au hasard, mais à un moment où l'opinion était particulièrement sensibilisée au problème de la corruption.

Des heures de conférences de presse savamment calculées et une bonne utilisation des réseaux sociaux ont quant à elles assuré la promotion du mouvement.

Mais surtout, c'est l'aspect transversal des revendications de Hazare, qui a rallié différents mouvements autour d'un même cheval de bataille et rassemblé la classe moyenne au delà des clivages traditionnels qui la divisent.

Un thème rassembleur

La campagne d'Anna Hazare se situe en effet aux confins de plusieurs mouvances idéologiques. Ainsi, la « Team Anna », l'équipe dont le gandhien a su s'entourer, constitue sans doute, par sa nature composite, une explication à l'énorme résonance de la campagne.

Les militants historiques, de tradition gandhienne, y côtoient les légalistes, ceux qui ont œuvré, dans les années 1970-1980, à un renforcement de la constitution indienne et du rôle de la cour suprême.

Mais la nouvelle génération de militants se retrouve aussi dans le combat d'Hazare, et notamment les défenseurs d'une « Shining India », modernisée, libéralisée et donc débarrassée de la corruption. Politiquement, le mouvement est d'ailleurs soutenu par une mosaïque de mouvances, allant de la gauche modérée à la droite nationaliste.

Ce mouvement hétérogène a donc su cristalliser autour d'un thème, la corruption, les aspirations et les désillusions d'une classe sociale en perpétuelle mutation.

Difficile en effet de définir la classe moyenne indienne, tant elle est hétérogène. Elle est généralement évaluée à environ 300 millions de personnes, qui travaillent mais ont du temps libre, consomment et peuvent payer des études à leurs enfants.

Loin d'égaler les revenus des très riches Indiens, mais à même de s'assurer un niveau de vie agréable, ils sont les témoins impuissants de la malhonnêteté de certains hommes politiques. Electeurs et contribuables, l'achat des voix des populations les plus pauvres par les candidats lors des élections et les détournements de l'argent public les scandalisent et leur donnent le sentiment de n'avoir aucun poids politique.

Les déçus de la libéralisation

C'est donc le ras-le-bol de toute une classe sociale qui s'exprime au sein du mouvement Hazare. Et le danger politique est grand pour l'actuel gouvernement, puisque les personnes qui manifestent aujourd'hui sont celles à qui a profité la libéralisation de l'économie entamée en 1991 par Manmohan Singh, ministre des Finances à l'époque.

La classe moyenne est aujourd'hui déçue, étranglée par l'inflation et écœurée par la corruption contre laquelle rien n'est fait. Aruna Roy, activiste au sein du National Activity Council, résume dans les colonnes de l'hebdomadaire Outlook :

« La classe moyenne possède des voitures, mais le pétrole est hors de prix, elle a acheté des maisons, mais elles sont hypothéquées et payer un pot-de-vin est devenu monnaie courante ».

Certains regrettent déjà que ceux qui manifestent aujourd'hui contre la corruption restent autrement indifférents à ses conséquences pour les plus défavorisés. Medha Patkar, activiste qui s'est ralliée au mouvement Hazare dans l'espoir d'en élargir le spectre, déplore, toujours dans Outlook :

« La classe moyenne n'a pas sourcillé quand 20 000 personnes ont été délogées pour permettre l'organisation des Commonwealth Games. »

Pourtant, elle se met en rage quand on évoque l'argent détourné pendant ces Jeux :

« Achat de terrain, populations déplacées, évictions forcées, il faut que ces problèmes soient combattus aussi. Nous devons nous attaquer aux causes de la corruption. »

« Vous ne verrez pas défiler les ouvriers non syndiqués », renchérit V. Krishna Ananth, avocat :

« Une journée chômée les priverait de leur pain quotidien. La classe moyenne peut se permettre de s'agiter. »

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Mitsuko 01/09/2011 18:44



Inde : rupture du jeûne et victoire pour Anna Hazare


Pendant la grève de la faim d'Anna Hazare, des milliers d'Indiens se sont rassemblés quotidiennement pour la soutenir dans son combat contre la
corruption.


Femmes, hommes,  jeunes et vieux, tous venaient dire leur envie de changement et leur attachement inconditionnel à cet homme de 74 ans prêt à "mourir
pour le bien de la nation ...


C'est très beau, et c'est symptomatique de ce beau pays qu'est l'Inde, tout simplement ... 


Cela nous donne une belle leçon de vie qui pourrait servir dans nos pays occidentaux ... 


A suivre, bien évidemment ... 



dan29000 01/09/2011 18:50



Une belle victoire pour cette action qui a réellement fait bouger une grande partie du peuple indien...