Islande : une assemblée constituante et un refuge pour la presse libre

Publié le par dan29000

 

 

Omerta sur la révolution Islandaise. Le pays vient d' élire une Assemblée constituante


La révolution silencieuse…Quelle révolution ? On n’en entend parler nulle part.


Effectivement à l’origine de cette révolution, qui a eu lieu en 2008, dans ce pays d’à peine plus de 300 000 habitants, classé au deuxième rang mondial sur l’indice du développement humain, l’IDH, derrière la Norvège, à la veille de cette crise, en 2006.

 

Merveille de la désinformation, un événement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique peut se produire en Europe à nos portes sans que les médias français n'en informent le peuple français. C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos pouvoirs politico-financiers qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.

Confronté alors à la faillite brutale du système bancaire, le peuple était descendu dans la rue. Du jamais vu au pays des geysers d’eau chaude. Le gouvernement avait été renversé Et, pour commencer, les banques avaient été nationalisées.

Des images du palais présidentiel assiégé par une foule…Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante aussi là-bas.

Un nouveau gouvernement est institué. Mais, très vite le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois.


Le Président de la République refuse de promulguer ce choix de politique économique et décide de soumettre cette décision à un référendum. Le peuple rejeta unanimement (93%) le plan de renflouement. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars). 

Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, événement peut-être aussi considérable que la nuit du 4 août 1789 où était votée l’abolition des privilèges. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.

Les constitutants se réuniront à partir de la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif. En particulier, seront soumis à la décision de cette Assemblée :

-         les bases de la constitution islandaise et ses concepts fondamentaux;           

-         l'organisation des branches législatives et exécutives et les limites de leurs pouvoirs;                                                                                                             

-         le rôle et la place du Président de la République;

-         l'indépendance de la magistrature et leur surveillance des autres détenteurs de pouvoirs gouvernementaux; 

-         les mesures pour les élections et les circonscriptions électorales;                  

-         la participation des citoyens au processus démocratique, y compris l'organisation de référendum, y compris un référendum sur une loi constitutionnelle;                                                                                                

-         le Transfert des pouvoirs souverains aux organisations internationales et conduite des affaires étrangères;                                                                       

-         les affaires environnementales, y compris la propriété et l'utilisation de ressources naturelles.



Il s’agit donc de l’élaboration d’un nouveau contrat social et, pour un tel objectif, il faut, ce que beaucoup ici semblent ignorer, la participation de toute la nation.

Dans une interview avec l’agence d’information financière Bloomberg, Olafur Grimsson a dit : « La différence [avec l’Irlande] c’est qu’en Islande nous avons permis aux banques de faire faillite. C’étaient des banques privées et on n’y a pas injecté d’argent pour les maintenir ; l’Etat n’a pas porté la responsabilité de la faillite des banques privées. »  
« L’Islande se porte bien mieux qu’attendu », a déclaré Grimsson. « Peut-on demander aux gens ordinaires – les agriculteurs et les pêcheurs, les enseignants, les docteurs et les infirmières – d’assumer la responsabilité de la faillite des banques privées ? Cette question, qui fut au cœur du débat dans le cas de la banque islandaise Icesave, va être la question brûlante dans de nombreux pays européens.» 

En Islande, les activités en faillite furent séparées du reste des banques, ce qui permet aujourd’hui d’avoir un système bancaire au service de l’économie nationale. 

Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État. Aujourd’hui où, partout en Europe, les parlements sont soumis aux chantages d’institutions essentiellement soumises aux intérêts financiers pour voter des plans de rationnement des populations et de pillage des fonds sociaux et publics, où on donne de plus en plus le pouvoir à ceux qui amplifient les dégâts en profitant d’un système de privilèges et d’inégalités, cet évènement indique, une fois encore, que seule la souveraineté du peuple permettra de trouver une issue politique à la crise économique et sociale. 

Source: Paris s'éveille 
 

Du nouveau en Islande (nouvelles fraîches de quelques mois) :

 

Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et

anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n’en parle, aucun média ne relaie l’information, vous n’en trouverez presque pas trace sur « google »: bref, le black-out total …

Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante : un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu’elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s’il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d’orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » : l’élection d’une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d’écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.

Alors que gronde dans l’Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau compresseur capitaliste, l’actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l’Europe une perspective : la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.

Plus bas, vous trouverez deux articles traitant de cette révolution en marche, à faire circuler le plus largement possible, puisqu’on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place.

Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’excommunistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la

http://www.parisseveille.info/quand-l-islande-reinvente-la,2643.html

par-la-revolution-des-casseroles-.php

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2010/03/05/04016-20100305ARTFIG00531-islandereferendum-

sur-le-remboursement-de-la-dette-.php

L’information ne date pas d’hier mais est toujours d’actualité. Nous pouvons aussi noter que « le référendum portait sur une question précise quant au remboursement de deux pays « Royaume Uni et Hollande » et non des banques. »

 

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L’Islande vote une résolution destinée à faire du pays un refuge pour la presse libre

Si vous cherchez à publier quelque chose prêtant à controverse sur internet, vous devriez regarder du coté de l’Islande. Le parlement Islandais vient de voter à l’unanimité une résolution destinée à faire du pays un «refuge pour les nouveaux média», proposition qui fait suite à un soutien sans faille du pays à Wikileaks, un site qui publie des documents classifiés, reconnu par beaucoup des professionnels de l’information comme l’une des plus grandes avancées en matière de journalisme et de transparence de l’information depuis l’apparition de l’internet.

La résolution «Initiative Islandaise relative aux média modernes» (Icelandic Modern Media Initiative), «donne le devoir au gouvernement de trouver des moyens permettant de renforcer la liberté d’expression et la liberté d’information en Islande, ainsi que de fournir une protection renforcée aux sources et à ceux qui publient des informations polémiques».

Selon le texte de cette résolution, l’Islande espère ainsi devenir le refuge international des organes de presse en offrant de telles protections.

«L’initiative parlementaire présentée ici a pour ambition de faire de l’Islande un environnement attractif pour l’installation d’organes de presse internationaux, de startups du secteur des nouveaux media, d’organisations de défense des droits de l’homme et de centres de données informatiques (ndt: allusion au cloud computing dont l’environnement juridique pose problème). [Cette initiative] promet de renforcer notre démocratie, à travers le pouvoir de la transparence, et de promouvoir la position du pays et son économie. Elle ambitionne également d’attirer l’attention sur ces changements à travers la création du premier prix international d’origine Islandaise : le prix Islandais pour la liberté d’expression.»

L’initiative parlementaire continue en reconnaissant que de nos jours, l’endroit où est publié un média est devenu sans grande importance, et que la mise en place de ces lois permettrait de créer un environnement qui ferait éclore un journalisme de qualité, à l’abri du harcèlement des autorités locales.

«Nous pouvons mettre en place un cadre légal exhaustif destiné à protéger la liberté d’expression indispensable au journalisme d’investigation et à la publication d’informations politiques d’importance» peut on lire dans le texte de l’initiative parlementaire Islandaise.

Quand Al Jazeera a traité de ce sujet, alors à l’état embryonnaire, en mars dernier, il commentait : «l’idée derrière [cette résolution] est simple mais ambiguë – rassembler les lois les plus avancées concernant les média issues de différents pays pour créer une loi globale qui positionnerait l’Islande à l’avant garde de la bataille destinée à protéger les journalistes, ceux qui dénoncent les abus, et leurs sources, des régimes et des lois qui les oppressent».

Ceci dit, comme le souligne Al Jazeera, le Nieman Journalism Lab et d’autres, une question demeure : les lois d’un pays peuvent-elles protéger les journalistes d’un autre pays ? L’article de Nieman Journalism Lab suggère que ces lois ne pourront probablement pas faire grand chose pour assurer une quelconque protection dans d’autres pays, mais «à défaut d’autre chose, elles pourraient probablement éviter aux serveurs d’être saisis et mis hors service», si vos contenus sont hébergés en Islande.

Pour l’instant les effets de cette résolution sont encore inconnus, les lois qui devraient lui faire suite restant à écrire et à être expérimentées à l’international. Il subsiste également des questions quant à la capacité de l’Islande en terme de connectivité internet, si elle venait à abriter sur ses terres les serveurs de grandes organisations du secteur média, même si la résolution affirme que le pays dispose de câbles sous marin reliant le pays aux plus grands consommateurs d’information».

Néanmoins, l’adoption de cette résolution est prometteuse, ne serait-ce que d’un point de vue altruiste, optimiste et journalistique.

 

Source : READWRITEWEB

 


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