Israël : toujours plus de prison pour Abdallah Abu Rahma, qui dénonce le mur de la honte

Publié le par dan29000

 

 

 

Amnesty international

Un tribunal militaire israélien aggrave la peine de prison d’un militant palestinien dénonçant la construction du mur/barrière



Amnesty International condamne la décision de la Cour d’appel militaire israélienne d’alourdir la peine d’emprisonnement prononcée contre un militant palestinien non violent, reconnu coupable d’avoir participé à l’organisation de manifestations en Cisjordanie occupée.

 

Abdallah Abu Rahma, qui dirige le Comité populaire contre le mur dans le village cisjordanien de Bilin, a vu sa condamnation à 12 mois de prison passer à 16 mois. Ce jugement a été rendu mardi 11 janvier par la Cour d’appel militaire israélienne à Ofer, en Cisjordanie, après que l’accusation a fait valoir que sa peine initiale était par trop clémente.

 

Incarcéré depuis décembre 2009, Abdallah Abu Rahma, instituteur, devait être libéré le 18 novembre 2010, mais a été maintenu en détention à la demande du parquet militaire. Il est désormais derrière les barreaux depuis 13 mois.

 

« En aggravant la condamnation d’Abdallah Abu Rahma, les autorités israéliennes semblent vouloir le sanctionner davantage dans une affaire où les éléments à charge étaient dès le départ contestables, mais aussi dissuader d’autres personnes de participer à des manifestations légitimes, a estimé Philip Luther, directeur adjoint du programme Moyen-Orient et Afrique du Nord d’Amnesty International.

 

« Amnesty International considère Abdallah Abu Rahma comme un prisonnier d’opinion, détenu uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits à la liberté d’expression et de réunion. Aussi l’organisation demande-t-elle sa libération immédiate et inconditionnelle. »

 

Abdallah Abu Rahma a été reconnu coupable le 24 août 2010 par un tribunal militaire israélien d’« organisation d’une manifestation illégale », de « participation » à cette manifestation et d’« incitation à la violence ». Il a été condamné à 12 mois d’emprisonnement le 11 octobre 2010.

 

Sa peine ayant été prolongée, il devra passer trois mois supplémentaires en prison, avec la possibilité d’une libération administrative au bout de deux mois, auquel cas il lui serait interdit de participer à toute manifestation.

 

Lorsqu’il a condamné Abdallah Abu Rahma, le juge militaire a admis les arguments de l’accusation qui a fait valoir qu’il avait encouragé les manifestants à Bilin à jeter des pierres sur les soldats israéliens.

 

Les allégations étaient fondées sur les déclarations de trois enfants, qui sont par la suite revenus sur leurs déclarations au tribunal, affirmant qu’ils les avaient faites sous la contrainte.

 

Amnesty International connaît Abdallah Abu Rahma, militant politique qui prône publiquement depuis longtemps l’utilisation de moyens pacifiques pour sensibiliser la communauté internationale aux atteintes aux droits humains dont sont victimes les Palestiniens en raison de la construction du mur/barrière, dont une grande partie est bâtie en Cisjordanie occupée.

 

Depuis 2005, les habitants du village de Bilin organisent avec des sympathisants palestiniens, israéliens et étrangers une manifestation hebdomadaire pour protester contre le mur/barrière et la confiscation de leurs terres.

 

En septembre 2007, la Haute Cour de justice israélienne a rendu une décision ordonnant aux autorités militaires israéliennes de modifier le tracé du mur à Bilin afin que les villageois aient accès à une plus grande partie de leurs terres, mais cette décision n’a pas encore été mise en œuvre.

 

Les arrestations en 2010 d’Abdallah Abu Rhama et d’autres militants en vue opposés au mur/barrière s’inscrivent dans le cadre d’une campagne de répression visant les personnes qui s’élèvent contre sa construction.

 

D’une longueur de 700 kilomètres, le mur/barrière israélien s’étend du nord au sud de la Cisjordanie, encerclant des villages palestiniens et des quartiers entiers de Jérusalem-Est et des environs.

 

Les Palestiniens en Cisjordanie sont soumis à la législation militaire israélienne, notamment à l’Ordonnance n°101 relative à l’interdiction des activités d’incitation et de propagande hostile, prise au début de l’occupation israélienne en 1967, et qui prévoit une peine maximale de 10 ans.

 

Cette ordonnance permet d’imposer des restrictions considérables à la liberté d’expression ; c’est ainsi que tout rassemblement de 10 personnes ou plus ayant un objectif politique ou pouvant être considéré comme politique ou visant à discuter de ce sujet doit être autorisé au préalable par le commandant des forces militaires israéliennes de la zone concernée.

 

Depuis 2010, l’Ordonnance n°101 est de plus en plus invoquée contre les Palestiniens qui organisent des manifestations contre le mur/barrière israélien.

Publié dans Monde arabe - Israël

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