JO Vancouver 2010 : Les pauvres délocalisés, un principe de l'olympisme

Publié le par dan29000

JO de Vancouver : les pauvres expulsés de la ville

Depuis 2003, année où Vancouver-Whistler fut déclaré ville-hôte pour les JO d’Hiver de 2010, la ville a encaissé de très nombreuses expulsions et délocalisation de la population urbaine pauvre. Cela a dramatiquement augmenté l’itinérance.

Selon PIVOT Legal Society, le nombre de sans-abris était de 620 en 2002. En 2005, on en comptait 1 291 (sachant que ces estimations sont souvent en-dessous de la vérité). Au même moments, des centaines d’unités de Chambres Simples pour Location (SRO) à faible coût furent perdues dans le DTES. La plupart étaient des hôtels forcés de fermer, soit à cause de propriétaires désirant démolir ou rénover la place en chics hôtels destinés à l’industrie olympique-touristique, ou bien à cause de la mairie, qui força la fermeture d’immeubles violant les codes de sécurité/sanité/incendie (prétexte à la démolition ou rénovation de ces immeubles pour les mêmes raisons qu’évoquées ci-haut).

Selon PIVOT, plus de 800 personnes perdirent leur unité SRO entre juin 2003 et juin 2006. Ce chiffre n’inclue pas les gens ayant perdu leur logement pour cause de hausse de loyer. Tout cela engendra également l’augmentation du nombre de femmes à la rue (60%de femmes sans-abris de plus entre 2002 et 2005).

En septembre 2008, les grands de Vancouver créèrent un chic comité se penchant sur les questions de pauvreté ; ils constatèrent avec stupéfaction le nombre en croissance de sans-abris. Selon leur rapport, il y a eu une augmentation de 373% depuis 2002, avec un nombre de 3000 sans-abris. Parmi eux, 32% d’Autochtones (alors qu’ils ne représentent que 5% de la population de Vancouver). Près de 45% des femmes sans-abris et 42% des jeunes étaient toutes et tous autochtones.

Le gouvernement et les administrateurs de la ville développèrent divers plans afin de contrer la crise de sans-abris prévue pour 2010. En juin 2007, le ministre du logement de la Colombie-Britannique, Rich Coleman, avertit les gens du DTES qu’il y aurait d’imminents changements :

« Le Downtown Eastside va changer. Il faut envoyer les problèmes ailleurs, loin de cette zone spécifique de la ville. » (John Bermingham, « Coleman touts new strategy for eastside », The Province, 24 juin 2007)

Coleman a également dit : “La réponse éventuelle au problème des sans-abris du DTES de Vancouver est la relocalisation – dans une autre communauté de la Colombie-Britannique. Les villes de la Vallée Fraser et autres offrent une meilleure chance pour se sortir du cycle qui mène à l’itinérance… » (The Province, 24 juin 2007)

Le gouvernement a publiquement envisagé d’utiliser des camps et bases militaires de la province comme centres de désintoxication ; il a également collecté des dons de point Air Miles pour renvoyer des gens dans leur province d’origine (action similaire à l’opération « Va te faire une cabane ailleurs » utilisée en 1996, à Atlanta). Il a finalement eu l’idée d’utiliser temporairement des entrepôts comme refuges pendant l’année 2010.

À cause d’une grande campagne de pression publique, impliquant des manifestations et des actions directes (de nombreux squats furent ouverts par le Comité Anti-Pauvreté dès l’automne 2006), le gouvernement fut forcé de faire quelques concessions afin de calmer l’opinion publique. En octobre 2007, Coleman annonça un plan gouvernemental de construction de 1 200 unités à faible coût, avec un budget de 300 millions de dollars (Salt Lake City avait aussi dit, avec la venue des JO, que la ville offrirait 2 500 unités à faible coût… pour finalement n’en construire que 150). Le premier ministre de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, annonça également un programme de logement de 41 millions de dollars, incluant un plan pour garder des refuges d’urgences ouverts 24h/24. En 2008, VANOC fanfaronna un scénario où 154 unités à faible coût seraient offertes à six communautés de la Colombie-Britannique (mais aucune à Vancouver), unités composées en fait de conteneurs de bateau rénovés et destinés à loger les travailleurs de Whistler durant les JO.

Beaucoup de ces promesses sont regardées avec un cynisme grandissant.


Source : Contre les olympiques de 2010


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CAO Annecy 28/02/2010 16:36


le comite anti olympique annecy existe depuis février 2009.
Pas de JO en Haute savoie.

ON NE LES VEUT PAS. NON aux JO dévastateurs!!! NON aux Jeux du cirque et à la fiesta qui ne concerne qu'une minorité et qui laissera des dégâts environnementaux, sociaux, économiques à une majorité
de la population de la Haute Savoie
NOn sur le site du comite anti olympique annecy par google

Votez non et faites circuler.


dan29000 28/02/2010 16:45



merci pour ces infos, nous allons faire un article là-dessus prochainement...


Bon courage !