L'arnaque de la "sécurisation de l'emploi" : Ce n'est pas notre emploi qu'ils sécurisent

Publié le par dan29000

Ce n’est pas notre emploi qu’ils sécurisent...

 


On l'avait dit X fois : le PS n'est pas de gauche et, revenus au pouvoir, nous pondra une politique de droite en disant "c'est la faute à l'UMP/l'Europe/les marchés/la conjoncture/les agences de notations/Mme Michu..." [rayer mentions inutiles].

 

 

 

 



A part avoir des "nouveaux" ministère aux noms sexy-chocolat comme le Ministère du Redressement Productif [rien que ça...] j'ai surtout l'impression qu'on nous a refilé [comme d'hab'] un tube de vaseline en échange de nos bulletins de vote et que nos chers syndicats [comme d'hab' encore] se sont couchés comme ils ont pu [un p'tit big-up pour la CGT et FO sur ce coup là quand même].

'Fin rassurez-vous, c'était pour notre bien et "sécuriser l'emploi" !


Petite histoire d'une grosse arnaque nommée Accord National Interprofessionnel du 11 Janvier 2013 pour un Nouveau Modèle Économique et Social au Service de la Compétitivité des Entreprises et de la Sécurisation de l'Emploi et des Parcours Professionnels des Salariés....rien que ça. Ça en jette hein ?

L'histoire commence en Janvier 2012 [ici]quand Sarkozy, souhaitant définitivement enterrer les 35 heures, donne deux mois aux syndicats et au MEDEF pour lancer les négociations sur ce qu'il nomme les accords compétitivité-emploi "afin qu'une majorité de salariés puisse se mettre d'accord dans une entreprise pour décider leur durée de travail, de privilégier le salaire sur l'emploi...". Il est également précisé que ces accords [voulus majoritaires] "s'imposeront à la loi"  : un potentiel adieu au code du travail tel qu'on le connaissait.
Ces accords donc, qui devaient permettre aux entreprises en difficulté de modulé salaire et temps de travail des salarié ou de les licencier [mais pas sous le régime du licenciement économique hein] si ils refusaient ne devait, d'après le candidat Hollande , jamais voir le jour. [vidéo ici, l'Express, 24 février 2012. A partir de 4mn10].

Ils ne verront pas le jour et nous aurons à cœur de faire en sorte que les syndicats puissent négocier dans de bonnes conditions des accords sans avoir à remettre en cause la durée légale du travail, parce qu'en l'occurrence, c'est ça qui est recherché.

J'espère que vous voyez bien la disquette arriver, parc'que sincèrement, elle est belle.

Bref. Hollande nous promet que cette saloperie sera définitivement enterrée si il est élu et son Premier Sinistre annonce clairement le 10 juillet 2012 [comme relevé ici] que :

La négociation compétitivité-emploi, mal engagée, n'est plus à l'ordre du jour.


Hollande en Février, confirmation de promesse le 10 Juillet par le chef du gouvernement. On aurait presque pu croire que finalement, ça allait pas trop mal se passer.
Malheureusement, comme dans les enquêtes de Derrick, il faut toujours que le méchant laisse des traces écrites de sa tentative d'enculade...et sur les réseaux, les traces, et bien sa reste. Ayrault fait donc sa déclaration le 10 Juillet alors qu'au même moment est publiée la Feuille de Route Sociale du gouvernement où l'on peut lire, en toutes lettres et en page 9 :

le Gouvernement invite les partenaires sociaux à négocier au niveau national interprofessionnel les conditions d’une meilleure sécurisation de l’emploi, comportant :
[...]
- un volet relatif à l’accompagnement des mutations économiques, en vue de se doter par le dialogue social de leviers plus efficaces de maintien de l’emploi et de l’activité dans les entreprises rencontrant des difficultés conjoncturelles et ayant besoin d’adaptations (activité partielle, maintien de l’activité et de l’emploi, recours à la formation…), d’améliorer et de sécuriser juridiquement les procédures de licenciements collectifs, d’encadrer les licenciements manifestement abusifs et les obligations liées à des projets de fermeture de sites rentables.
[...]

Soit exactement la définition des accords voulus initialement par Sarkozy [la modulation du travail par les entreprises], dans les mêmes conditions [deadline donnée au Syndicats et au MEDEF pour trouver un accord] mais avec des mots différents et un tube de vaseline.
Il est a préciser qu'à ce moment de l'histoire, la CFDT [un syndicats, un vrai] se disait favorable à l'accord via Laurent Berger [ici].

Et là tu comprends, si ce n'était pas déjà fait, que les syndicats roses n'ont pas pour but de t'empêcher de tomber, mais d'accompagner ta chute comme il veulent/peuvent en t'annonçant "qu'ils avaient pas l'choix, tu vois la vie c'est pas facile toussa, faut s'adapter tu sais. Tiens v'là d'la vaseline et des pansements."

Petit déplacement temporel dans le temps jusqu'à septembre 2012 où est publié ici le Document d'Orientation de Négociation Nationale Interprofessionnelle pour une Meilleure Sécurisation de l'Emploi qui ré-officialise simplement ce que disait plus haut la Feuille de Route Sociale.

Et normalement vous bloquez exactement comme moi.

Sécurisation de l'Emploi. Sécurisation. De l'Emploi.

Mais c'est quoi cette embrouille ?

Une bonne campagne de com' avec les mots qui vont bien pour vendre de la merde en tenant bien à l'écart les restes du monde des points importants de l'accord.
Perso', je n'ai pas souvenir [et j'avoue n'avoir pas pu suivre et commenter l'actualité comme j'le voulais] d'avoir lu ou vu "en prime-time" une analyse sinon "détaillée" au moins claire de l'accord qui a été signé il y a quelques jours, sauf dans Le Monde à l'époque où Sarkozy lançait l'idée et que le PS s'érigeait en partit de gauche. Ou alors, pleins, mais au tout dernier moment ou alors, après coup, sous forme de résumé des épisodes précédents.

Alors certes, Monsieur Tout-le-Monde n'étant pas partie prenante des discussions ça ne changeait pas grand chose hein ?!...Mais quand même. Ca m'laisse un goût bien amer dans la bouche et la sensation d'avoir pris un facial surprise en plein dans l'oeil. Surtout quand j'me rend compte que les seuls a avoir mis leurs commentaires sur l'accord en première page de leur site...c'est le MEDEF. Et les autres couillons de syndicat alors ? Ben faut croire que soit ils en sont pas fiers...soit ils considèrent leurs membre comme trop bon pour lire ce que l'on a signé pour eux.

Pour le coup, l'accord est , les annexes sont ici [bas de page] et les point à rappeler sont les suivants :

  1. La "généralisation de la couverture complémentaire des frais de santé" [vous aurez tous et toutes des mutuelles financées à 50% par l'employeur] // Article 1 - Soumis à re-négociation - Deadline au 1 Janvier 2016
  2. La "création de droits rechargeables à l’assurance-chômage" [conserver les droits aux chômage non utilisés...au lieu de les perdre lors du retour à l'emploi comme c'est actuellement le cas] // Article 3 - Soumis à re-négociation - Doit être précédé d'une étude complète de l'UNEDIC
  3. La "création d’un compte personnel de formation" [qui n'apporte pas énormément par rapport au DIF actuel mais c'est déjà ça de pris] // Article 5 - Soumis à re-négociation - Deadline dans 6 mois.
  4. La mise en place de la close de "mobilité interne" en cadrant un "changements de poste ou de lieux de travail au sein de la même entreprise" [l'employeur peut décider de vous bouger ou qu'il veut ailleurs. Vous refusez ? Licenciement pour motif personnel] // Article 15 - Validé
  5. Pour l'enfumage, on nous donne la "création d’un conseil en évolution professionnelle". En gros, la conseillère/le conseiller d'orientation qu'on avait au collège/lycée. // Article 16 - Validé
    L'implémentation des "accords de maintient de l'emploi" [ce dont on parlait plus haut : une entreprise en difficulté peut moduler votre temps de travail et votre salaire. Refus ? Licenciement pour motif personnel...et non pas économique !] // Article 18 - Validé
  6. Le changement de procédure "de licenciement collectif pour motif économique et le contenu du plan de sauvegarde de l’emploi" [les PSE doivent désormais être validés ou infirmés par la DIRECCTE déjà engorgée...sous 21 jours sinon il seront considérés comme valide d'office] // Article 20 - Validé
  7. Et enfin l'article 4, magnifique, qui traite de la taxation supplémentaire des CDD....en oubliant spécifiquement : l'intérim, les "contrats conclus pour une tâche précise et temporaire" [mega lol] et qui risque fort de voir bizarrement exploser le taux de CDI, mais surtout du nombre de rupture de période d'essai à l'initiative de l'employeur. Sentez bien la carotte glisser. // Article 4 - Validé

Je ne parlerai même pas de l'article 25, de son encadrement des prud'hommes et de ces conscéquences....vous aurez qu'à le lire. Ca pique.

==========================================================

C'était bien joué n'empêche. On prends les syndicats et le MEDEF, on les fout dans une boite opaque en laissant filtrer que c'qu'on veut et puis on finit par appliquer la règle que si plus de la moitié décide de vendre son anus ou de se trancher la gorge....ben les autres doivent faire pareil ce qui, par défaut, exclu ceux qui refuseront de toutes façon l'enculette [à savoir FO et CGT]. On a parlé d'accord majoritaire hein. Pas d'une soirée pyjama.
Et en plus ça permet au gouvernement de se dédouaner complètement en disant, la bouche en cul d'poule..."mais attendez, c'est pas nous. C'est eux qui ont signé l'accord. Nous on va dans le sens du peuple, on fait que l'appliquer en traduisant tout ça par une loi".

PAF ! Dans l'cul-lulu.

Avec en résultat final quelques sucettes pour les salariés [mais bizarrement toutes repoussées à plus tard et soumises a renégociation] et une putain de bouteille de champomy pour Laurence Parisot qui vient enfin de légaliser ce qui était précédemment si ce n'est légalement condamnable, au moins fait sous l'manteau en espérant que les employés qu'on sodomise à la barre à mine n'iront pas moufter [y'en a encore qui croient au "dossier employé" qui vous suivrait partout]. Plus de flexibilité [sic], encadrement de la contestation des décisions patronales, bonheur de toutes les mutuelles privées [dont certaines ont des accords vachement sympa avec les entreprises], licenciements facilités [mais au détriment du salarié]...efforts de la part du salarié parc'que c'est la crise, mais aucun encadrement des efforts que doivent faire les employeurs. Je dois voir le mal partout quand je dis que quelqu'un de louche vient de se glisser dans mon plumard pendant mon sommeil.

On nous parle de crise depuis avant ma naissance, c'est à dire depuis le début des années 80. Et depuis les années 80, on nous fait croire que la croissance passe par les allégements réglementaires en faveurs des entreprises.
OK. J'veux bien...sauf que 30 ans de ce régime, ça nous emmène là où on est maintenant, et je n'ai sans doute pas besoin de vous faire un dessin.

Le PS est au pouvoir et notre anus vient de se faire historiquement [c'est eux qui le disent] sécurisé pour un bout de temps.

La connerie, c'est de faire toujours la même chose, en espérant un résultat différent.

 

 

 

SOURCE / AGORA VOX, Tribune libre, La tâche

Publié dans actualités

Commenter cet article