La Poste, 4 suicides en un mois : témoignage d'un postier et pétition

Publié le par dan29000

Suicides à La Poste : je voudrais alerter la société sur la condition des postiers

LE PLUS. Un cadre de la Poste de Rennes s'est suicidé en pleine rue cette semaine. Ce sera le quatrième ce mois-ci. Stéphane Jarque, postier, attire notre attention sur les dures conditions de travail de sa corporation, de plus en plus malmenée.

> Par Stéphane Jarque Postier

Edité et parrainé par Louise Pothier

 


Je suis postier depuis près de 20 ans et en tant qu'homme, je voudrais alerter la société sur la condition de ma corporation en France aujourd'hui. Ce mois-ci encore, ce ne sont pas moins de quatre suicides qui ont endeuillé notre entreprise. Ces suicides, on les récences via notre forum de postiers. Très souvent, des collègues racontent leurs situations, leurs mal-êtres, leurs appels au secours.

 

Ces différents suicides et les nombreuses tentatives de suicide ne nous étonnent pas, pire, tant le déni de l’humain est pratiqué chez nous, ils sont la conséquence logique, d’un management froid et sans concessions.

 

Lecture de la lettre d'adieu du jeune rennais par sa femme

 

Mercredi 29 février, le cadre de Rennes, qui a mis fin à ses jours de manière dramatiquement spectaculaire, avait 28 ans, très récemment papa. Il a laissé une lettre expliquant son geste. C'était un pur produit de cette nouvelle Poste, dictée par les marchés financiers, impersonnelle et "rentable".

 

"La Poste crée des inaptes physiques et psychologiques"

 

C’était encore le cas aussi, très récemment à Paris 15e, où l’inspection du travail a transmis au parquet un rapport qui vise "l’homicide involontaire" suite au suicide d’une collègue de 52 ans par défenestration. Malheureusement, plus les jours passent, plus la liste s’allonge. Il aurait eu près d’une centaine de victimes en un peu plus de 2 ans.

 

L'année dernière, un de mes collègues et ami de 45 ans a mis fin à ses jours. Il a laissé une lettre qui est encore pour l'instant aux mains des gendarmes. Pour moi, son mal-être était clair.

 

En mai 2010, les médecins de prévention à la Poste ont pourtant envoyé un courrier à Jean-Paul Bailly, le PDG du groupe, mais également à Eric Woerth, Roselyne Bachelot et Christine Lagarde. La même institution a relevé de graves carences dans les conditions de travail et la prévention des risques avec cette phrase : "La Poste crée des inaptes physiques et psychologiques."

 

Évidemment, nous ne savons pas si tous ces suicides dont on parle sont directement liés à La Poste, mais il y a de fortes présomptions et la Poste, a déjà été condamnée sur ce sujet. Cela a été le cas au mois d'avril 2011, à Nîmes, pour le suicide de Sylvie, une collègue guichetière, reconnu lié à ses conditions de travail par le Tribunal. Sylvie avait laissé une lettre ou elle écrivait "ma raison de vivre, devient ma raison de mourir". C’est aussi ça, la suppression du lien social.

 

Chez moi, en Corrèze, c’est 80 bureaux de Poste ruraux qui ont disparu en cinq ans, avec son lot de destructions d’emplois (plus 40.000 en 4 ans au niveau national).

 

En Corrèze, encore, nous sommes en lourd contentieux juridique avec notre direction. Par six fois en un an (quatre fois par le TGI de Brive, deux fois par la Cour d’appel de Limoges), la Poste a été condamnée.

 

Dépassements d'horaires et perte du lien social

 

Les principaux points de discorde concernent le dépassement d’horaires récurrents et non payés six jours sur sept, sans même avoir pu prendre un repas à midi (ce qui a été constaté par huissiers) et, bien sûr, la perte du lien social. À ce jour, la Poste n’applique toujours pas les jugements, jugements frappés par le sceau de la République française. Dans quelle république Française se situe cette Poste-là ?

 

Nous sommes passés du cliché de "Bienvenue chez les Ch'tis" à une Poste robotisée. Il faut aller vite, être rentable, quitte à spolier le métier lui-même. Maintenant, aller chercher un pli chez une personne âgée ou handicapée qui ne peut pas se déplacer, c'est du "temps parasite" pour notre direction.

On ne parle que des drames spectaculaires, mais, autour de moi, beaucoup de mes collègues travaillent sous médicaments, dans l’exécution comme dans l’encadrement.

 

Je ne peux m’empêcher de penser, qu’avec tous ces collègues qui mettent fin à leurs vies, c’est l’image du facteur de jadis qui meurt et par la même, la conviction de ce que devrait être le service public. Car le service public, c’est le patrimoine de celui qui n’a rien.

En soutien à nos collègues et pour alerter nos gouvernents, nous avons mis en ligne une pétition que vous pouvez signer ici : http://www.petitionenligne.fr/petition/suicides-a-la-poste-brisons-le-tabou/2143

 

 

Source : Nouvel obs

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GALLOT 09/04/2012 21:41


La Poste « m’a tuer »


 


Je suis un fonctionnaire de 54 ans et je travaille à la Poste depuis 38 ans.


Durant toutes ces années, le Groupe La Poste m'a donné la possibilité de pouvoir évoluer au sein de l'entreprise dans
différents métiers aussi passionnants les uns que les autres et qui m'ont apportés beaucoup de satisfaction. Grâce à ma détermination et à ma volonté, j’ai eu un parcours professionnel exemplaire
et j'ai su m'adapter aux différentes évolutions du Groupe La Poste.


Depuis ma prestation de serment à La Poste en 1974, j'ai toujours respecté les règles éthiques de mon entreprise en
faisant preuve d'honnêteté et de probité.


Néanmoins malgré mon entière intégrité, depuis plus de 2 ans et demi, ma situation professionnelle est devenu un vrai
cauchemar. Les conditions déplorables dans lesquelles je me trouve encore actuellement je ne les ai pas voulues et ce n'est pas moi qui l'ai provoquées.


D'une manière arbitraire, sans motif apparent, je suis devenu l'homme indésirable. Du jour au lendemain sans aucune
explication, mes responsables hiérarchiques de la télévente m'ont dépouillé de l’ensemble de mes attributions liées à ma fonction de superviseur télévente créant chez moi un très grand
désarroi.


La Direction Nationale de la Télévente avec à sa direction Mr Alain Drillet n'hésite pas à enfreindre les règles en
vigueur à La Poste et à bafouer mes droits au travail pour arriver à leurs fins et me voir partir tout cela malgré déjà un recours déposé au tribunal administratif.


Rien ne les arrête et le rouleau compresseur continue à m’écraser.


Tout au long de ces longs mois qui viennent de s'écouler, j'ai dû faire face une fois encore au mépris et à
l'humiliation de mes responsables hiérarchiques. Petit à petit, je n'ai plus eu droit ni au commissionnement ni aux formations. L'animateur des ventes chargée de monter en compétence les
superviseurs, m'a dit que je ne faisais plus parti de sa sphère de compétence. Non seulement j'ai été affecté sur une position de travail inexistant mais à deux reprises mon directeur des ventes
m'a refusé de me muter sur des postes de travail vacants et de même niveaux, j'ai même pensé fortement à mettre fin à mes jours alors que l'on m'avait confié en toute connaissance de cause la
responsabilité d'une équipe d'assistants bien connus de toute la télévente pour leur état d’esprit vindicatif et qui m’a valu 2 mois d’arrêt pour dépression. Mais ce qui m'a fait le plus mal, ce
qui m'a fortement choqué, c'est lorsque mon responsable plateau m'a humilié à plusieurs reprises devant mes collègues superviseurs qui sont restés impassibles en me disant que je ne n'étais plus
superviseur, fonction que j'ai acquise avec le fruit de mon travail.


Mes collègues de travail qui durant des mois m'ont vu m'enfoncer dans la déprime ne sont jamais intervenus et ne m'ont
jamais soutenu jusqu'a me reprocher de les ennuyer avec mes problèmes en me demandant de ne plus intervenir en réunion et de me rapprocher d'un avocat. Cette attitude pourrait s'apparenter à de
la non-assistance à personne en danger.


Face au mépris et au silence complice de l'ensemble du plateau télévente, j'ai demandé la mise en place d'un CHSCT
extraordinaire pour dénoncer ces comportements odieux et retrouver mon honneur. A plusieurs reprises, j'ai alerté tous les syndicats de La Poste pour leur faire part de ma situation dramatique.
Hélas aucun syndicat n'est intervenu me laissant dans un profond désarroi. Quelques jours avant la tenue du CHSCT, la représentante du personnel m'avait gentiment dit qu'elle n'interviendrait pas
au cours de la réunion pour préserver ses intérêts professionnels à La Poste.


La procédure du CHSCT Extraordinaire mise en place en début 2010 n'ayant abouti sur rien, afin de défendre mes droits,
mes intérêts et mon honneur il a fallu que je fasse appel à un avocat pour en arriver au dépôt d'une plainte pour Harcèlement moral au tribunal administratif de Melun en décembre
2010.


Les relations avec la télévente sont devenues des rapports de force qui, à la longue, deviennent usantes. Je n’existe
plus, je suis déjà rayé des cadres. En acceptant un détachement à l'université du courrier comme formateur, cela a permis à la Direction Nationale de la Télévente à atteindre leur objectif de me
voir partir de la Télévente. Je pensais bien y rester mais cela n'a fait que renforcer ma précarité.


Depuis le début de mon stage à l'université du courrier de La Poste, je ne reçois plus aucune communication, plus aucune
information, plus aucun courrier et documents administratifs émanant de la télévente alors que j’en recevais régulièrement. Le renouvellement des lettres de mission qui n'ont aucun cadre légale,
prouve bien la forte volonté de m'évincer alors que je ne suis pas en reclassement. Ces lettres de missions ne servent qu’à mettre sur la touche les indésirables et à fournir une main d'œuvre bon
marché au service prenant.


Tous ces faits portent une fois encore atteintes à mes droits, à ma dignité et mon avenir professionnel et financier est
compromis. Ma situation physique et psycholo

dan29000 09/04/2012 22:58



Merci pour ce témoignage...Dommage que la fin soit coupée ? Si jamais vous le souhaitez nous pouvons le publier en "article" dans les jours prochains. Vous pouvez nous contacter à ce sujet via la
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