La Poste : Un rapport dangereux pour l'avenir de la Poste

Publié le par dan29000

International Post CorporationLors de la plénière annuelle du Comité européen de Dialogue Social pour le secteur postal qui  s'est tenue le 15 novembre dernier à Bruxelles et où étaient réunis les représentants des opérateurs postaux européens et les syndicats membres de l’UNI Global Union, deux études prospectives (qualifiées "d'intéressantes" par La Poste française) sur les enjeux du secteur ont été présentées par le cabinet IPC (International Post Corporation) et le cabinet Copenhagen Institute for future Studies.

Ces documents qui vont servir de bases argumentaires et de justifications stratégiques pour La Poste fourmillent de recommandations dangereuses pour l’avenir du Service Public postal, alors que les négociations entre l’Etat et La Poste pour un nouveau contrat de service public sont bien entamées.

 

Pour le secteur du courrier et partant du constat que non seulement « les destinataires n’ouvrent plus leur boîte aux lettres tous les jours et que certains n’ouvrent même pas leur courrier », l’accélération de la transformation de La Poste est préconisée.

 

Dans ce cadre, l’avenir du métier de facteur est décri comme étant obligatoirement à temps partiel, « avec un rythme de travail du personnel de La Poste qui ne correspond plus aux nouveaux besoins. Le courrier pourrait être distribué en soirée ou tôt le matin, par un personnel à temps partiel pour lequel cette activité deviendrait un travail d’appoint (étudiants, mères de famille) ».

 

Pour IPC, les Postes devront engager des réformes profondes dans les 3 années à venir, avec la mise en place de stratégies qui devront intervenir soit de manière urgente, soit de manière progressive et prudente.

 

Les stratégies qui en résultent sont les suivantes :

 

-                                             « Gérer la rentabilité du capital.

Les Postes ne pourront pas attirer les capitaux nécessaires à leur transformation     si elles n’offrent pas au minimum une rentabilité égale au coût du capital.

 

-                                             Gérer comme si La Poste devait être privatisée.

Même si La Poste demeure un service public, elle doit s’organiser et être gérée comme une entreprise privée.

 

-                                             Choisir un ou deux secteurs de croissance plutôt que de miser sur les synergies. Les postes qui disposent d’un vaste réseau et qui exercent plusieurs activités différentes peuvent être tentées d’améliorer leur performance en jouant sur les synergies.

Cette attitude est toujours moins rentable que celle qui consiste à privilégier une ou deux activités très rentables ou porteuses d’un fort potentiel de croissance.

 

-                                             Les profits du courrier doivent financer les nouveaux services et non l’inverse

 

-    Réduire les coûts plus vite que ne décline le Chiffre d’affaires… » etc.etc…

 

Les préconisations de ces rapports qui sont déjà une référence pour La Poste française sont basées uniquement sur la recherche de la rentabilité à tous prix et mettent à mal l’ensemble des valeurs de service public.

 

Travailler à accélérer la transformation capitalistique d’un des plus grands services publics français dans un contexte de forte dégradation économique, financière et sociale est un non sens.

 

L’avenir est au contraire au renforcement du service public postal pour qu’il soit au service de la justice sociale, de l’intérêt général, de la démocratie, du développement des sciences et des techniques, de l’intérêt national et pour qu’il soit toujours plus, le lieu des avancées sociales les plus significatives.

 

Cela nécessite un changement de cap radical dans la politique développée ces dernières années par les dirigeants de La Poste et le rejet total et absolu des préconisations du rapport d’IPC.

 

 

 

 

SOURCE / LE BLOG DE DUPIN BERNARD, administrateur CGT GROUPE LA POSTE

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