La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance, Paul Ariès

Publié le par dan29000

 

 

ariès

 

 

 

 

 

 

Depuis les années 70 nous savions avec René Dumond, qu'il était impossible d'avoir une croissance infinie dans un monde fini. Cela nous semblait déjà évident mais le message ne passait pas vraiment bien. Les choses évoluèrent et cette simple mais importante idée est désormais audible dans de nombreux débats. Au fil du temps, quelques hommes, et femmes, firent évoluer les mentalités et les pratiques, Paul Ariès est un de ces passeurs. D'autant plus efficace qu'il est aussi à l'aise à la tribune d'un colloque, dans l'écriture d'un livre ou la participation à un documentaire.

 


 

 Sa spécialité est de briser quelques idées reçues, idées dogmatiques, comme la croissance c'est le progrès, idée toxique bien partagée hélas entre droite et gauche...Le mythe de l'abondance a la peau dur, et le productivisme se niche dans les partis politiques de toutes les couleurs, et aussi dans la plupart des syndicats ou associations. L'idéologie pernicieuse du "Toujours plus" serait la clé des jours meilleurs, veulent nous faire croire ceux qui confondent les verbes avoir et être.

 

 Alors un livre comme celui-ci, publié en 2010, et ici amélioré d'une nouvelle préface, permet de remettre les choses à leur place, et c'est tout à fait salutaire.

 Il s'agit donc, ici et maintenant, d'apprendre à vivre mieux, avec beaucoup moins, avec la compréhension (et c'est pas gagné) de la gratuité, compréhension essentielle. Lire ou relire le numéro HS du Sarkophage de cet été, sur ce thème.

 

 Au-delà de ses conférences et de ses livres, Paul Ariès dirige le Sarkophage et La décroissance, deux publications que l'on ne saurait trop vous conseiller.

 

 Son propos, assez dynamisant, est ici divisé en cinq grandes parties, rendant bien perceptible son cheminement que l'on ne peut que partager.

 

 D'abord une belle et étayée critique du capitalisme vert. Vous savez cette tendance lourde depuis quelques années à tout vouloir repeindre en vert où certains, politiques ou marchands, voudraient nous faire croire qu'un Airbus ou un nouveau 4x4 pollue moins qu'avant...

 

  Dans son second chapitre, Ariès s'attaque à un problème délicat, mais que l'on ne peut passer sous silence, le productivisme, maladie honteuse des gauches. Certes une gauche optimiste, mais productiviste. Que l'on peut opposer, dans le chapitre suivant, avec les gauches antiproductivistes, mais elles, pessimistes, libertaires, marxistes et socialistes utopistes...

  Les deux ultimes parties étant consacrées aux remèdes. D'abord la proposition d'un antiproductivisme populaire spontané, et ensuite les chemins de la simplicité volontaire, à développer en direction de la gratuité.

 

  Le livre s'achevant sur les huit raisons de choisir la simplicité et surtout, un combat qui nous semble essentiel, le choix de la gratuité, qui est encore hélas loin de faire l'unanimité dans tous les mouvements de l'anti-décroissance.

 

  Un petit livre, format poche, mais grand par son contenu, un contenu qui est assez euphorisant, qui donne des pistes de réflexions et d'actions, un petit livre à lire et faire lire autour de soi, un livre qui redonne un peu la pêche en ces temps difficiles où beaucoup de gens essaient de s'extraire du moule sécurisant mais aliénant des idées  toutes faites des partis et des idéologies souvent obsolètes.

 

  Une lecture qui remonte le moral et ouvre l'esprit...

 

  Que demander de mieux en ce moment ?

 

Dan29000

 

La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance

Paul Ariès

Préface inédite

Editions La découverte / Poche

2011 / 238 p / 9,50 euros

 

Pour découvrir le site de l'éditeur, c'est ICI

 

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Préface

Introduction : Les gauches au pays de Cocagne
I / Le capitalisme vert
1. Adapter la planète ?

2. Adapter l'écologie ?
3. Adapter les humains ?
II / Le productivisme, maladie honteuse des gauches ?
4. Les fourvoiements des gauches

5. Une gauche optimiste mais productiviste
III / Le pessimisme des gauches antiproductivistes
6. Socialistes utopiques, libertaires et marxistes hétérodoxes en butte au pessimisme

7. Et vous voudriez croire en des lendemains qui chantent ?
8. Sortir de la culture du pessimisme
IV / Un antiproductivisme optimiste est-il possible ?
9. Un antiproductivisme populaire spontané

10. L'âge des ersatz
11. A-t-on le droit d'être conservateur ?
V / Les chemins de la simplicité
12. (Re)créer de la différence

13. De la simplicité volontaire à la gratuité
14. Sept raisons de choisir la simplicité
Conclusion : Choisir la gratuité

 

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Conférence de Paul Ariès sur le thème de la décroissance, organisé par l'université populaire de Cluses et l'association CAWA le 16 septembre 2009.

 

 

 


 

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Mitsuko 10/10/2011 08:18



La simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance. Paul Ariè


Depuis les années 70 nous savions avec René Dumond, qu'il était impossible d'avoir une croissance infinie dans un monde fini. Cela nous semblait déjà évident
mais le message ne passait pas vraiment bien. Les choses évoluèrent et cette simple mais importante idée est désormais audible dans de nombreux débats. Au fil du temps, quelques hommes, et
femmes, firent évoluer les mentalités et les pratiques.


Paul Ariès est un de ces passeurs. D'autant plus efficace qu'il est aussi à l'aise à la tribune d'un colloque, dans l'écriture d'un livre ou la participation
à un documentaire.


Alors un livre comme celui-ci, publié en 2010, et ici amélioré d'une nouvelle préface, permet de remettre les chses en place, et c'est tout à fait
salutaire.


Il s'agit donc, ici et maintenant, d'apprendre à vivre mieux, avec beaucoup moins, avec la compréhension (et ce n'est pas gagné) de la gratuité,
compréhension essentielle.


Je vais acheter ce livre car il me semble tellement intéressant et ça permet aussi de trouver d'autres pistes ...


Un grand merci d'en avoir parlé ...


 


   



dan29000 10/10/2011 10:36



Oui, un petit bouquin vraiment très utile à lire, puis  à méditer, et enfin à conseiller autour de soi, afin de faire avancer ses idées qui sont aussi celles développées dans Danactu...