Le cramé, un roman de Jacques-Olivier Bosco, éditions Jigal

Publié le par dan29000

 

 

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L'on dit souvent que le second roman est parfois plus difficile à réussir que le premier. Ici pas le temps de faire des comparaisons, tellement le rythme est rapide, prenant et que l'action se déroule aussi rapidement et aussi brutalement que dans les meilleurs films de Scorsese. Le Cramé en question est un chef de bande, on pourrait même dire, un chef de commando. Il braque des banques avec un sans-faute hallucinant déjouant les forces de police.


 Jusqu'au jour où un traître, car il y a souvent ce genre de figure dans les bons polars classiques, les balance  à l'Antigang. Les deux bandes armées vont alors se retrouver et s'affronter, non sans dommages. Le Cramé se retrouve alors entre quatre murs, mais pas vraiment pour longtemps.

 Vous l'avez compris nous sommes embarqués dans un polar à l'ancienne où l'on va avoir le plaisir toujours renouvelé de retrouver les ingrédients habituels, arrestation, évasion, chasse à l'homme afin de retrouver le traître, et un zeste d'histoire sentimentale, sans oublier un gamin attachant qui vient perturber un peu toute cette mécanique particulièrement bien huilée.

 Le roman de Bosco avance à une vitesse vertigineuse et l'on ne peut que vous conseiller d'entreprendre sa lecture durant un week-end, car il est difficile de s'interrompre une fois plongé dedans. Le signe qui ne trompe jamais quand on lit un polar.

 La cerise sur le gâteau étant le renversement des intrigues habituelles ou un flic s'incruste anonymement chez les délinquants, ici c'est le Cramé qui va réussir, avec une audace surprenante, à s'infiltrer dans les locaux, et même dans la peau de ceux qui le pourchassent...

 

 Même s'il y chez Gosta un aspect "old fashion" avec ce sens de l'honneur que l'on pouvait trouver chez les truands dans les films noirs de Melville durant les années d'après-guerre, l'action est bien enracinée dans la réalité d'aujourd'hui, des cités aux réseaux de pédophiles.

 

 Jacques-Olivier Bosco, sans doute, un nom à retenir, un roman sans temps mort qui ne peut que donner l'envie de lire le prochain.

 

 

Dan29000

 

Le cramé

Jacques-Olivier Bosco

Editions Jigal

2011 / 288 p / 17 euros

 

Voir le site de l'éditeur, ICI

 

 


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Entretien avec l'auteur (extrait), lire la suite et fin sur bibliofractale

 

: Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ce roman, quel en a été le point de départ ?

 

JOB ; J’aime le polar sous toutes ses formes et après mon premier livre qui est dans un style plus sombre sur le thème de la vengeance et le « milieu » du sud, je voulais écrire un thriller, une histoire avec du suspense, vous savez, le principe de la bombe à retardement. C’est pour cela que j’ai choisi le thème de l’enfant qui disparait. On sait tous, dans ces cas là, que ce qu’il peut advenir de la victime dans les jours suivant sa disparition peut être dramatique. J’avais donc une trame sur laquelle je pouvais faire intervenir mes personnages en utilisant mes émotions, tout en jouant sur le « timing ».

 

: « le Cramé » : une intrigue très actuelle, avec surtout un personnage qui a des valeurs que beaucoup pourraient juger dépassées. Un hommage à certains héros de films ou de romans ?

 

JOB ; Oui, bien sûr, j’avoue avoir une fascination pour ces valeurs (idéalisées pour la plupart par les récits), que l’on trouve dans les bandes de bandits, de Robin des Bois à Dillinger, mais aussi celles d’hommes « seuls » comme dans « Impitoyable », «  Pale Rider » ou même «  Gran Torino » ( tiens, Clint Eastwood, mais on y reviendra), des gens qui vont jusqu’au bout pour un idéal, une amitié ou une promesse, il y a aussi le côté chevaleresque « naïf », de Duguesclin à Don Quichotte, en passant par « Tirant le Blanc », et même « Sir Nigel », le top en la matière. J’adore les romans d’aventure et le côté « héros » désintéressé, sauf que mes personnages sont de notre époque et que tenir ce genre de valeur est beaucoup plus difficile.

Mais les livres servent à faire rêver, non ?

 

 

: Gosta Murneau, alias « le Cramé » : un homme de feu, avec sa marque de brûlure, et une flamme noire au fond des yeux. Un « Cramé » qui devient « Ange » …Dites-nous en un peu plus sur lui.

 

JOB ; Je voulais faire un polar dur et noir, avec des méchants vraiment mauvais, comme les vrais, ceux qu’on voit dans Gomorra par exemple, n’hésitant pas à tuer une mère de famille pour récupérer un logement. Pour les combattre il me fallait donc un personnage encore plus méchant, pour montrer qu’on trouve toujours plus fort que soi.

Afin de lui donner de la crédibilité je lui ai construit un passé qui justifie son tempérament, mais dans le fond c’est un type bien, avec de l’humanité et ces fameuses valeurs qui lui viennent de l’amitié qui se crée dans les centres de redressement ; fidélité, engagement, etc.…. Son principal trait de caractère est qu’il ne supporte pas l’injustice et les violences faites aux femmes ou aux faibles, c’est viscéral, ancré dans son enfance, il va tuer un gars parce qu’il a tenté de violer une jeune fille, alors quand il va tomber sur des trafiquants d’enfants et des pédophiles, je vous laisse imaginer. Avec le Cramé, même le diable ne dort pas tranquille.


 

Publié dans lectures

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Mitsuko 08/11/2011 09:21



Moi qui aime les polars, je pense que ça va me plaire.


J'ai quelqu'un qui l'a lu et qui a bien aimé alors ... je lui emprunterai un jour ou l'autre ... (lol)


En tous les cas, la description me dit que c'est un bon polar.


Merci à toi, de nous en faire part ...



dan29000 08/11/2011 10:11



Oui, cela démarre fort, et ensuite le rythme est bien tenu, que demander de plus pour un polar ?