Le déménagement, un film de Catherine Rechard, censuré par l'administration pénitentiaire

Publié le par dan29000

 

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Nos lecteurs connaissent notre intérêt pour tout ce qui touche à l'enfermement et en particulier à l'état catastrophique des prisons françaises où l'on se suicide beaucoup et où règne l'arbitraire de l'administration pénitentiaire. Ayant depuis près de trois ans développer notre rubrique ECRANS, nous multiplions également les chroniques sur des documentaires exigeants qui ont la particularité, au-delà de leurs qualités, de ne pas avoir un nombre d'écrans identiques aux grosses machines genre "Intouchables". Néanmoins ce sont des documentaires que vous pouvez voir dans de rares salles, ou bien sur le petit écran.

 

 Le déménagement, vous aurez peut-être la chance de le voir dans quelques salles, mais sans doute pas sur France 3 comme initialement prévu. Cette chaîne du service public, avec "courage" se plie, et on a envie d'utiliser un autre mot, devant le diktat de l'administration pénitentiaire qui refuse de laisser diffuser ce film. Ce que Canal + avait eu le courage de ne pas faire dans un cas similaire.

 Pourquoi ?

 Tout simplement parce que les visages des détenus filmés ne sont pas floutés !

 Précisons, car cela est important, que les détenus interrogés avaient accepté d'apparaître à visages découverts. Conformément  à la loi d'ailleurs.

 

 Ce film est pourtant une réussite. Il nous raconte donc le déménagement des détenus de la vieille maison d'arrêt Jacques Cartier du centre-ville de Rennes, vers un centre de détention flambant neuf à la périphérie de la capitale bretonne. Une nouvelle construction qui entre dans le programme immobilier gouvernemental, au centre de la politique pénitentiaire actuelle. Au total 25 nouvelles constructions dans les prochaines années. Il est vrai qu'il est plus facile d'enfermer de plus en plus de gens en difficulté, que d'essayer de résoudre les problèmes qui les conduisirent  jusque là. Un choix politique.

 

 La réalisatrice et la production, Candela productions, s'opposent au floutage et accompagnent le film dans diverses villes, mais restant dans un impact limité, ce qui est sans nul doute la volonté de l'AP. Ce qu'avouera clairement Alain Jego, directeur inter-régional des services pénitentiaires, envoyé par sa hiérarchie lors d'un débat-projection à "La maison du barreau de Paris" :

 

"Cent cinquante personnes, cela n'a pas le même retentissement que cinq millions"

 

 Mais depuis plusieurs mois, la presse, dans un bel ensemble, soutient le film, qui obtient ainsi un retentissement certain.


 Nous avons vu le film de Catherine Rechard, c'est une belle réussite, où l'expression des détenus est entendue, et leurs paroles, c'est le minimum vital pour ceux qui n'ont plus que cela, une question de dignité. Sans doute des notions que ne peuvent comprendre vraiment l'administration pénitentiaire. Flouter les visages de ceux qui acceptent de parler en dehors de tout anonymat est une insulte à ces personnes, et bien entendu une insulte à ceux qui se sont battus pour que le film existe, et enfin une insulte aux spectateurs en leur interdisant de voir ce film sur un grand média national.

 

 L'administration pénitentiaire est bien connue pour son arbitraire, vis à vis des détenus et de leurs familles, mais cette censure est une grave atteinte à la liberté d'expression, et au droit à l'image. Espérons au moins que le film puisse sortir en salles dans un circuit de distribution.

 

En attendant, nous appelons nos lecteurs à signer la lettre ouverte aux ministres, ci-dessous, et à voir le film lors des diverses projections prévues dans les mois prochains. Les dates seront annoncées dans notre agenda. (Ergué Gaberic et Paris, déjà prévues).

 

 

Dan29000 

 

affiche-demenagementLe déménagement

Catherine Rechard

2011 / 54'
 

Musique
Têtes Raides
Producteurs
Marie-Laurence et Franck Delaunay

Co production
Candela Productions
France 3 Ouest  TV Rennes 35

Film réalisé avec le soutien de la région Bretagne, de la ville de Rennes...

 

Pour découvrir le site du film, c'est ICI

 

Pour celui de Candela productions, c'est LA

 

Merci à nos lecteurs de signer la lettre ouverte aux ministres de la justice, et de la culture, ICI

 

 

Projections :

 

Paris : Hôtel de ville le 10 /01 et Assemblée nationale : le 11/01


Ergué-Gabéric, Finistère, Maison pour tous Dimanche 15 janvier à 17h

 

Nantes Cinéma Le Concorde mardi 24 janvier

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