Le Havre : l'UL CGT accueille Jean-Marc Rouillan mardi

Publié le par dan29000

Jean-Marc Rouillan attendu à l’UL CGT du Havre

 

de : PACO

 

 

 

Invité par Le Volcan Maritime-Scène Nationale le mardi 5 mars, Jean-Marc Rouillan sera finalement accueilli par l’Union locale CGT du Havre pour parler notamment de la lutte armée dans l’Europe de l’Ouest post 68.

 

 


JPEG - 135.6 ko

« Figure historique d’Action Directe, Jean-Marc Rouillan, sous le nom de Jann-Marc Rouillan, est l’auteur de plusieurs livres passionnants sur son adolescence toulousaine marquée par la lutte antifranquiste, l’engagement dans la lutte armée des années 70, la clandestinité, l’univers carcéral dans lequel il a passé un quart de siècle. Ses livres constituent un témoignage rare sur un moment récent de l’histoire européenne. »


C’est avec ces mots qu’un flyer du Volcan Maritime-Scène Nationale annonçait, début février, la venue de Jean-Marc Rouillan au Havre dans les coulisses de J’avais un beau ballon rouge, une pièce d’Angela Dematté mise en scène par Michel Didym et interprétée du 5 au 9 mars par Romane et Richard Bohringer. Une initiative montée en partenariat avec le groupe libertaire Zéro de Conduite qui, en 2009 et en 2010, avait organisé des lectures de textes de Jann-Marc Rouillan dans le cadre de la campagne pour sa libération. C’était sans compter sur les réactions du député-maire UMP du Havre, du sous-préfet et du préfet. Pas moins.


Keskikoince ? Le fait que Le Volcan Maritime soit situé sur le port du Havre entre deux sites (Renault Sandouville et le futur parc éolien d’Areva/ex-Cogema) symboliquement marqués par l’histoire d’Action Directe... Le fait que les salariés de Renault pourraient s’émouvoir qu’un lieu subventionné donne la parole à l’ex-militant d’un groupe qui s’est attaqué à leur patron (sujet que, selon une décision de justice, Jean-Marc Rouillan n’a d’ailleurs pas le droit d’évoquer sans risquer de retourner illico presto en cabane)... Le fait qu’il soit impensable qu’un tel révolutionnaire s’exprime dans l’EPCC présidé par le député-maire UMP (et ancien directeur des Affaires publiques d’Areva) qui est déjà en campagne pour les prochaines municipales havraises...


Le fait que Jean-Marc Rouillan (jugé, condamné, emprisonné avec une grosse louche de rab) soit à présent en liberté conditionnelle ne semble en revanche pas effleurer nos beaux moralistes républicains. Pour eux, Jean-Marc Rouillan sera toujours une espèce d’Hannibal Lecter à bien tenir en laisse, muselé. Voyons, pourquoi inviter un rebelle non repenti quand un brillant universitaire aurait pu faire l’affaire ? Et pourquoi ne pas faire venir tel ou tel médiatique spécialiste de l’antiterrorisme pendant que nous y sommes ?


Après divers déplacements à Auch, à Saint-Etienne, à Toulouse, à Bordeaux, en Catalogne..., c’est donc, toujours à l’invitation du Volcan Maritime, à l’Union locale CGT du Havre que Jean-Marc Rouillan causera. Cette place forte du syndicalisme résonne encore de l’affaire Jules Durand (anarcho-syndicaliste condamné à mort après un procès truqué en 1910), des cris des ouvriers assassinés par les forces dites de l’ordre pendant la grève des métallos de 1922 et de tant de luttes. Ce lieu était bien sûr toujours debout, dans l’unité, quand il s’agissait de combattre la réforme des retraites ou de mettre sur pied une mémorable manif anti-G8. Ce lieu sera encore dans l’action ce 5 mars à l’appel des syndicats CGT, FO, FSU, Solidaires et UNEF unis contre l’accord scélérat dit de « sécurisation de l’emploi ». Bref, de quoi effrayer les âmes sensibles à l’heure où Manuel Valls met en garde contre les risques « d’explosion et d’implosion sociale ».


Soyons sérieux. De qui doivent avoir peur les travailleurs, les jeunes, les retraités, les précaires, les exclus ? De Jean-Marc Rouillan ou des exploiteurs-affameurs-spéculateurs et autres fossoyeurs d’espoirs qui poussent les chômeurs à s’immoler sur la place publique ?


Rencontre avec Jean-Marc Rouillan le mardi 5 mars, à 18 heures, à la Maison des Syndicats 119, cours de la République au Havre. Entrée libre. Après la causerie, Jann-Marc Rouillan signera ses livres publiés chez Agone, L’Arganier, Al Dante.


JPEG - 630.8 ko

Informations sur la pièce J’avais un beau ballon rouge où Margherita Cagol (compagne du fondateur des Brigades Rouges Renato Curcio) dialogue avec son père.

Publié dans lectures

Commenter cet article