Le printemps des carrés rouges, André Frappier, Richard Poulin et Bernard Rioux

Publié le par dan29000

 

 

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  Un des faits marquants de cette année 2012 qui s'achève, fut sur le plan international, la longue grève du mouvement étudiant québécois, parfois suivie par plus de 300 000 personnes sur les campus. Un surprenant mouvement qui répondit avec force à une décision honteuse du gouvernement du Québec d'augmenter de 75 % sur cinq ans les droits de scolarité universitaires.


  Alors que de semaines en semaines, le mouvement s'élargissait, le gouvernement fit l'erreur d'y répondre par une loi liberticide qui alors entraina dans la rue d'autres secteurs de la population en solidarité avec les étudiants. Une sorte de désobéissance civile de masse.


  Rapidement le mouvement mit en avant une demande forte, celle de la gratuité scolaire, demande bien entendu subversive dans un contexte international marqué par la marchandisation de l'université sur tous les continents. C'est d'ailleurs ce contexte international marquée par une vaste offensive libérale que le trio d'auteurs a choisi pour ouvrir ce livre qui va permettre au lecteur de mieux comprendre ce qu'il se passa durant ces longs mois où se multiplièrent piquets de grève, concerts de casseroles et centaines de manifestations, dont certaines réunirent plus de 200 000 personnes !


  La seconde partie de ce document est consacré à sa contextualisation, à savoir la place de l'éducation dans le système capitaliste, c'est à dire comment l'école se met au service d'une classe dominante. Sans oublier le passif de 2003, où les occasions manquées par les syndicats qui ne purent stopper les lois antisyndicales du gouvernement Charest où, comme parfois en France, leurs directions n'osèrent pas se diriger vers la grève générale en réponse à des attaques pourtant flagrantes. 


  Sans rentrer dans les détails, cet ouvrage clair et précis nous informe parfaitement des rouages d'une lutte étudiante qui se transforma en crise sociale, où la droite tenta de réprimer par le droit et où la démocratie se fit dans la rue, car "c'est dans la rue que cela se passe", pour reprendre un des slogans favoris des manifestants du dernier mouvement social en France. On se souviendra aussi de la journée internationale du 30 mai, où cette résistance franchit les frontières, et où le soutien fut massif de Londres à Paris, en passant par le Costa-Rica et dans de nombreuses villes des États-Unis avec le mouvement Occupy Wall Street.


  L'ouvrage de Frappier, Poulin et Rioux, tous actifs dans la gauche sociale et politique, entre autres aux Nouveaux cahiers du socialisme et à Presse-toi à gauche, permet de bien saisir les enjeux de ce mouvement des carrés rouges, massif et unitaire qui laisse une empreinte durable puisqu'il fut la mobilisation la plus intense et la plus large socialement qu'a connue le Québec dans son histoire.


 

Dan29000


 

 

 

Le printemps des carrés rouges

Lutte étudiante, crise sociale, loi liberticide, démocratie de la rue

André Frappier, Richard Poulin, Bernard Rioux

Collection mobilisations

M éditeur, Québec

2012 / 160 p / 12 euros

 

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