Le retour de Jim Lamar, un premier roman de Lionel Salaün

Publié le par dan29000

 

 

 

 

 

jim-lamar.jpgNous poursuivons donc notre mise en avant de quelques premiers romans, avec celui de Lionel Salaün, né en 1959, qui habite Chambéry et possède un profil très classique d'écrivain en devenir, c'est à dire, petits boulots pour vivre ou survivre et maximum de temps pour l'écriture. C'est souvent le schéma de vie de ceux qui débutent dans le métier exigeant d'écrivain. Presque un parcours obligatoire en France, contrairement aux écrivains anglo-saxons.

 

L'ancien pêcheur de sardines peut être rassuré, son entrée dans le petit monde de la littérature française est réussie. En effet dès les premières pages, l'on peut percevoir un souffle, un souffle prenant dans sa narration. 

Le lecteur se retrouve dans un coin perdu du Missouri, et Jim Lamar est absent, très absent. Ses parents l'ont attendu, en vain durant bien longtemps. Puis ils sont morts de chagrin. Et leur ferme abandonnée et pillée, car plus personne dans le coin ne pouvait penser que Jim Lamar allait revenir. Du Vietnam. De la guerre du Vietnam.

 

En l'absence de Jim, le narrateur est l'autre personnage principal du roman, Billy, qui a treize ans. Billy qui n'aime pas vraiment son collège, et qui est dans une famille peu chaleureuse. Juste des parties de pêche dans ce fameux fleuve qui coule par là, le Mississipi. Sans doute le fleuve le plus célèbre du pays, célèbre par la musique bien entendu, le blues, mais aussi par toute la littérature qu'il véhicula, et aussi par le cinéma. "Mississipi burning".

 

Et un jour, Jim Lamar, on s'en doutait un peu vu le titre du roman, revient. Alors que plus personne ne l'attendait. La littérature américaine a souvent traité, tout comme le cinéma d'ailleurs, des retours au pays des combattants du Vietnam. Certains revenaient vivants mais mutilés, d'autres revenaient entre quatre planches avec une belle médaille, et d'autres revenaient "vivants mais pas tout à fait", ils revenaient "autrement". Transformés, différents d'avant la guerre.

Alors se fait la jonction entre Billy et Jim, entre ce gosse qui s'ennuie et cet homme, enrôlé en 1968, enfin de retour chez lui après les horreurs du conflit.

 

Le roman déjà prenant, prend alors son envol et va nous parler d'apprentissage pour le gamin à l'écoute de Jim, et de reconstruction pour l'ex-soldat que personne n'attend plus chez lui, dans une Amérique profonde qui ne savait même pas où se situait le Vietnam, petit pays lointain que la première armée du monde tenta en vain de détruire. Une Amérique pour laquelle les étrangers, étaient juste de l'autre côté du Mississipi !

 

Au fil du temps, Billy et Jim vont s'apprivoiser l'un l'autre, au fil de leurs rencontres au bord du fleuve pour une partie de pêche, au fil parfois du silence, et vont devoir faire face à l'hostilité du village où personne ne semble plus reconnaître le nouveau Jim Lamar.

 

Cette belle réussite nous conforte dans notre volonté de mettre en lumière des premiers romans, souvent plus intéressants, quand ils sont de cette qualité, que les quelques gros titres formatés pour la saison des prix littéraires.

 

Comme on peut le lire ci-dessous, l'accueil de la critique fut excellent, et celui des libraires également, ce qui donne à Lionel Salaün un très beau départ, et aussi une pression pour son second roman.

 

Dan29000

 

 

Le retour de Jim Lamar

Lionel Salaün

Editions Liana Lévi

2010 / 242 p / 17 euros 

 

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PRESSE /

 

«Ce roman initiatique célèbre la fraternité. A ce jeu-là, Lionel Salaün excelle, avec une narration aussi douce et tumultueuse que le Mississippi.» Télérama

 

«Ce premier roman pétille de fraicheur.» Le Matricule des anges

 
«Ce premier roman est une pépite qui se lit d’une traite.» Ouest France


«Un roman sur la loyauté.» Le Soir 


«Fascinant.» Mediapart


«Il nous rappelle que l’important n’est pas tant de savoir où l’on va, mais d’où l’on vient.» Témoignage Chrétien


«Le retour de Jim Lamar est un premier roman mature et grave, qui fait preuve d'une belle originalité.» Livres Hebdo

 

LIBRAIRES /

 

«Un hymne bouleversant à la fraternité et à la tolérance.» Sauramps, Montpellier
«Un premier roman sensible et prometteur qui sait donner des voix singulières à chacun des protagonistes et qui alterne plutôt avec bonheur dialogues rudes, moments de plénitude et évocation du fleuve mythique et des forêts qui le bordent.» Le Square, Grenoble
«Le récit bluffant d'une amitié.» La Manoeuvre, Paris
«Un roman captivant qui vous entraîne dès les premières lignes au fin fond des Etats-Unis à la manière des grands romanciers américains!» L’Echappée belle, Sète
«Loin de n’être qu’un livre sur la guerre, Le retour de Jim Lamar est surtout un livre sur l’amitié, l’enfance et le pouvoir de la confession.» L’Odyssée, Saint Malo
«Lionel Salaün offre la justesse de son regard pour en dire autant sur la lâcheté et la solitude des hommes que sur les débuts de leur propre rédemption.» L’Arche aux livres, Chambéry
«Etonnant jusqu'à la dernière page.» Jules et Jim, Cluses
«Lionel Salaun sait avec justesse et sensibilité évoquer la fragilité des êtres, la complexité des rapports humains.» Le Bois d’amarante, Chambéry
«Un premier roman particulièrement mature.» La Voie aux chapitres, Lyon
 

EXTRAIT /

 

Je ne sais pas ce qu’il en est aujourd’hui, mais à Stanford, à l’époque, on n’aimait pas bien les étrangers. Quand je dis étrangers, je ne veux pas parler des habitants de pays autres que les États-Unis, comme le Canada ou le Mexique, et moins encore de ceux de la vieille et lointaine Europe que bon nombre de gens d’ici auraient été
bien en peine de situer sur une carte. D’ailleurs, il faut bien le reconnaître, quels Suisse, Allemand ou Français, sans même évoquer d’autres peuples dont nous ignorions jusqu’au nom, seraient venus traîner leurs bottes à Stanford? Non, par étrangers, j’entends des types de l’autre rive du Mississippi, sans même aller jusqu’à l’Iowa ou l’Illinois, des gars d’un autre comté, des gens pas comme nous, des gens d’ailleurs, des étrangers, quoi !

Jim Lamar, lui, était né ici, et ses parents avant lui, et les leurs, et sûrement que ça devait remonter à loin, tout ça, peut-être à la fondation de la ville, bien loin. Jim Lamar était né ici, y avait grandi, y était allé à l’école, avait fréquenté l’église baptiste comme tous les gamins de Stanford, avait fait tout pareil que les autres enfants de son âge, de son temps.


 

 

 

 

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Keruzien 30/01/2011 22:17



Effectivement un premier roman que pour ma part je trouve meilleur que certain prix littéraire. Quand on change, qu'on évolue, ce qui arrive dans une vie, il est parfois diificile de le faire
comprendre aux gens qui vous connaissent, aux proches, ce qu'on trouve exprimé ici. Un beau roman sur l'amitié et la liberté.



dan29000 30/01/2011 22:58



tout à fait d'accord avec cela, faudra juste attendre la confirmation avec le second, nous avons lu pas mal d'excellents premiers romans depuis septembre, mais il faudra une confirmation au
second qui est encore plus difficile généralement à réussir...Mais on va garder un oeil sur cet auteur, c'est clair...