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Leonard cohen cdOld Ideas: du grand Cohen

 

Alain De Repentigny
La Presse

Ce premier album en sept ans de Leonard Cohen est un grand cru dont plusieurs chansons trouveront leur place parmi les classiques du poète d'origine montréalaise.Voici donc notre appréciation d'Old Ideas, chanson par chanson.

 

 


Cohen étonne toujours par sa pertinence, son originalité et ce petit quelque chose d'intemporel qui est l'apanage des plus grands. Au plan musical, Old Ideas est son disque le plus libre et le plus accompli depuis des lunes. «Leonard ne fait pas des albums à la chaîne et quand les chansons sortent finalement, elles ont du jus», a récemment commenté le réalisateur Patrick Leonard en interview. On ne saurait mieux dire.

 

GOING HOME

 

Très fort comme entrée en matière. Au plan de l'autodérision, Going Home est à Old Ideas ce que Tower of Song était à I'm Your Man. Dans ce poème dont le réalisateur Patrick Leonard a tiré une chanson, le chanteur-diseur se moque d'un «lazy bastard living in a suit» prénommé Leonard. Une ballade irrésistible pour la proximité de la voix de Cohen, une constante d'un bout à l'autre de l'album, et pour le leitmotiv du synthé qui se logera dans votre oreille pour y rester.

 

AMEN

 

Du grand Cohen. La chanson la plus longue de l'album - plus de sept minutes - mais on en redemande. Comme dans The Future, Cohen évoque de sa voix râpeuse des images pas très jojo, pourtant Amen agit comme un baume avec sa mélodie accrocheuse et sa fort belle musique mélancolique.

 

SHOW ME THE PLACE

 

Un hymne proche du gospel dans lequel il est question de troubles, de souffrance, d'esclavage et où la voix angélique de Jennifer Warnes agit comme contrepoids à celle, granuleuse, du chanteur. L'orgue est en évidence, le violon aussi, qui donne à la chose une saveur quasi celtique. Comme dans ce que Cohen fait de mieux, il y a un côté apaisant dans la noirceur de Show Me The Place.

 

DARKNESS

 

Changement de ton, de rythme aussi. Un blues pratiquement enregistré live avec le groupe de tournée de Cohen, même si la guitare électrique y est moins présente qu'en concert. D'entrée de jeu, on reconnaît le son de la guitare de Cohen dont on s'ennuyait depuis des décennies. Une musique riche, nourrie à l'orgue, au piano, à la batterie, au saxophone et à la guitare acoustique. L'une de mes préférées.

 

ANYHOW

 

Une chanson étonnante sur le thème de l'échec amoureux, où l'amertume, proche du fiel, l'humour et la dérision se mêlent dans des phrases savoureuses (I know you have to hate me but could you hate me less). Cohen nous la chante mollement, avec une touche sexy accentuée par le «anyhow» vaporeux de la chanteuse Dana Glover. Cette chanson jazzée se termine en clin d'oeil sur une enfilade de rimes aussi amusantes que faciles.

 

CRAZY TO LOVE YOU

 

Cette chanson, Cohen l'avait donnée à Anjani Thomas qui nous l'a servie façon piano/voix angélique sur son album Blue Alert. Il a eu l'idée lumineuse de la reprendre à sa façon, plus dépouillée encore, et encore plus efficace. Pour la première fois depuis une éternité, le chanteur de 77 ans s'accompagne uniquement à la guitare et pousse sa voix dans des phrases qui nous vont droit au coeur sur le thème des affres et des avantages de la vieillesse.

 

COME HEALING

 

Un autre hymne, superbe dans la forme comme dans le ton, où Cohen chante dans une tonalité plus haute qu'à l'habitude pour arrimer sa voix à celle, fort belle, de Dana Glover. Le duo met en valeur ce texte aux accents bibliques.

 

BANJO

 

Une chanson plus rythmée. Le dobro annonce dès le départ un blues country auquel contribuent trois musiciens du groupe de tournée: Sharon Robinson, qui s'éclate à la manière gospel, Neil Larsen (cornet) et Dino Soldo qui y joue presque tous les autres instruments. Un intermède léger parmi des chansons plus consistantes.

 

LULLABY

 

Une fort belle chanson que Cohen chantait déjà dans sa dernière tournée. Une ballade lente, bluesée, répétitive. Un tout petit bémol: cette chanson émouvante aurait été encore plus réussie sans le son d'harmonica un peu convenu qui prend trop de place.

 

DIFFERENT SIDES

 

Cohen a gardé pour la fin sa chanson la plus pop. Un règlement de comptes entre deux amants sur une musique presque dansante, avec piano qui swingue sur fond d'orgue. Probablement pas la chanson qui vous restera en mémoire après l'écoute de ce grand album.

 

Old Ideas, de Leonard Cohen. Columbia / Sony Music.

 

Source : La presse.ca

 


Tag(s) : #musiques

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