Les Fralib toujours sur le pied de guerre

Publié le par dan29000

Sur le pied de guerre

samedi 5 mai 2012
par  Charles Hoareau


Depuis qu’un juge, valet du patronat, a validé le plan de casse de l’emploi du groupe UNILEVER, nous savons tous ici que les patrons n’ont qu’une idée en tête : vider le site de ses salariés et de ses machines.

Ils savent qu’on le sait.
Le 10 avril les salariés ont annoncé publiquement la création d’un comité de surveillance et depuis l’usine a été mise sous la haute protectionde la population pour mettre en échec le plan de sabordage de la multinationale.

Du coup, la direction, multiplie les manœuvres.
Une des dernières et non des moindres ayant été l’annonce de la vente de l’usine à l’entreprise SIBELL [1]…entreprise qui se déclarait en difficultés financières quelques semaines auparavant : encore un écran de fumée que la CGT a dissipé.

Sur place le climat se tend du fait des mercenaires aux ordres de la direction et dont le nombre ne cesse de grandir. Ils multiplient les provocations et les obstacles à l’entrée des salariés sur le site. De plus on a vu dans les parages des camions de déménagements industriels venus repérer les lieux…

Hier à 21h ils ont coupé l’électricité au moment où les fralibiens envoyaient leur message quotidien qu’ici, tout le monde de la lutte attend : ça ne fait rien ils ont pu l’envoyer quand même.

Les lettres de licenciement ont commencé à tomber, les fralibiens serrent les dents…et nous avec. On ne lâche rien. Ils ne nous auront pas, l’usine on la gardera.

Depuis jeudi l’alerte est maximum.
En face ils ont l’argent et les mercenaires, nous nous avons le nombre, la solidarité, la motivation et la détermination. Personne ne nous a achetés, on ne se bat pas pour des primes à la valise ; on se bat pour l’emploi, pour l’avenir des enfants d’ici et c’est bien plus fort que tout.

En face ils n’ont pas compris que leur argent ne peut pas tout et qu’ « un peuple uni jamais sera vaincu » comme l’ont crié tant d’années les chiliens.
Ici, de La Ciotat au Port, des raffineries à la générale sucrière, et maintenant la SNCM, le Grand conseil de la mutualité et Fralib on en a connu des luttes dures et qui durent.
Des luttes qui ont tenu et gagné grâce à la solidarité de toutes et tous. _ Des luttes qui ont cimenté tout un département.

Depuis jeudi des messages sont envoyés partout et par tous les moyens que la technique permet, pour dire à chacune et chacun de se tenir prêts à tout moment à monter en courant à l’usine.

Et les réponses n’ont pas tardé. Par dizaines, elles sont revenues à chacun des expéditeurs qui ont relayé l’alerte des fralibiens et de l’UD CGT.
Tous les messages sont du type de ceux-là :
« Compris je dors avec mon téléphone à côté de mon lit et j’ai prévenu des copains sur Aubagne » (Jean Louis)
« Ils veulent la guerre ? Il y a 20 guerriers avec moi prêts à se battre jour et nuit et à descendre à Gémenos à la moindre alerte »(Kamel)
« Ma santé ne me permet pas de venir mais je relaie » (Hélène) _ « Nimes c’est loin mais si on peut faire quelque chose dites nous quoi » (Luisa)
« Au cas où, j’appelle tous les élus d’Aubagne » (Barbara)
« Je suis prêt » (Serge).

Nous sommes tous des fralibiens.
Contre le pot de fer du fric, le pot de thé de la lutte vaincra.
Pas un boulon ne sortira d’ici !

 

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Déclaration de l’Union Départementale CGT 13

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Patrons voyous : Halte aux coups tordus et aux tentatives de démantèlement du site FRALIB


Le conflit de FRALIB arrive à son 584me jour, le Tribunal a validé le PSE, grâce à l’appui du gouvernement (qui a empêché que toutes les pièces venant de la DIRECCTE soient versées au dossier pour le Tribunal).

Le P.V. de carence, qui lui aussi a été bloqué, aurait pu permettre une remise à plat complète de la procédure, et y inclure notre solution alternative. A plusieurs reprises, la CGT a condamné cette attitude déloyale, qui sert la multinationale et non l’intérêt général.

Lors de notre dernière rencontre en Préfecture de Région, le 30 avril 2012, nous avons dénoncé et condamné toutes ces interactions qui vont à contre sens de l’emploi dans notre département. Nous avons demandé au représentant du Préfet réparation, en préemptant les machines durant toute la procédure juridique, incluant l’appel qui va avoir lieu prochainement, et le projet de revitalisation, dans lequel notre projet industriel doit être négocié avec Unilever.

Ce projet alternatif à la fermeture, soutenu par l’ensemble des collectivités territoriales, doit aller au bout. C’est pour ces raisons, qu’il est indispensable que l’outil de production reste sur place, à l’intérieur même du site, à Gémenos.

Les connivences, entre la multinationale, l’Etat, les ministères, la Préfecture, n’ont que trop duré. Chacun doit prendre ses pleines et entières responsabilités, et anticiper les conséquences directes en cas de tentatives de coup de force de la Direction, de vouloir démanteler l’outil.

La CGT des Bouches du Rhône ne cesse de mettre en garde les services de renseignements généraux de la Préfecture, sur des craintes réelles de démantèlement durant cette période (élections, ponts, jours fériés…).

Des « mercenaires » payés par Unilever, gardent l’usine, et provoquent les salariés à l’entrée. Des déménageurs industriels se sont même rendus sur place pour repérer les lieux.

Pour toutes ces raisons, la CGT des Bouches du Rhône a largement alerté toutes ses organisations afin de renforcer la surveillance du site, et à être présentes massivement en cas de tentatives de toutes parts.

Depuis le début nous le disons, et nous le réaffirmons encore aujourd’hui : « pas un boulon ne sortira de l’usine ».

Usine que nous mettons sous haute protection de l’ensemble des organisations de la CGT.
Nous exigeons que l’Etat joue enfin son rôle, et interdise tout coup tordu d’Unilever.

En aucun cas la CGT ne sera tenue pour responsable d’une situation qu’elle n’aura pas créée, car elle n’a pas cessé de prévenir les pouvoirs publics de la situation délicate et tendue autour de ce dossier.

Nous prendrons nos responsabilités, nous invitons chacun et chacune à prendre les siennes.

Marseille, le 4 mai 2012


[1] entreprise de frites voisine du site qui avait annoncé vouloir prendre les murs mais pas les salariés

 

 

Source : ROUGE MIDI

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