Les travaillleurs de la culture en lutte, un essai de résistance d'Irène Pereira

Publié le par dan29000

 

 

 

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Si vous êtes un lecteur habituel de notre site, Irène Pereira n'est pas une inconnue pour vous, car nous vous parlions déjà d'un de ses livres en mai dernier. (Voir ci-dessous). Pour les autres, précisons qu'elle est docteur en sociologie, chargée de cours à l'Université. Tout en étant salarié au ministère de la culture où elle milite au syndicat SUD Culture Solidaires.Enfin, étant manifestement très active, elle est aussi co-fondatrice de l'Institut de recherche, d'étude et de formation sur le syndicalisme et les mouvements sociaux (IRESMO).


Et pourtant elle trouve le temps d'écrire des livres "Peut-on être radical et pragmatique", chez Textuel en 2010), une vraie bonne question, et "Les grammaires de la contestation, la même année à La découverte.

 

Cet essai est divisé en deux grandes parties.


Dans la première partie, l'auteur nous brosse un rapide tableau de la situation générale à la culture, en s'appuyant sur des études de l'INSEE. Le ministère de la culture emploie 27 000 salariés, le financement public de la culture étant assuré pour moitié par l'Etat, l'autre part l'étant par les collectivités territoriales. L'emploi dans le secteur de la culture représentant 2% de la population active occupée. Tout au long de l'ouvrage, l'accent sera mis sur la précarité. En effet, dans le secteur culturel, un quart des salariés est employé en CDD (13% pour l'ensemble des salariés). la moitié des salariés de ce secteur étant titulaires d'un diplôme de l'enseignement supérieur, contre 27%  pour le reste de la population.

L'étude menée par Irène Pereira fut constituée par une douzaines d'entretiens semi-directifs avec des militants de divers secteurs, le Ministère de la culture, les médias, l'édition, le spectacle vivant et le cinéma. Tous avaient une longue expérience là où ils agissaient et étaient capables de décrire la situation de leurs secteurs et surtout les évolutions constatées.

S'ajouta à cela une recherche-action en situation d'observation participante où l'auteur tint un journal ethnographique lors d'un ensemble d'actions et d'initiatives visant à lutter contre la précarité, et bien entendu contre la fameuse mise en place de la RGPP. Enfin une partie plus théorique, mais aussi utile, étant consacrée aux controverses théoriques sur la précarité.

 

Dans la seconde partie s'ouvre une intéressante analyse de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) et des réformes de l'Etat par des militants syndicaux. Réformes qui ne manquèrent pas de générer de nombreuses résistances en forme de luttes. Mais au-delà de la lutte contre la casse déjà bien avancée des services publics, l'ouvrage nous propose une réflexion déterminante dans la période, sur la place du syndicalisme d'action directe face au capitalisme-prédateur actuel, mais aussi face à l'Etat.

Enfin le livre s'achève sur quelques réflexions judicieuses sur les rapports actuels entre Etat et capitalisme, deux système d'oppression relativement autonomes.

En annexe, la présentation des militants interrogés, dans le public et dans le privé, et deux textes à lire issus de congrès de SUD Culture Solidaires, sur la précarité, sans doute le plus riche, et sur les réformes de l'Etat.

 

Un livre en définitive qui s'adresse à un public assez large, militants, salariés du secteur de la culture, mais aussi citoyens souhaitant mieux comprendre les nombreuses transformations de ce secteur en pleine évolution. Mais aussi  pour  mieux saisir les dangereuses mutations actuelles de l'Etat, et donc de ce capitalisme à combattre chaque jour.

 

Un essai salutaire d'un syndicat de résistance qui est maintenant le troisième dans ce secteur derrière la CGT et la CFDT, avec 15 % des voix aux élections. Un bel espoir pour les luttes futures que la RGPP ne manquera pas de produire.

 

 

 

 

Dan29000


 

Pour lire notre article sur "Anarchistes" d'Irène Pereira, c'est ICI



 

Les travailleurs de la culture en lutte

 

Le syndicalisme d'action directe face aux transformations

du capitalisme et de l'Etat dans le secteur de la culture

 

Irène Pereira

Editions d'ores et déjà

2010 / 180 p / 8 euros

 

 


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