Les violents de l'automne, un polar de Philippe Georget

Publié le par dan29000

 

 

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Dès son premier roman, Philippe Georget fut remarqué par la critique, et par les lecteurs, ce qui n'est pas très fréquent. "L'été tous les chats s'ennuient" obtint deux prix importants, le Prix SNCF du polar 2011 et le Prix du premier roman policier. Ce fut ensuite, "Le paradoxe du cerf-volant". Aujourd'hui, il réactive avec bonheur le héros de son premier roman, Sebag, un flic du commissariat de Perpignan.

 

 Une ville propice à mettre en lumière, une communauté parcourue à la fois par une nostalgie confondante, et des relents fascisants, la petite communauté des pieds-noirs, souvent concentrée sur la Côte d'azur. La guerre d'Algérie n'est toujours pas si loin pour certains esprits rancis, repliés sur eux-même...Les haines et rancunes sont encore vivaces et produisent de biens étranges faits.

 

 Au début de ce roman haletant, la ville subit un automne pluvieux où l'on retrouve un pied-noir abattu d'une balle dans la tête dans son appartement, avec en prime le sigle bien connu de l'OAS. Signature parlante s'il en est. Cette découverte sanglante va être suivie de la destruction d'une stèle...Stèle pour le moins controversée, dans cette ville où la présence pied-noir est assez forte.

 

 Avouons que pour un début de roman, il est difficile de faire mieux. Mais notre auteur ne s'arrête pas en si bon chemin, puisque le lieutenant Sebag a une fille. Une fille qui vient justement de perdre un de ses amis dans un accident de la route mortel. Avec une étrange fuite de voiture, que certains ont vue et d'autres non...Tout cela n'ayant de prime abord aucun rapport...

 

 Quoique...

 

 Assez rapidement, l'enquête va avancer, non sans réserver au lecteur, maintes surprises. D'autant plus que le premier assassinat va être suivi d'un autre. La victime étant elle aussi un Français d'Algérie...C'est toute l'équipe de Sebag qui va être mise à contribution afin de stopper le plus tôt possible la funeste série.

 

 Au fil des pages, l'on découvre l'art d'une narration qui sait tenir en haleine, rendre perceptible l'atmosphère d'une ville (l'auteur habitant dans les environs), ou brosser le caractère de ce lieutenant dont on partage un moment de vie. Sans nul doute la marque du talent. Un talent qui lui permet de nous embarquer de Perpignan à Alger, et de nous faire plonger dans ce passé qui parfois ne passe pas. L'alternance entre des épisodes passés et l'enquête actuelle permet de bien comprendre les racines de ces assassinats, tout en ménageant de réelles interrogations. Des dialogues réalistes, une documentation sur le sujet que l'on sent forte et qui rend crédible cette histoire.

 

chats ennuientUne lecture-plaisir qui ne peut que donner l'envie de lire ses deux romans précédents. A noter que "L'été tous les chats s'ennuient" est sorti en poche, chez Pocket, le mois dernier...

 

 

Dan29000

 

 

 

Les violents de l'automne

Philippe Georget

Editions Jigal

2012 / 344 p / 18,50 euros

 

Le site de l'éditeur

 

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« En boxe comme dans le polar, on les appelle des stylistes… Ils touchent avec grâce… Philippe Georget en fait partie ! » Olivier Maison / MARIANNE

 

Jigal Polar les Nouveautés de Mai 2012 par Ed-Jigal


Jimmy Gallier et les Éditions Jigal vous présentent en vidéo les nouveautés polar du mois de mai : LES VIOLENTS DE L'AUTOMNE, le 3ème roman de Philippe Georget, PRIX SNCF DU POLAR 2011, RÉSEAU D'ÉTAT de Hugues Leforestier, PARJURES de Gilles Vincent, FRANCO EST MORT JEUDI de Maurice Gouiran. © Éditions Jigal www.polar.jigal.com

Nous avions aussi bien aimé en 2011, chez le même éditeur, LE CRAME, lire notre article, avec un extrait d'un entretien avec l'auteur.


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