Libertat : la Revista, numéro 9 est sortie

Publié le par dan29000

revista 9La Revista n°9 est sortie


de : Libertat

 

samedi 4 août 2012

 

 

 


Le numéro 9 de la Revista est sorti. Vous voulez le recevoir et vous abonner ? Envoyez un chèque à l’ordre de : "Les amis de Libertat" à : 2 rue de la fontaine, 64000 Pau. Abonnement d’1 an (6 numéros) pour 25€ ou plus pour soutenir !

 


Lo numerò 9 de la Revista qu’ei sortit. Lo voletz recéber e vos abonar ? Enviatz un chèc a l’òrdi de "Los amics de Libertat" a : 2 carrèra de la Hont, 64000 Pau. Abonament d’1 an (6 numeròs) per 25€ o mei tà sostiéner !

 

http://www.libertat.org/

 

LIBERTAT, qu’es aquò ? Version française

 

1-Qu’est-ce que LIBERTAT ? Libertat est un mouvement politique qui se bat pour la libération sociale et nationale du peuple en Occitanie et dans le monde. Le mouvement s’est créé en 2009 dans le but de regrouper les différents groupes existants à l’époque, en repensant totalement notre façon de communiquer et de fonctionner.

 

2-Que revendiquer-vous pour l’Occitanie ? Les militants de LIBERTAT reconnaissent l’existence de l’Occitanie, composée d’un territoire historique définit par la langue occitane, et un peuple qui depuis longtemps ne voit pas respectés ses droits fondamentaux. Nous nous battons pour nos droits linguistiques, afin que l’occitan puisse s’épanouir dans toutes les strates de la société, mais l’essentiel de notre combat se situe dans le « vivre et décider au pays », pour que nous puissions décider tous ensemble de tout ce qui concerne notre vie. Nous sommes évidemment solidaires de tous les peuples en lutte dans le monde mais nous pensons que la lutte commence là où nous vivons.

3-Êtes-vous un mouvement ethnique ? Pas du tout, être occitan c’est tout simplement vivre en Occitanie et reconnaître la réalité de ce pays, c’est adhérer à des valeurs communes de tolérance, de respect, de paix, de justice. L’Occitanie n’a jamais constitué un ensemble ethnique propre et ceux qui l’affirment ne connaissent tout simplement pas son histoire. Pour LIBERTAT, il n’y a pas besoin de papier pour être occitan. L’Occitanie est une terre plurielle et multi culturelle, LIBERTAT en est ce reflet ou tend à le devenir. Notre slogan : Òsca la mesclanha ! (vive le mélange !).

4-Donc vous n’êtes pas anti-français ? Bien sur que non ! Nous faisons la différence entre l’Etat français et le peuple français. Le peuple français est victime comme nous de ce système capitaliste et étatiste. Un français a évidemment toute sa place dans LIBERTAT tant qu’il reconnaît l’existence du peuple occitan et le droit à l’autodétermination. Comme nous l’avons dit tout le monde peut et doit se retrouver dans notre projet. Tous les citoyens de l’Hexagone dans leur ensemble doivent aujourd’hui remettre en cause l’Histoire impérialiste et coloniale de la France. C’est selon nous la seule solution pour rompre avec l’Histoire mythifiée que nous impose l’élite française depuis des décennies.

5-Et la question de la langue, les militants doivent-ils parler occitan ? Les non-occitanophones sont-ils exclus ? Nous prenons acte du fait que les occitans savent de moins en moins leur langue, conséquence d’une politique volontairement linguicide. Nous nous voulons ouvert et en phase avec notre réalité, et de ce fait chacunE peut militer dans LIBERTAT sans connaître l’occitan. Parallèlement nous insistons sur la nécessité d’apprendre et d’utiliser la langue le plus possible car c’est la seule façon de la sauver et de lui rendre sa place dans la société, tout simplement !

6-Mais pourquoi parler occitan alors que l’heure est à la globalisation et à l’ouverture, et que la langue est de moins en moins parlée. N’est-ce pas un combat perdu d’avance ? La diversité est une richesse : une langue, une culture qui disparaît est une catastrophe pour l’Humanité. Aujourd’hui l’occitan est dans une très mauvaise posture. Cependant des signes prometteurs s’annoncent, notamment l’apparition de la question occitane dans la société et le bienfait reconnu du bilinguisme pour les enfants.

Premièrement, parler occitan n’est pas se renfermer sur sa culture mais s’ouvrir sur beaucoup d’autres. Des ponts inévitables sont bâtis avec les autres langues latines. Cela fait aussi partie de l’âme de ce pays, de son histoire tout simplement.

A côté de ces considérations culturelles et humanistes, nous voyons l’occitan comme une possibilité supplémentaire de lutter contre la globalisation et l’uniformisation capitaliste. C’est pour nous une langue de résistance à une volonté imposée. Avec ce combat politique autour de la diversité culturelle nous rejoignons de nombreux peuples à travers le monde : kurdes, mapuches, catalans, bretons, kanaks etc. Nous participons à une lutte mondiale pour une humanité plurielle, pour plusieurs mondes comme disent les zapatistes.

7-Mais le « vivre et décider au pays » n’est-il pas réactionnaire aujourd’hui au sein de ce monde globalisé ? Non au contraire, la globalisation actuelle vient parachever le contrôle total du capitalisme et de la domination de l’humain par humain. Le système politique dans lequel nous vivons est à révolutionner car aujourd’hui il ne sert qu’à légitimer un système économique qui va droit dans l’impasse.

En Occitanie comme dans bien d’autres pays, la démocratie ne peut s’exercer pleinement car le peuple ne possède aucun espace concret de discussion et de décision. Les centres de pouvoir doivent être relocalisés et non plus centralisés à Paris ou à Bruxelles dans quelques tours d’ivoire.

Dans le « vivre » nous entendons le droit pour tous de demeurer là où on est né si on le désire, sans être contraint à l’immigration Cela implique évidemment la mise en place d’un système juste qui permet à tous de vivre décemment. Nous savons la déchirure que vit chaque immigré forcé de quitter son pays pour survivre. Dans le même temps chacun doit pouvoir être libre de ces déplacements : cultures et expériences doivent pouvoir se rencontrer et échanger à souhait.

8- Donc vous ne refusez pas l’immigration, mais quelle est votre vision sur la question des sans-papiers ? Il est évident que nous soutenons les sans-papiers en lutte en Occitanie ou ailleurs, nous sommes pour leur régularisation afin que chacun puisse bénéficier des mêmes droits, ce tant que les papiers sont nécessaires. C’est une nécessité de soutenir les hommes et les femmes en souffrance surtout quand ces causes sont directement liées à l’exploitation capitaliste. Mais il est tout aussi indispensable de changer ce monde pour que chacun puisse vivre et s’épanouir où il le désire.

9-Revenons sur votre nom : pourquoi de « gauche » ? N’est ce pas une erreur alors que la gauche est en pleine déliquescence ? Pour nous « gauche » signifie le lien entre le passé de lutte révolutionnaire et émancipatrice dont LIBERTAT se revendique, et notre présent commun. Il serait inconscient de laisser cette dénomination à des mouvements qui se sont aujourd’hui ralliés à l’idéal capitaliste. Nous voulons donner un nouvel espoir au peuple de gauche trahit depuis toujours par ses chefs.

10-Justement LIBERTAT se revendique d’un héritage révolutionnaire mais refuse de se revendiquer d’une idéologie particulière, pourquoi ? LIBERTAT est la rencontre d’idées, de perceptions et d’expériences multiples. C’est un choix que nous avons fait depuis le début. Cela rend notre organisation plurielle et riche en débats. Nous voulons dépasser les clivages d’organisation et d’idéologie qui ruinent les mouvements d’émancipation en Europe. Nous avons besoin aujourd’hui d’un mouvement spécifiquement occitan qui s’inspire du passé de lutte tout en innovant, en étant en phase avec la réalité actuelle.

11-Concrètement, que faites-vous pour faire avancer les choses ? LIBERTAT s’est créé pour occuper tous les terrains de la lutte. Nous voulons aussi établir une jonction perpétuelle entre la question occitane et la question sociale. Nous travaillons activement à un projet de nouvelle société, un projet à soumettre aux gens, qui réponde aux besoins des populations.

Un riche débat nous anime sur la question électorale. Nous ne vous cacherons pas que nous voulons participer à la vie politique institutionnelle locale tout en étant conscients des dangers qu’elle comporte. Nous y voyons surtout la possibilité de faire émerger une force populaire, radicale et occitane.

Nous vous attendons toutes et tous !

Publié dans lectures

Commenter cet article