Libye : pas de révolution, et pas de victoire des rebelles sans l'OTAN pour Pascal Boniface

Publié le par dan29000

 

 

Libye : «Sans l’Otan, les rebelles n’auraient pas pu obtenir cette victoire»

Pascal Boniface, directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques

Propos recueillis par Nathalie Segaunes |

Six mois pour faire tomber Kadhafi, c’est beaucoup?
. Par rapport aux plans initiaux, oui. au premier chef, pensait à quelque chose de rapide qui ne laisserait pas beaucoup de traces. Il y a eu une période beaucoup plus longue de combats que prévu. En même temps, l’issue était certaine : l’isolement international de Kadhafi, la cobelligérance de l’Otan aux côtés des insurgés ne pouvaient qu’amener à la défaite de Kadhafi.

D’une part le Conseil national de transition (CNT) était mal organisé militairement et mal équipé. D’autre part l’Otan, malgré sa supériorité militaire, était sur un mode mineur d’engagement militaire, et ne pouvait pas mener une guerre totale. Tous les pays de l’Otan n’étaient pas engagés, et les pays qui l’étaient devaient faire attention à limiter au maximum, même s’ils n’ont pas réussi, les dommages collatéraux et les victimes parmi les civils. Enfin, même si Kadhafi était condamné internationalement, il avait quand même quelques soutiens au sein de la Libye. L’idée que, dès que les premiers coups seraient portés, il serait totalement isolé nationalement s’est révélée inexacte. Jusqu’au dernier moment, il aura gardé des soutiens intérieurs.

L’intervention militaire de l’Otan a-t-elle eu un rôle décisif?

Il est certain que sans l’intervention de l’Otan, les rebelles n’auraient pas pu obtenir cette victoire militaire. On n’est pas dans le cadre d’une révolution où le peuple renverse un tyran, on est dans le cas d’une guerre civile appuyée par une armée étrangère.

Comment peut évoluer la Libye de l’après-Kadhafi?

C’est la grande inconnue. Ce qu’il y a de particulier ici, c’est que le nouveau régime va se construire sur fond d’intervention militaire extérieure. Une partie des Libyens vont inévitablement considérer le nouveau pouvoir comme illégitime. Il y a donc un risque de violences résiduelles, y compris après la mise hors d’état de nuire de Kadhafi. Je ne crois pas à une menace islamiste. On l’avait déjà dit pour la Tunisie et l’Egypte, on voit que c’est faux. Mais cette coalition est hétéroclite et elle doit plus sa victoire à l’intervention militaire extérieure qu’à elle-même. C’est une différence initiale très forte, qui risque de poser problème pour l’avenir.


Source : LE PARISIEN



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Mitsuko 23/08/2011 08:05


Merci pour ce bien article, tres juste et tellement interessant ... Contente de l'avoir lu. Je ne me lasse pas de lire et d'enfin pouvoir recommencer a mettre des commentaires sur tes artcles sur
mon portable ... Mitsuko


dan29000 23/08/2011 09:28



ah les progrès d ela technologie...