Loiret : les propos honteux d'un préfet sur les demandeurs d'asile

Publié le par dan29000

Le préfet du Loiret se lâche sur les demandeurs d'asile

PRÉFECTORALE. Le Loiret serait-il frappé d’une malédiction préfectorale? Après le passage remarqué de Bernard Fragneau qui s’était englué dans l’affaire Najlae avant de jeter l’éponge, Gérard Moisselin, son successeur, vient de préciser sa vision très personnelle du demandeur d’asile lambda. Si quelques jours seulement après son installation, cet ancien préfet de Champagne-Ardenne avait déclaré contre toute attente que la situation administrative des sans papiers «ça n’a jamais empêché de dormir personne», en répondant ce matin à nos confrères de France Bleu Orléans, il s’est franchement lâché sur l'air du «tous des voleurs, tous des menteurs, tous des tricheurs» (Lire la suite...)

«Il suffit pas d’être Afghan et d’avoir passé cinq ans en France pour avoir le droit de s’y maintenir éternellement», a-t-il répondu à François Gueroult, journaliste à France Bleu Orléans qui l’interrogeait sur la situation d’un Afghan du Loiret menacé d’expulsion. «Ce qu'i faut que vos auditeurs sachent c’est que souvent les étrangers arrivent en France avec un titre de séjour de touriste de 90 jours et ils oublient de repartir dans leurs pays, ils perdent leurs papiers, comme un malheur ne vient jamais seul ils perdent la mémoire».

Pire, selon le préfet, «ils invoquent le fait qu’ils viennent d’un pays où il y a des persécutions alors qu’ils viennent d’un pays où en réalité il n’y en a pas». L’Afghanistan d’où vient ce réfugié, preuves à l’appui, en est le parfait contrexemple.

«Ils demandent un statut de réfugié, alors on leur délivre des papiers dans l’immédiat parce que quand on invoque le droit d’asile évidemment on est traité de façon privilégiée», a presque regretté le haut fonctionnaire. «Après, en général, on tombe malade. Alors il y a un médecin qui vient dire que les moyens médicaux du pays d’origine ne permettent pas de traiter cette maladie». Si même le corps médical s’en mêle... «Donc le préfet délivre un titre de séjour parce que c’est ce que prévoient les textes».
«En général, d’ailleurs, ils profitent du fait qu’ils sont malades pour travailler, puisque le titre de séjour (...) leur permet de travailler, ce qui prouve qu’ils sont pas si malades, c’est rassurant», a ironisé Gérard Moisselin. «Et au bout de quelques mois (...) ils sont guéris, ils retombent dans l’illégalité».

Le préfet termine son propos par une mise en garde ferme à l’adresse, on imagine, des militants droit-de-l’hommistes qui critiquent sa politique musclée: «Et on vient nous dire après que par perversité le préfet a délivré des papiers et après chasse les gens? Je pense que c’est un résumé un peu abrupt des choses et pas parfaitement exact».

«Un résumé un peu abrupt des choses et pas parfaitement exact»? Pas mieux.
Mourad Guichard



Source : Libération 

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