Lyon (3e) : malgré le grand froid, le Grand Lyon et les flics évacuent un squat familial

Publié le par dan29000

lyon.jpgMalgré le froid, le Grand Lyon obtient l'évacuation d'un immeuble vide squatté par des familles

EXCLUSION - Les occupants du 222 cours Lafayette, dans le 3ème arrondissement de Lyon, sont de nouveau à la rue. En pleine vague de froid, le Grand Lyon (la communauté urbaine) a demandé à la police de les faire évacuer de l'immeuble qu'ils occupaient  (actualisé à 17 heures). »

 


Pourquoi cette décision alors que le 115 ne parvient pas à répondre à la demande ? Ce bâtiment de vingt appartements avait été investi dimanche par des personnes sans domicile fixe, avec l'aide de l'association Demeurant Partout. Des familles, des personnes seules, Français et étrangers en situation régulière ou non.

« Ils avaient appelé le 115 (numéro d'urgence pour les sans-abris, ndlr) et n'avaient pas eu de réponse », explique Alice Favre de Demeurant Partout.

Lundi, le Réseau des professionnels de l'urgence sociale du Rhône, collectif de travailleurs sociaux, avait lancé une « alerte » au manque de places d'hébergement à Lyon. « Dans la nuit du lundi 6 au mardi 7 février, 113 personnes sont restées sans réponse (...) en téléphonant au 115 », ont-ils dénoncé dans un communiqué. « Il est intolérable que la préfecture ne se donne pas les moyens (...) d'assurer la sécurité physique (...) des plus faibles ».

Dans le Rhône, le déficit de logements semble récurrent. Chaque nuit, entre 40 et 120 personnes appellent le 115 sans succès. Alain Marc, le préfet délégué à l'égalité des chances ne nie pas le problème. « Mais cela ne veut pas dire que les gens sont tous dehors. Certains trouvent des solutions chez des amis ou de la famille », affirme-t-il. Ce que contestent les travailleurs sociaux. La préfecture n'exclut pas de mobiliser un autre gymnase si les besoins devaient persister (lire aussi l'article de Tonino Serafini sur liberation.fr).

L'immeuble du 222 cours Lafayette est typique de l'architecture des années 50. Certes, il est sans doute bruyant car collé aux faisceaux de voies ferrées qui mènent vers la gare de la Part-Dieu. Mais il ne semble pas en mauvais état. Les buissons qui le séparent de la rue sont proprement taillés. Et, sur Google map, il paraît encore occupé puisque l'on voit des rideaux aux fenêtres. Vide depuis un an, il est pourtant promis à la démolition d'après Demeurant partout.

Les familles qui s'y sont installées depuis dimanche y ont trouvé un certain confort. L'électricité fonctionne. Comme le chauffage.

Elles sont accompagnées par plusieurs associations comme Médecins du monde ou les Restaus du coeur.

Les sans-abris ayant investi l'immeuble dimanche, selon les associations, se croyaient à l'abri. Au-delà de 48 heures, en effet, le propriétaire doit demander le feu vert de la justice pour faire partir les squatteurs.

Au Grand Lyon, on affirme qu'ils n'étaient là que depuis ce matin, ce qui permet de faire intervenir la police sans l'autorisation d'un juge.

Catherine Coroller

 

 

Source  : Libération

 

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EN DATE D'HIER, sur REBELLYON

 

L’asso­cia­tion Demeurant Partout réqui­si­tionne un immeu­ble aujourd’hui.

Parce que, depuis le début de l’hiver, le préfet n’a ouvert qu’au compte-goutte les 650 places pro­mi­ses de son plan froid, alors que le 115 ne cesse d’être sol­li­cité.
Parce que les auto­ri­tés pré­fè­rent sur­char­ger les foyers exis­tant plutôt que d’en ouvrir d’autres.
Parce qu’on devrait se conten­ter de lits de camp dans un gym­nase pour que les gens ne crè­vent pas la gueule ouverte dans les rues.

Depuis début février ce sont plus de 100 per­son­nes qui sol­li­ci­tent encore quo­ti­dien­ne­ment le 115 sans obte­nir de réponse. L’hiver on compte le nombre de morts, et l’été on passe sous silence le nombre d’expul­sions. Les pou­voirs publics consi­dè­rent les per­son­nes à la rue comme des sta­tis­ti­ques et des pro­blè­mes à régler. Il faut faire des pieds et des mains pour se voir « accor­der » une place, dans un gym­nase, un bun­ga­low, ou un foyer que l’on doit quit­ter à 8 heures du matin.

Nous par­lons de dignité, de décence, de droit à l’inti­mité. Nous refu­sons de réduire le pro­blème du loge­ment à des lieux de survie pen­dant les trois mois d’hiver, nous deman­dons des lieux de vie, des loge­ments pour tous, où indi­vi­dus et famil­les peu­vent se cons­truire serei­ne­ment.

Nous récla­mons un « chez soi » pour chacun et cha­cune, été comme hiver !

En novem­bre, nous avons rendu publi­que une liste com­pre­nant 62 bâti­ments vides et uti­li­sa­bles à Lyon et Villeurbanne. Aujourd’hui des mil­liers de loge­ments par­fai­te­ment habi­ta­bles sont lais­sés vides dans l’agglo­mé­ra­tion. Puisqu’il y a encore des per­son­nes lais­sées sur le car­reau, nous nous voyons dans l’obli­ga­tion de pro­cé­der nous-mêmes à une réqui­si­tion.

UNE LISTE DE LOCAUX VIDES ET UTILISABLES POUR DE L’HEBERGEMENT D’URGENCE avait aussi été publiée sur Rebellyon.

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