Lyon : une mobilisation en soutien aux prisonniers et à leurs proches

Publié le par dan29000

Prison... et si on vous racontait pour une fois la vérité ?

Pour un vrai débat sur la prison : le samedi 8 mai à 14h à la Maison du Peuple de Lyon (147, avenue Général Frère 8e-Mermoz)

Manifestation nationale en solidarité avec les prisonniers et leurs familles, le dimanche 9 mai à 14h30 aux 24 Colonnes (départ de l’ancien palais de justice à St Jean à destination du nouveau, en passant par les Terreaux)

Le 8 mai 1945 est le symbole de la lutte contre la torture nazie, la victoire sur la barbarie. Pour autant elle n’a pas disparu ! La prison française est l’exemple concret de sa survie.

C’est pourquoi l’association Faites la Lumière en Détention à rejoint le mouvement de l’association ARPPI et a organisé une mobilisation sur LYON les 8 et 9 mai 2010 pour dénoncer les pratiques scandaleuses que subissent les prisonniers et leurs proches.


L’opacité qui continue à régner aujourd’hui en prison autorise tous les abus. Les traitements des procédures par la justice ne semblent toujours pas montrer une réelle préoccupation des droits que doit conserver un être humain même en prison…

Organisé en partenariat avec la Maison du Peuple de Lyon, par "Faites la lumière en détention" (FLD), ARPPI, l’Envolée, Robin des Lois, et soutenu par l’association Témoins, des collectifs, des avocats, des artistes, des musiciens…
À Meyzieu 
Pour un vrai débat
le samedi 8 mai 2010 à partir de 14h
Maison du Peuple (147, avenue Général Frère Lyon 8ème)


14h : L’enfermement des mineurs, situation actuelle, quelles conséquences ? (à partir notamment de l’exemple de la prison de Meyzieu et d’autres EPM…)

15h : Ce qui a été « modernisé » dans les nouvelle prisons, quelles conséquences ? (à partir notamment de l’exemple de la prison de Corbas et d’autres prisons…)

16h : Quelles possibilités de combats sur le plan juridique à propos des conditions de détention ? Présentation par des avocats de la situation et discussion sur la mise en œuvre d’outils de lutte.
Pause musicale

18h30 : Situation des longues peines et des peines d’isolement.

Repas à prix libre (barbecue et salades bio) - court-métrages

21h : La voix des prisonniers et des familles, comment peut-elle se faire entendre ? Les familles face à la mort en prison ?
22h : La solidarité avec les prisonniers.
23h : Quelle alternative à la prison ? Et si on commençait par se parler entre victimes et inculpés ?
Manifestation nationale en solidarité avec les prisonniers et leurs familles
Rappelez à la justice que l’enfermement doit être l’exception
le dimanche 9 mai à 14h30
aux 24 Colonnes
Rendez-vous Quai Romain Rolland devant l’ancien Palais de justice, direction les Terreaux (prises de paroles), à destination du nouveau Palais de justice.

 

Rencontre avec Karine Bergnes, présidente de "Faites la lumière en détention"

« Des tribunaux qui ne désemplissent pas, c’est une véritable usine qui condamne à la chaîne de l’insignifiant à l’inacceptable. Aujourd’hui les juges sont devenus des matheux, l’être humain ne compte plus, seul les équations sont à l’honneur. La durée des peines s’est vue rallongée, des peines de plus en plus longues, de plus en plus lourdes pour celui qui est condamné et il en va de même pour les proches.

Monsieur Sarkozy et sa petite bande ont décidé de faire le ménage, les juges d’instruction devraient disparaître du paysage laissant tout pouvoir au procureur. Nos avis sont partagés sur cette nouvelle réforme car il est clair que si cette situation existe c’est bien grâce à cette justice qui n’a jamais su se démarquer du pouvoir exécutif et de l’opinion publique. Il ne faudrait quand même pas prétendre aujourd’hui que les juges d’instruction étaient des garde- fous d’une réelle justice ou les mis en examen auraient bénéficié d’une instruction impartiale, car combien de personnes se sont retrouvées derrière les murs de l’enfer alors qu’elles étaient innocentes, combien de personnes ont porté la charge du voisin, combien sont-ils à avoir subi une sentence démesurée liée à l’humeur de nos politiques et au sadisme de notre société ?

Pour autant nous ne pouvons pas accepter que la Justice française soit orchestrée par les procureurs qui exécutent pour le pouvoir en place.

Certes la justice de notre pays doit être réformée ou plutôt il faudrait que les acteurs des tribunaux commencent par se remettre en question sur son fonctionnement et son ego démesuré.

Une « Justice » qui n’est toujours pas capable de reconnaître ses erreurs lorsqu’elle envoie des innocents en enfer préfère renvoyer des personnes à un nouveau procès d’assises malgré les rétractations des victimes ou les aveux des vrais criminels. Malgré les évidences, les pères de cette « Justice » se positionnent en lâches pour ne pas froisser les collègues et ne se privent donc pas de faire l’impasse sur ceux qu’elle est en devoir de protéger et sur rétablir la vérité.

Alors, la conclusion est simple : les tribunaux et le conseil d’état n’ont plus un poil de couille à leur actif, la vérité leur apporte peu, madame Marianne est devenue la plus grande cocue de la démocratie grâce à ces palais de justice qui sont devenus de véritables abattoirs pour la « populace » !

La machine de l’administration pénitentiaire se met donc en route et ouvre grand sa gueule pour engloutir des hommes, des femmes et des enfants dans son sillage de la destruction.

Une pénitentiaire qui est toujours repliée sur elle même et qui continue sans rougir à mentir sur la réalité de l’emprisonnement et des conséquences que cela entraîne ! Car il s’agit bien des conséquences de l’enfermement que nous combattons au sein de F.L.D.

La prison c’est quoi ?

La prison c’est une administration qui vous dépossède de votre identité, de votre être. Elle vous plonge dans ses 10 mètres carré sans aucune perspective d’horizon. Vous êtes soumis entièrement à elle. Toute notion de plaisir est inexistante. Les cours de promenades sont malheureusement le théâtre des violences entre personnes emprisonnées. Beaucoup se privent de ce moment à l’air libre par peur ou parce qu’ils savent que toute bagarre peuvent les entraîner au mitard (quartier disciplinaire) et que leurs peines se verront rallonger.

Pourquoi cette violence ? Je me suis souvent posé la question et j’ai fini par comprendre grâce à ceux qui sont derrière les murs que plusieurs facteurs rentraient en ligne de compte.

L’enfermement et le mépris que subissent les prisonniers au quotidien de la part de la pénitentiaire sont les premières causes de stress. Il faut bien comprendre que vivre en prison ce n’est pas la vie, même si certains de la pénitentiaire aimeraient nous faire croire le contraire. Lorsque vous êtes taulard vos droits sont souvent bafoués, ceux qui osent se plaindre font malheureusement souvent l’expérience des quartiers d’isolement qui ne sont ni plus ni moins que des QHS (quartiers hautement sécurisés).

Aussi une ségrégation est souvent instaurée dans les prisons par le biais ou pas du hasard. On décide que certains sont irrécupérables ou pas assez mûrs pour accéder à des ateliers culturels, à l’école, au travail. Le SPIP (Service pénitentiaire d’insertion et de probation) se croit donc autorisé à se décharger de ces personnes qui pourtant retrouveront la liberté souvent sans travail et sans logement. Inutile de vous expliquer que la récidive n’est souvent pas une utopie dans ce cas. Le SPIP est un service qui ni queue ni tête, souvent on ne comprend pas leur fonction qui me semble entachée par leur manque d’impartialité. Certains de ses soi-disant professionnels n’hésitent pas à discriminer le prisonnier au regard des proches car par définition le prisonnier est en menteur.

La vérité est que la pénitentiaire n’a pas les moyens d’apporter à chaque prisonnier un suivi sérieux. Les SPIP croulent littéralement sous les dossiers et comme si cela ne suffisait pas certains à mon sens sont des incompétents comme j’ai pu le constater dans le Rhône.

Alors, il est important effectivement de réformer en profondeur ce service qui doit aujourd’hui impérativement se soucier de la récidive car il ne suffit pas d’emprisonner et de remplir les cœurs de haine pour régler les problèmes d’insécurité ou d’anéantir tout espoir à ceux qui sont plongés en enfer en les envoyant à la corde.

On peut aussi se demander pourquoi une telle violence a lieu dans les prisons. J’affirme que cela plaise ou pas qu’elle est un des outils insidieux et machiavélique de la prison.

Les familles qui subissent l’incarcération de leur proche sont souvent elles aussi méprisées par la pénitentiaire et par la société car il est de notoriété publique qu’elles deviennent elles aussi "responsables de la situation".

Ces familles-là, ces femmes de parloirs ont un courage exceptionnel. Elles affrontent sans relâche la non vie où on les a plongé. Toutes le savent, la prison peut-être mortelle pour leur proche emprisonné. Seul l’extérieur est le véritable garant de l’insertion et de la lutte contre les suicides.

Il est donc urgent de simplifier en globalité l’accès des parloirs et de cesser l’éloignement familial. Comment peut-on continuer à accepter que des proches fassent 500 ou 1000 kilomètres (voire plus) pour se rendre à des parloirs de 45 minutes dans les maisons d’arrêt et se voir parfois refoulés comme des malpropres car ces personnes sont arrivées une minute en retard !

Comment accepter que des enfants se voient refuser l’accès des parloirs pour des raisons de photos ou des demandes non traitées par la pénitentiaire malgré la validation du tribunal ? Comment fermer les yeux lorsque vous voyez des enfants se jeter sur les murs en pleurant et hurlant « Papa, je veux te voir » ?

Je voudrais qu’on me dise de quel droit la pénitentiaire s’autorise à être aussi malveillante envers les enfants des prisonniers ?

La prison n’est plus ni moins une torture mentale pour ceux qui la connaissent de près. Nombres d’entre eux développeront de graves troubles psychiatriques, d’autres choisiront la mort, même si certains réussiront à se préserver en ne se laissant pas engloutir par le monstre pénitentiaire. Cependant tous n’oublieront jamais que le véritable sadisme est une maladie qui appartient surtout aux divers sommets de l’état !

J’assume entièrement mes propos, à la différence de beaucoup de gens. Le théâtre de la justice ne m’impressionne plus, ainsi que les murs de la pénitentiaire. C’est certainement lié au 8 décembre 2000, ce jour ou j’ai compris que la France c’était aussi la Chine ou tous ces autres pays où nos représentants se donnent le droit de parader en prônant les valeurs des droits de l’homme alors qu’ils ne sont même pas capables de les rendre effectifs dans son berceau.

Parce que je suis opposée à toutes formes de sadismes, je continuerais à lutter et à dénoncer ce mensonge d’état qu’entretient l’emprisonnement dans notre pays. »


Source : REBELLYON

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